Wasselonne, une classe d’enfants de l'école catholique en 1925 © Wikimedia commons/domaine publicWasselonne, une classe d’enfants de l'école catholique en 1925 © Wikimedia commons/domaine public



 

Depuis sa création, l’enseignement secondaire public a toujours été concurrencé par le privé. Au XIXe siècle, ce dernier accueillait des fils de « bonnes familles », alors que le public était plus démocratique. L’enseignement privé semble aujourd’hui prisonnier de cet héritage, qui ne lui permet guère de contribuer à la réduction des inégalités scolaires.

La question de l’égalité devant l’enseignement est relativement récente. Elle apparaît au tournant du XIXe et du XXe siècle, mais elle se posait alors en des termes très généraux : les contemporains n’avaient pas d’idée précise des structures sociales, et leurs statistiques ne leur permettaient ni de mesurer l’inégalité devant l’école ni d’en analyser les causes. Ils l’attribuaient à des raisons financières et à la structure même du système scolaire, constitué alors d’un « ordre » primaire, voué à l’éducation du peuple, et d’un « ordre » secondaire chargé de former l’élite. D’où la gratuité du secondaire (1930) et des projets de réforme visant à substituer, à ces deux filières parallèles, un système de niveaux successifs pour organiser une sélection par le mérite : c’est le projet Jean Zay de 1937, celui de la Commission Langevin-Wallon et les réformes du début des années 1960.

C’est seulement dans les années 1950 qu’apparaissent les outils conceptuels et statistiques qui vont permettre une connaissance plus précise de l’inégalité des différents groupes sociaux devant l’école, avec les grandes enquêtes de Girard et Sauvy en 1962, et de Bourdieu et Passeron en 1964[1]. Encore faut-il attendre quelques années pour que l’on prenne conscience de l’origine sociale des inégalités de réussite scolaire. Mais l’inégalité sociale devant l’école ne date pas de l’émergence de la sociologie. Pour comprendre le rôle de l’enseignement privé dans sa construction, il faut partir de beaucoup plus loin.

Un enseignement pour l’élite

La concurrence entre le privé et le public dans l’enseignement secondaire date de la création de l’enseignement public par Napoléon, en 1808 : l’Université impériale. Elle n’a jamais cessé. On la néglige parfois, car on a beaucoup plus étudié les lycées et collèges – le mot désigne au XIXe siècle des établissements secondaires complets, de la 11e au baccalauréat – que les collèges privés, pour des raisons de sources : l’administration a laissé d’épais dossiers sur les établissements qu’elle gérait, pas sur les autres. Jusqu’à la séparation des Églises et de l’État, des enquêtes périodiques livrent des informations sur les effectifs des collèges confessionnels, mais non sur leur fonctionnement. Puis, de 1905 à la loi Debré (1959), nous ne savons pratiquement rien sur l’enseignement privé. À partir de 1959, nous avons des indications globales, mais les établissements privés échappent souvent aux enquêtes des sociologues. Dès lors, si l’histoire de la construction du service public d’enseignement se déroule au grand jour, le silence des archives laisse les établissements privés dans une ombre relative, et l’on oublie qu’ils ont toujours concurrencé, et longtemps victorieusement, les lycées et collèges publics.

L’Université impériale était une administration, non un service public au sens moderne. C’était un service marchand. Les établissements secondaires publics étaient payants, comme les collèges privés auxquels ils venaient disputer la formation des élites. Et le privé avait beaucoup d’atouts : son antériorité, ses traditions, une clientèle, un personnel formé. Pour implanter son université, Napoléon lui avait donc donné un véritable privilège : le monopole. Les candidats au baccalauréat devaient, pour s’inscrire, présenter un certificat attestant qu’ils avaient accompli dans un établissement public leurs deux dernières années de scolarité. Ce monopole, on s’en doute, était âprement contesté par les élites qui confiaient leurs fils aux bons pères et dénonçaient dans l’université un foyer d’idées libérales. Le clergé et les congrégations avaient d’ailleurs pour projet, notamment les jésuites, de rechristianiser la France par en haut après les blasphèmes de la Révolution.

