Faut-il choisir entre la planète et l’emploi ? Pour l’économiste et ancien eurodéputé Alain Lipietz, la réponse est assurément négative. Chiffres à l’appui, il explique qu’accroître l’activité humaine (et donc le Pib) tout en diminuant l’empreinte écologique, c’est possible ! N’en déplaise aux décroissants.

Un million d’emplois supprimés, si l’on sort du nucléaire, menaçait le patron d’EDF, Henri Proglio (Le Parisien, 9/11/2011). 632 000 emplois créés, évalue Philippe Quirion, du Centre international de recherche sur l’environnement et le développement (Cired, sous tutelle du CNRS), dans son étude sur le scénario NégaWatt, qui projette de sortir du nucléaire en vingt ans tout en divisant par 16 la production de gaz à effet de serre (GES)[1] ! Qui croire ? Bien sûr, les estimations « à la louche » de H. Proglio s’opposent au discours savant de NégaWatt et du Cired. P. Quirion recense ainsi une avalanche d’études internationales et se fonde sur les données courantes de la comptabilité nationale française. Surtout, les deux propos divergent quant à l’honnêteté intellectuelle : les discours contre la transition énergétique ne parlent que des emplois supprimés, ceux du Cired[2] font bien la différence entre les emplois créés par la transition (1 583 000 à l’horizon 2030) et les emplois supprimés (958 000). Le premier parle en brut (et exagère), le second parle en net (et minore les résultats favorables à la cause qu’il défend).

Ce débat nous oblige à creuser jusqu’à la racine du problème ou, du moins, à dissiper les malentendus. Quel est, au fond, le problème de l’écologie politique ? Quels pourraient être les indicateurs d’une telle politique ? Peut-on espérer créer des emplois « nets » en luttant pour améliorer la situation écologique ? Surtout, cela suffira-t-il pour que chacun puisse enfin retrouver une place dans la communauté ? Car c’est de cela qu’il est question. L’écroulement inattendu des espérances écologistes (qui avaient pourtant bien résisté à la crise en 2008-2009) est en effet très fortement lié à ce souci immédiat, dominant jusque dans l’électorat écologiste : « D’abord créons des emplois, après on s’occupera de l’écologie. »

De l’écologie politique

La question de la science écologique, qu’il s’agisse d’abeilles ou d’êtres humains, se résume à la question suivante : « Combien un écosystème d’une surface donnée peut-il soutenir d’individus d’une espèce donnée ? » C’est ce qu’on appelle sa « capacité de charge ». L’écologie de l’espèce humaine est appelée « écologie politique » car, dans son cas, ce rapport fait l’objet – depuis la révolution néolithique et l’invention de l’agriculture, de l’élevage, de l’écriture et des cités – d’une évolution collective et d’une organisation consciente. On doit alors préciser : « la capacité de charge… compte tenu des techniques employées, de ce que telle société humaine a déjà fait de son territoire, de son mode de vie, de ses activités ». L’inverse de la capacité de charge est appelé « empreinte écologique » (combien d’hectares pour faire vivre tant d’individus d’une société donnée.)

Par « activité », il faut entendre les multiples formes d’usage de l’environnement qui dépendent de la société : activités de production et de consommation, marchandes ou non-marchandes, guerrières, ludiques et même cultuelles. On pense aux habitants de l’Île de Pâques, qui, pour élever leurs statues, ont mené leur île à la désolation, ou aux cités-temples mayas qui épuisaient leurs finages…

Le rapport le plus fondamental entre l’espèce et son environnement, c’est la nécessité de s’alimenter, au sens large (boire, respirer, manger et, pour les plantes, fixer l’oxygène ou l’azote). C’est pourquoi le fondateur de l’écologie politique française, René Dumont, partait de la question : « La planète peut-elle nourrir l’humanité ? » Mais l’espèce humaine opère quantité d’autres prélèvements et multiplie les déchets. Au point que prélèvements et déchets excèdent aujourd’hui largement la capacité de charge de la Terre. D’où la nouvelle forme de la « question fondamentale » : peut-on, en modifiant l’organisation sociale et la gamme des activités humaines, découpler activité-croissante et empreinte écologique-décroissante, c’est-à-dire augmenter la capacité de charge de la biosphère par rapport à l’humanité ? Ou faut-il se résoudre à diminuer l’activité humaine ?

