Économie |  Robert Costanza (dir.) |  Les petits matins, 2013, 232 p., 14 € Par Caroline Feffer | 25 novembre 2013
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Le livre s’ouvre sur le constat, désormais largement partagé, que sur les plans économique, politique, écologique, « la conception et les systèmes actuels » ont atteint leur limite. Dès lors, l’alternative est la suivante : attendre leur effondrement (inéluctable) ou organiser la transition. C’est une de ces voies de transition que ce livre propose, vers un modèle de société durable – respectant les limites de la planète – et désirable – son objectif est l’amélioration durable du bien-être. Les auteurs abordent la majorité des thèmes incontournables dans ce genre d’exercice, notamment la remise en cause des indicateurs de croissance (Pib en tête) et de coût, le partage plus équitable des richesses (plafonnement des salaires), mais également des ressources (gestion des biens communs) et du temps de travail (semaine de 15 heures), la condamnation de la publicité et des autres incitations à la consommation, le nécessaire renforcement de la démocratie et des outils de gouvernance. Quelle nouveauté dans cet ouvrage ? Une plongée dans la société de 2050, écologique et heureuse, résultant de ce changement de modèle. Un voyage en utopie qui questionne naturellement et fondamentalement nos modes de vie et repères quotidiens. Un constat réaliste, sans idéalisme : les changements à mettre en œuvre sont de très grande ampleur et ne se feront pas sans douleur. Des pistes concrètes, détaillées, de réformes couvrant les champs politiques et économiques, du local à l’international. Un livre foisonnant, dont la structure manque parfois de clarté, mais abordable et captivant, plein d’un optimisme pragmatique. Certes, le chemin est long et difficile, mais nous avons déjà toutes les cartes en main pour la construire, cette étonnante société de 2050, qui permettrait la satisfaction des besoins de tous.