Malgré le monopole, les collèges privés étaient relativement prospères. En 1842, ils accueillaient 31 000 élèves (sans compter les petits séminaires), contre 45 000 pour les lycées et les collèges publics. Compte tenu du caractère très rural de la France de l’époque, la concurrence était particulièrement forte pour les internats : on trouvait dans les établissements privés près de 19 000 internes, contre 20 000 environ dans les lycées et collèges publics. L’abolition du monopole en 1848 fit passer en quelques années l’enseignement privé (hors petits séminaires) nettement devant le public, avec 63 600 élèves contre 46 400, et 34 700 internes contre 19 900 en 1854.

À partir de 1870 et de la République, deux évolutions modifient cet équilibre. La première est la montée d’une bourgeoisie voltairienne et républicaine, qui envoie ses fils au lycée. D’autre part, les anciennes élites, en délicatesse avec l’État républicain, privilégient les carrières militaires et diplomatiques. L’armée passe progressivement à droite, et les officiers républicains se font rares, alors que le service militaire obligatoire exige de nombreux officiers : on en compte plus de 30 000 au début du XXe siècle. Or la qualité de l’enseignement public ne cesse de s’améliorer, avec des professeurs de plus en plus qualifiés, et ses classes préparatoires deviennent le passage obligé pour qui veut intégrer Polytechnique ou Saint-Cyr. Malgré tout, l’enseignement privé résiste fort bien. Traditionnellement méfiant envers la science, que les républicains opposaient à la religion, il développe des classes préparatoires (Sainte-Geneviève) dont les républicains s’inquiètent. Au niveau proprement secondaire, en 1898, avec 100 000 élèves (petits séminaires inclus) contre 82 000 aux établissements publics, il accueille plus de la moitié (55 %) des élèves de l’enseignement secondaire.

Les raisons des préférences

Or il recrute dans un milieu social privilégié, comme le constate l’enquête parlementaire de 1899. Proviseurs et recteurs expliquent d’abord son succès dans les classes supérieures de la société par une volonté de distinction[2]. Les recteurs évoquent le « besoin d’inégalité de la bourgeoisie ». Dans la bourgeoisie, écrit un principal, « il semble être de mode et de bon ton de mettre ses fils dans les écoles libres ; on croit se donner ainsi un cachet d’aristocratie et des apparences de fortune. On a l’air de reprocher à nos établissements de s’être trop démocratisés ». À Vienne, aux dires du proviseur, aucune famille de la bonne bourgeoisie ne confie plus son fils au collège. La fréquentation de boursiers fait hésiter : comment apprendre les bonnes manières avec des camarades qui n’appartiennent pas à la « bonne société » ? Un recteur écrit même : « L’université ne recrute plus que parmi les fils des plus humbles fonctionnaires, des petits artisans et des ouvriers ».

Les raisons sont ensuite politiques et idéologiques. L’enseignement privé garantit aux parents que leurs enfants seront élevés dans les « bonnes idées ». Les professeurs des lycées et collèges publics sont, dit un recteur, « des libéraux irréductibles et des républicains convaincus » et l’opinion locale sanctionne leurs engagements. Ici, l’enterrement civil d’un professeur a eu des conséquences désastreuses sur le recrutement. Ailleurs, des déclarations dans la presse, des interventions dans la politique locale, des adhésions à la Ligue des droits de l’homme ont eu des effets dissuasifs dans le climat de l’affaire Dreyfus. Dans plusieurs villes, des officiers ont retiré leurs fils du lycée. Le lycée de Clermont-Ferrand compte soixante fils d’officiers : « Il n’en aurait pas dix, note le recteur, si ses maîtres avaient adhéré aux ligues et contre-ligues. »

Une troisième raison, d’ordre éducatif, joue surtout pour l’internat. L’enseignement public n’a pas l’équivalent des préfets de division des collèges catholiques. La surveillance est confiée à des répétiteurs, à des « pions » qui surveillent, mais n’éduquent pas. On a d’un côté des externats publics, qui acceptent des internes, et de l’autre des internats privés, qui acceptent des externes. Pour 28 % d’internes dans les établissements publics, leurs concurrents en comptent 68 %. Un président d’anciens élèves note : « On reproche aux établissements de l’État de négliger la direction et l’éducation des enfants pour ne s’occuper que de leur instruction ». C’est aussi qu’on ne peut demander à des fonctionnaires, en outre chargés de famille, le même dévouement qu’à des prêtres. De Mun le fait remarquer ironiquement : « À ce point de vue, les écoles libres ont une supériorité[3]. »

Les étapes du recul

L’offensive combiste et l’interdiction aux congrégations d’enseigner (1904) réduisent l’importance du secondaire privé[4], mais sa différence de recrutement persiste. Elle est encore plus forte dans l’enseignement secondaire féminin : la création d’établissements publics ayant commencé après la loi de 1880, le retard reste sensible à la veille de 1940[5].

