Économie |  Bernard Perret |  Les petits matins, 2015, 104 p., 10€ Par Jacques Le Goff | 16 octobre 2015
Print Friendly



Un petit livre de moins de 100 pages. Mais quelle force de suggestion et de provocation au service d’une thèse : celle de la démarchandisation de nos sociétés ! Le mouvement est en cours. Il inverse le processus autrefois analysé par Polanyi de l’absorption progressive de toute activité sociale par le marché. Le social reconquiert pas à pas son autonomie dans des échanges jugés moins à leur valeur monétaire qu’à leur utilité immatérielle et relationnelle. Un « désenchantement de la consommation » finement analysé dans ses grandes manifestations, allant de l’économie sociale et solidaire à l’économie collaborative (Airbnb, Blablacar, etc.) en passant par l’économie circulaire (recyclage des biens usagés), l’économie de la fonctionnalité (le service de l’objet plutôt que sa possession : Vélib’,… ) ou encore la responsabilité sociale de l’entreprise et l’investissement socialement responsable.

L’amplification suppose la mise en œuvre de politiques adaptées au service d’une société post-croissance. Des pistes originales sont explorées par l’auteur qui insiste, entre autres, sur l’urgence de développer, à la faveur du temps libéré dans le travail, une « action publique collaborative » déjà expérimentée par le service civique et l’action majeure des associations dans la gestion du « commun ».

Une certitude porte cet ouvrage, stimulant de bout en bout : « Faute de croissance, la volonté de faire société devra trouver d’autres fondements que la promesse d’une prospérité partagée ». D’où l’urgence des alternatives ici explorées.