La grande transition que nécessite la crise actuelle suppose de résoudre à la fois une crise financière qui révèle et dissimule une profonde crise économico-sociale « keynésienne » de type 1930, et deux crises écologiques : la crise énergie-climat (dans le rapport humanité-planète) et la crise alimentation-santé[3]. En sortir implique d’offrir des emplois tout en ramenant la consommation d’énergie, d’alimentation et la production de déchets dans la capacité de charge de la biosphère. La thèse centrale des partisans de la transition énergétique est que, précisément, cette réduction de notre empreinte écologique… crée des emplois !

La grande transition implique d’offrir des emplois tout en ramenant la consommation d’énergie, d’alimentation et la production de déchets dans la capacité de charge de la biosphère.


Il ne sera pas question ici de la crise alimentaire et de la nécessaire transition alimentaire. Quoi qu’elle reste la plus importante de toutes, elle soulève peu de doutes. On admet en général qu’il faut jusqu’à 40 % de travail supplémentaire pour produire « bio » par rapport à l’agriculture chimique. En revanche, on ne mange pas beaucoup plus, même en étant beaucoup plus riche. On estime que, d’ici 2050, il faudra 70 % d’aliments en plus pour nourrir correctement une humanité qui se stabilisera après être passée de 7 à 9,5 milliards d’individus. Les nourrir « bio » représente environ un doublement de l’activité agro-alimentaire mondiale : le découplage entre la production alimentaire et son empreinte écologique sera impératif (il passe par une réduction de la consommation de viande et une réduction du gaspillage), mais somme toute limité. S’il ne tenait qu’à la France, il ne poserait guère de problème… autre que politique et culturel. En matière de transition énergétique, le défi est, quantitativement parlant, plus impressionnant. Il s’agit bien de supprimer la totalité de l’énergie nucléaire et de réduire d’un facteur 4 la production de gaz à effet de serre de l’humanité !

La transition énergétique : espoirs et critiques

Oublions les discours propagandistes qui nous envahissent, comme ceux de Total et d’Areva, qui ne sont rien d’autre que du greenwashing, présentant comme dépolluantes des activités polluantes. Parlons sérieusement, autour de scénarios comme ceux de NégaWatt et des critiques qui leur sont adressées. Les théoriciens de la transition énergétique soutiennent qu’il est techniquement possible, si la volonté politique est là, de sortir du nucléaire et de réduire l’effet de serre jusqu’à un niveau écologiquement soutenable, tout en nourrissant l’humanité et en lui assurant un niveau de confort proche de celui des classes moyennes du monde actuel. Or leurs scénarios, appliqués à la France par des économistes comme ceux du Cired, se trouvent être créateurs d’emplois nets.

Comment s’y prennent-ils ? Les scénaristes de NégaWatt partent des techniques existantes et mesurent les économies d’énergie nucléaire et de gaz à effet de serre que l’on peut obtenir moyennant, primo, une réduction (peu contraignante) de nos gaspillages – ce qu’ils appellent « sobriété énergétique » –, deuxio, une meilleure utilisation de l’énergie disponible (l’efficacité énergétique) et tertio, la production de l’énergie nécessaire par des sources « renouvelables ». C’est un travail d’experts-ingénieurs, sous contrôle des agronomes (qui vérifient que la production de biomasse-énergie n’est pas incompatible avec les besoins de nourriture). Les économistes interviennent ensuite avec leurs matrices input-output pour recalculer les activités correspondantes en tenant compte des modifications induites dans la demande. Rien que de très classique. Mais voyons les résultats sur chacun des trois fronts.