L’enseignement public bénéficie de la gratuité à partir de 1930, mais c’est un avantage mitigé : certains parents peuvent craindre qu’elle n’attire des élèves dont ils préféreraient éviter la fréquentation à leurs enfants. La gratuité ne s’applique d’ailleurs pas aux petites classes (11e à 7e) où lycées et collèges publics recrutent une moitié de leurs élèves. L’État pratique d’autre part une politique active de bourses et le pourcentage de boursiers passe de 15,9 % à 26,6 % dans les lycées de garçons entre 1921 et 1932, et de 11,3 % à 19,5 % dans ceux de filles[6]. De ce fait, l’enseignement secondaire public est relativement démocratique dans l’entre-deux-guerres. Sur plus de 10 000 élèves de lycées de garçons des années 1930, je trouve 58 fils d’avocats ou d’avoués, 51 de notaires, 27 de juges, pour 80 de mécaniciens, 89 de facteurs ou receveurs des PTT, 59 de percepteurs et 416 d’instituteurs. Dans une petite ville de l’Ouest catholique, comme Saint-Lô, le lycée n’a qu’un fils d’avocat, pas de fils de notaire, pour 5 de mécaniciens et 25 d’instituteurs[7]. Compte tenu du poids respectif des divers métiers dans la population, on ne peut dire que ce recrutement soit démocratique. Du moins peut-on parler de mixité sociale.

À la veille de la guerre de 1940, l’enseignement secondaire privé fait à peu près jeu égal avec le public. Mais il décroche inexorablement jusqu’à la loi Debré. Ses moyens financiers ne lui permettent pas de se développer, alors qu’on assiste à l’expansion rapide du réseau des cours complémentaires qui deviennent CEG (collèges d’enseignement général) en 1959 et vont bientôt se transformer en nos modernes collèges. Sa part dans les élèves du secondaire, petites classes non comprises, passe entre 1949-1950 et 1959-1960 de 34,6 % à 28,5 %. Comme le montre le tableau ci-dessous, la loi Debré lui a permis de stabiliser ses effectifs autour de 21 % des élèves du secondaire. Elle lui a également permis d’améliorer le recrutement de ses professeurs.

Tableau I : Part de l’enseignement privé dans les différents segments du second degré


1960-1961

1970-1971

1980-1981

1990-1991

2000-2001

2010-2011

1er cycle

25 %

18,5 %

19,3 %

21,7 %

20,3 %

21,5 %

2nd cycle général

22,7 %

23 %

22,9 %

20,8 %

20,1 %

21,7 %

2nd cycle professionnel

33,1 %

26,2 %

22,2 %

23,3 %

21,1 %

21,7 %

Sources : « Repères et références statistiques » (RERS), ministère de l’Éducation nationale. À partir de 2000, les Dom sont inclus.

Ces moyennes masquent d’importantes différences entre régions et entre établissements. Elles justifieraient une typologie précise que nous ne pouvons entreprendre ici[8]. Les fonctions de l’enseignement privé se sont en outre modifiées. L’importance de la religion a beaucoup diminué dans les motivations des parents, et il est devenu pour partie un enseignement de la seconde chance, un moyen d’échapper aux contraintes de l’orientation, ce qui explique que, dans les débats de la loi Savary, les parents d’élèves du public aient souhaité conserver la possibilité d’y placer leurs enfants en cas de difficulté (60 % pour les parents qui avaient voté socialiste en 1981), y compris en cours d’année (79,9 %)[9]. De fait, 37 % des élèves qui arrivent au baccalauréat ont passé au moins une année dans l’enseignement privé et plus de 40 % des familles y ont recours ponctuellement ou durablement[10].

