Écologie |  Cyrille Harpet,
Philippe Billet,
Jean Philippe Pierron
 |  L’Harmattan, 2016, 225 p., 24, 50 €, e-pub 19€
Par Jean Vettraino | 11 septembre 2017
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Apprécier la notion de justice environnementale aujourd’hui demande d’en regarder le négatif : les injustices environnementales. Celles-ci sont intrinsèquement territoriales, quelle que soit l’échelle considérée : qu’il s’agisse du profond déséquilibre entre pays du Nord et du Sud, que cherche à transcrire, parmi d’autres, la notion de dette écologique (Emelianoff), ou des fortes inégalités qui apparaissent le long du RER B francilien lorsque l’on compare les indices de mortalité (Chasles et Fervers). Le droit international serait susceptible de contribuer à plus de justice, avec l’attribution d’obligations différentes pour les États selon leur niveau de développement (dans les négociations internationales sur le climat, il fut question de responsabilité commune mais différenciée), ou en étant plus attentif à certains groupes défavorisés, comme les peuples autochtones ou les femmes (Michallet). Cependant, l’étude des transferts internationaux de déchets souligne la difficulté d’établir une réglementation juste et l’existence d’un véritable dumping en matière environnementale (Billet). Différentes sortes d’inégalités environnementales peuvent être distinguées : les unes ont trait à l’accès aux ressources et aux aménités environnementales, d’autres tiennent à l’exposition aux pollutions et aux risques environnementaux, d’autres enfin sont relatives à la capacité d’influer sur les décisions affectant l’environnement (Gobert). Les diverses contributions réunies ici montrent comment, même si elles ne recouvrent pas exactement les critères socio-économiques, les injustices environnementales pèsent dans la grande majorité des cas sur les plus pauvres. On peut lire cet ouvrage en parallèle d’une autre parution, elle aussi pluridisciplinaire, Les inégalités environnementales. Les deux ouvrages se complètent et rappellent, pour reprendre les mots de Catherine Larrère, que « l’articulation de l’environnemental et du social est à trouver du côté d’une démocratie active ».