La sobriété énergétique (s’abstenir volontairement de gaspiller l’énergie) va du covoiturage aux choix vestimentaires en passant par l’élimination des consommations et activités ludiques les plus énergivores. Il s’agit d’une décroissance de certaines activités, peu exigeante dans le cas de NégaWatt, qui n’en attend qu’un tiers de la réduction de la consommation d’énergie. Le second tiers est l’efficacité énergétique : elle vise, pour les mêmes services, à consommer moins d’énergie primaire. Par exemple, en remplaçant l’automobile individuelle par les transports en commun, en isolant mieux les logements… Cet effort crée manifestement des emplois par milliers et, ce faisant, élimine ceux qui sont directement liés aux activités polluantes. Le troisième tiers est consacré à la production d’énergies renouvelables, fondée essentiellement sur des sources d’énergie extérieures à la biosphère (marémotrice, géothermique et pour l’essentiel solaire, captées par le biais du photovoltaïque ou, depuis l’antiquité, de l’éolien et de l’hydraulique ou, depuis la préhistoire, de la biomasse). Ces industries ne sont pas a priori dépourvues d’effets polluants, mais on essaie de les limiter au maximum. On appelle « emplois verts » les emplois créés dans la recherche d’efficacité ou d’énergies renouvelables.

Le premier front est clairement « décroissant » – une décroissance sélective, appliquée à la seule énergie. Économiser 70 euros d’essence chaque mois en conduisant mieux ne fait pas reculer votre salaire. Ces 70 euros sont simplement dépensés dans d’autres activités supposées moins polluantes, telles que la lecture ou le théâtre. De même si vous prenez le tram. Le produit intérieur brut (Pib) reste donc identique. Le Cired évalue à 527 000 emplois créés, pas forcément « verts », ces activités qui en remplacent d’autres plus polluantes[4]. Ce n’est pas anodin : le Cired montre que l’une des mesures du volet « sobriété » de NégaWatt – la croissance de la taille des logements plafonnerait à 40 m²/personne – provoque une chute en France de 300 000 emplois dans la construction neuve… compensée d’ailleurs par la croissance supérieure des emplois dans le second œuvre, liée à l’isolation des logements (volet efficacité).

Décroissance : idées fausses et bonnes idées

Un comportement « décroissant » ne fait pas baisser le Pib, sauf si les revenus dudit consommateur sont diminués par son employeur. Cette remarque est importante. Car, pour un certain radicalisme vert, souvent lié au mouvement de la décroissance, il n’y aurait pas de possibilité d’emplois verts – du moins dans la transition énergétique – car il n’est pas possible de découpler le Pib et l’énergie consommée. Pour sortir du nucléaire et sauver l’atmosphère, la seule solution serait, à leurs yeux, de réduire massivement la consommation énergétique, donc l’activité et donc l’emploi, sauf partage tout aussi massif du travail.

Ils oublient que le Pib, qui n’est jamais que la mesure de l’activité humaine rémunérée (production marchande + salaires non marchands), ne dit rien de l’énergie consommée. Certes, la dégradation de l’environnement résultant de l’activité humaine, la ralentir reste le moyen le plus sûr de préserver la planète. Statistiquement, les décroissants ont parfaitement raison. Moralement, ils sont exemplaires quand, au quotidien, ils mettent en accord leurs idées et leurs actes. Je n’en dirai pas autant de ceux qui, par une forme de dandysme intellectuel ou pour expliquer l’inutilité du réformisme, brandissent l’impossibilité du découplage en assurant qu’il faut ou tout changer ou ne rien changer du tout[5]. Bien sûr, il faudra, à la longue, tout changer. Mais chaque année, chaque mois, des dommages irréversibles sont produits. Tant que l’on n’a pas tout changé, ne faut-il pas, au moins, les éviter au maximum ?