La persistance des supériorités

Cette évolution n’a pas modifié substantiellement le recrutement des établissements privés. Si l’on distingue quatre grands groupes sociaux :

- A : pour les chefs d’entreprise de plus de 10 salariés, les cadres et les professions intellectuelles supérieures, y compris les instituteurs,

- B : professions intermédiaires,

- C : artisans, commerçants, employés et agriculteurs exploitants,

- D : ouvriers, retraités et chômeurs,

les proportions de chaque groupe dans le second cycle général et technologique sont les suivantes en 2010-2011 :

Tableau II : Origine sociale des élèves du second cycle, 2010-2011


A

B

C

D

Secteur public

29,4 %

16,3 %

26,2 %

28,1 %

Secteur privé

45 %

15 %

26,4 %

13,6 %

Sources : RERS 2011, ministère de l’Éducation nationale.

Une analyse plus fine met en évidence des particularités intéressantes. En effet, la statistique officielle amalgame les cadres et les employés des entreprises et ceux des administrations publiques. Une enquête menée dans l’ensemble de l’agglomération d’Orléans constate, à la fin des années 1970, des différences très significatives entre ces deux secteurs[11]. Dans les classes de Seconde, les enfants de cadres du secteur privé représentent 36 % des élèves de l’enseignement privé, contre seulement 28,9 % de ceux du public. Inversement, les enfants de cadres du secteur public pèsent 7,5 % dans le privé, contre 16,1 % dans le public. Les professions libérales vont dans le privé plus que dans le public (6,4 % contre 3,7 %), et de même les artisans et commerçants (11,6 % contre 5,7 %).

Le clivage qui sépare en France le public du privé, masqué par les statistiques usuelles, ne se limite pas à l’enseignement. Il est plus profond : il structure le monde du travail et il oppose idéologiquement ceux qui trouvent que l’État est le problème, et ceux qui y voient au contraire la solution. Le dualisme de l’enseignement ne coïncide certes pas avec ce clivage, mais il en est aussi pour partie un effet.

La même enquête montre comment l’inégalité sociale se combine avec les inégalités produites par la hiérarchisation des filières scolaires. Elle compare en 1990 le recrutement des classes Terminales selon le double critère de la filière, générale, technologique ou professionnelle, et du secteur privé ou public.

Le résultat est clair : les lycées publics sont, socialement, un cran derrière les lycées privés. L’analyse factorielle place les Terminales générales du public au niveau des Terminales technologiques du privé, et les Terminales technologiques du public au niveau des classes de bac pro du privé. Le même écart se constate au niveau des classes de Seconde. Comme toute généralisation à partir d’une étude de cas, cette conclusion doit être accueillie avec prudence. Sans doute les écarts seraient-ils moindres dans des agglomérations où l’enseignement privé est plus développé que dans celle d’Orléans[12], mais ils ne changeraient pas de sens.

La religion s’est diluée. Reste, à peine atténuée, la supériorité sociale.


Les différences sociologiques entre enseignement privé et public s’inscrivent donc dans une longue tradition qui a forgé leurs images respectives. Ce n’est pas une nouveauté, mais une tendance séculaire, dont il est difficile, sinon impossible, de remonter le courant. Quoi qu’il fasse – et il fait parfois beaucoup –, l’enseignement privé reste marqué par la rencontre des choix éducatifs des élites conservatrices et d’une entreprise de rechristianisation par le haut de la société française après la Révolution. La religion s’est diluée. Reste, à peine atténuée, la supériorité sociale.

Malgré la très grande diversité de ses établissements et de leurs contextes locaux, plus forte sans doute que pour l’enseignement public, l’enseignement privé dans son ensemble ne peut échapper à son héritage. Cette marque de fabrique, que les milieux favorisés confirment par l’usage qu’ils en font, me semble lui interdire de jouer un rôle direct dans la réduction des inégalités. Certains directeurs diocésains souhaiteraient installer des collèges ou des écoles dans les zones sensibles. Ils voudraient prendre leur part du fardeau commun, ce qui est tout à leur honneur. Ils pensent même parfois que leurs méthodes seraient plus efficaces que celles de leurs concurrents. La réalité serait très différente. Un collège privé s’installant dans une zone sensible attirerait immédiatement les enfants des familles les moins défavorisées, car la fuite des collèges en difficulté est un phénomène général : il y a dix ans, les demandes de dérogation à la carte scolaire étaient aussi nombreuses en pourcentage chez les ouvriers que chez les cadres. Le résultat serait d’amoindrir encore la mixité sociale dans les établissements publics du quartier et donc d’aggraver la situation au lieu de l’améliorer : les bonnes intentions ne peuvent rien contre le choix des familles. Dans une logique de carte scolaire obligatoire et intégrée comme Savary l’avait imaginée, on aurait peut-être pu gérer une complémentarité positive entre enseignement public et privé. Dans une logique de concurrence entre établissements, quelle que soit sa bonne volonté, la loi du marché condamne l’enseignement privé à entretenir les inégalités. C’est, pour une bonne part, ce que les parents attendent de lui.

