Religion |  Paul H. Dembinski,
Jean-Claude Huot (dir.)
 |  Éditions Saint-Augustin, 2017, 352 p., 20 €
Par Jacques-Benoît Rauscher | 13 décembre 2017
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Le bien commun par-delà les impasses est issu d’un colloque organisé à l’Université de Fribourg (Suisse) en septembre 2015. Il cherche à croiser les regards d’universitaires et de professionnels de terrain sur un terme central de l’enseignement social catholique abondamment repris en dehors des seuls cercles ecclésiaux. Cette alternance entre approche spéculative et approche pratique explique la structure retenue pour regrouper les différentes contributions. Ainsi, la première et la deuxième partie cherchent à cerner plus précisément la notion de bien commun et à analyser les courants de pensée liés à ce concept. La troisième et la quatrième partie, centrées sur des réalisations pratiques, s’interrogent sur les actions concrètes à mener pour promouvoir le bien commun. Les portes d’entrée sont variées, à l’image des contributeurs. Celui qui cherche une réflexion sur les fondements philosophiques du bien commun trouvera des pistes stimulantes dans la contribution de Mathias Nebel. La perspective économique est pleinement présente par la mise en regard du bien commun avec les théories des économistes classiques (Stefano Zamagni). La théologie est intégrée aux autres disciplines et propose une lecture à la fois morale et spirituelle de la notion, à travers une contribution de Thierry Collaud. Au-delà de la pluralité des champs mobilisés, on retiendra que l’ouvrage ne s’est pas concentré uniquement sur une perspective occidentale. Ainsi, Lawrence Pius Dorairaj analyse les liens entre le bien commun et la pensée de Gandhi. À cette ouverture interculturelle s’ajoute une ouverture œcuménique. Si on peut regretter la trop grande variété des thèmes abordés dans un espace si restreint, cet ouvrage constitue une porte d’entrée bienvenue et une invitation au débat sur la notion de bien commun, dont on redécouvre aujourd’hui la pertinence.