Il existe pourtant un secteur où il peut jouer un rôle essentiel, précisément parce qu’il échappe à la logique de la concurrence : la remédiation des échecs graves. Les élèves en rupture d’école, les décrocheurs, présentent des difficultés telles qu’il est impossible de les scolariser dans des établissements comme les autres. Ne pas les scolariser serait les ségréger et leur enlever toute perspective d’intégration dans la société. Il est nécessaire d’imaginer des établissements scolaires différents pour les prendre en charge. L’enseignement privé pourrait investir ce domaine, et sa tradition pédagogique lui permettrait peut-être d’espérer quelques réussites, encore que je ne le connaisse pas assez pour l’affirmer. Je ne vois en tout cas pour lui qu’un moyen d’échapper aux pesanteurs qui lui amènent des enfants globalement plus favorisés que la moyenne : s’occuper délibérément des plus pauvres.



[1] Alain Girard, Henri Bastide et Guy Pourcher, « Enquête nationale sur l’entrée en sixième et la démocratisation de l’enseignement », Population, 1963, vol. 18, n° 1, pp. 9-48 ; Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, Les héritiers : les étudiants et la culture, Éditions de Minuit, 1964.

[2] Les documents cités dans ce développement sont conservés aux Archives nationales, en F17, cartons 13 936 à 13 944. Je les ai exploités dans « De l’enquête à la réforme. L’enseignement secondaire des garçons de 1898 à 1902 », Histoire de l’éducation, n° 119, juillet-septembre 2008, p. 29-80.

[3] Commission parlementaire, réunion du 26 mai 1899, AN, C 5 663.

[4] Quand Émile Combes, président du Conseil, interdit l’enseignement aux congrégations religieuses, certaines écoles partent à l’étranger, ou prennent la forme d’associations, tenues officiellement par des laïcs.

[5] En 1939, 91 collèges et 76 lycées de jeunes filles, contre 214 et 129 de garçons (Algérie exclue).

[6] Jean-Michel Chapoulie, L’école d’État conquiert la France. Deux siècles de politique scolaire, Presses universitaires de Rennes, 2010, pp. 194-195.

[7] Éléments d’une recherche en cours.

[8] Elle a été esquissée par Robert Ballion en 1976-1977, « L’enseignement privé, une école ‘sur mesure’ ? », Revue française de sociologie, 1980, n° 21-2, pp. 203-231.

[9] Sondage Ifop, mai 1982, Archives Savary, FNSP, 3 SV 5.

[10] Gabriel Langouët et Alain Léger, Le choix des familles. École publique ou école privée ?, Fabert, 1997, p. 43.

[11] Antoine Prost, L’enseignement s’est-il démocratisé ? Les élèves des lycées et collèges de l’agglomération d’Orléans de 1945 à 1990, Puf, 1992 (2e éd. augmentée), p. 170. Cette enquête est la seule, à ma connaissance, qui ait distingué cadres et employés du secteur public et du secteur privé. Il serait intéressant que ce critère soit retenu pour d’autres enquêtes sociologiques et par les statistiques officielles.

[12] Dans l’ensemble des élèves de Seconde et de Terminale de l’enquête orléanaise, les effectifs du privé représentent seulement 12,5 %, ce qui est sensiblement inférieur à la moyenne nationale. Mais le directeur d’un important établissement privé ne m’a finalement pas communiqué le dépouillement de ses fichiers, pourtant effectué par son secrétariat, ce qui illustre les difficultés à réunir des données sur les établissements privés. De ce fait, le poids du privé dans l’enquête est sous-estimé, mais aussi le poids des catégories sociales favorisées, car l’établissement manquant est l’un des plus « chics ». Le faible poids du privé introduit un biais possible, dans le sens d’une majoration des écarts privé/public ; l’absence de cet établissement introduit un biais inverse.

Fonctionnalit\E9 r\E9serv\E9e aux abonn\E9s