Ceux qui jugent impossible de diminuer l’empreinte écologique sans diminuer le Pib réservent aux volets deux et trois, ceux qui créent les vrais « emplois verts », un autre type de critique : « Pas si dépolluant que ça. » Elle est en partie justifiée (et mobilise d’ailleurs les ingénieurs du secteur) : l’énergie économisée ou renouvelable est souvent acquise au prix d’installations qu’il faut construire… avec de l’énergie (ce qu’on appelle l’« énergie grise », cachée par exemple dans les pylônes des éoliennes) et des matières premières. Mais les calculs montrent que les progrès restent en général positifs : les centrales nucléaires contiennent beaucoup plus d’énergie grise que les éoliennes qui les remplaceraient – ce n’est pas vraiment le cas cependant pour les agrocarburants[6]. La question des matières premières, elle, reste entière : un débat nécessaire, transition énergétique ou pas.

Revenons au troisième volet : le captage des sources inépuisables d’énergie venues de l’extérieur de la biosphère. Ce captage demande un travail qui se substitue à celui des centrales nucléaires et de l’industrie pétrolière. Les évaluations du Cired montrent que les emplois créés dépassent nettement les emplois supprimés (335 000 contre 116 000). Le Pib augmentera donc… alors que l’empreinte écologique diminuera considérablement.

On objecte que l’efficacité de l’énergie consommée pour capter cette énergie essentiellement solaire est nécessairement décroissante. Pourquoi donc[7] ? D’ailleurs qu’importe, dès lors que l’énergie investie deviendra elle-même infiniment renouvelable ? L’énergie d’un panneau solaire serait nécessaire à la fabrication de trois ou quatre autres. Et alors ? Cela ne fait que diminuer le rendement apparent du captage solaire et augmenter le travail, donc le Pib. Cela n’empêche en rien – bien au contraire – de faire diverger activité et empreinte (à supposer résolu le problème des matières premières).

Pour une « nouvelle donne » verte

Les emplois verts de la transition énergétique ne sont donc pas un mythe, mais une réalité déjà parfaitement palpable dans le seul pays avancé qui ait commencé sa transition : l’Allemagne[8]. La résistance des « États dans l’État » de l’industrie française (Areva, EDF, Total…) n’a rien de surprenant. Plus curieux, en revanche, le « dénigrement puriste » venu des rangs mêmes d’un certain secteur de l’écologie politique.

Les emplois verts ne constituent pas une politique de l’emploi. Ce n’est pas leur but.


Oui, on peut créer de l’emploi en améliorant l’environnement, en faisant décroître nettement l’empreinte écologique ! Et on le doit. Inconditionnellement. Est-ce pour autant suffisant ? Non et à double titre. D’abord, cela ne constitue pas une politique de l’emploi. Ce n’est pas le but. Il s’agit d’une « aubaine » dont il ne faut pas attendre des miracles : 650 000 emplois supplémentaires en 2030 nous dit le Cired, quand nous avons 3 millions de chômeurs… Une vraie politique de l’emploi doit s’appuyer sur des politiques autrement puissantes : partage du travail et des richesses, création d’emplois dans l’économie sociale et solidaire. Ensuite, les pollutions engendrées par notre activité ne se limitent pas aux gaz à effet de serre ou aux déchets radioactifs. Toute l’activité humaine pollue, provoque du stress chez les travailleurs, consomme et disperse des matières premières non renouvelables qu’on ne pourra pas entièrement recycler…

L’idéal fondamental des décroissants, « une société de l’être plutôt que de l’avoir », doit rester notre boussole. Mais la critique du mythe de la croissance ne doit pas se tromper de cible. Le Pib mesure un peu moins de la moitié de l’activité humaine dans l’Occident moderne[9]. Il ne mesure pas le travail gratuit – notamment celui des femmes[10], en particulier dans les sociétés traditionnelles (on sait pourtant que leurs marches épuisantes pour trouver du bois de chauffe, dans le Sahel ou autour des camps de réfugiés, est l’une des causes de la déforestation). Mais globalement, dans le monde moderne, ce Pib est un bon indicateur de l’activité depuis la production jusqu’à la consommation. Une fois donné un temps de travail salarié moyen, on en déduit aussi la somme des emplois dans une société marchande et salariale. Et donc la capacité de chacun à y trouver un emploi…

Aussi bien, le Pib n’est qu’un indicateur. La « croissance », en revanche, désigne plutôt un principe de dynamique économique, dans lequel on crée les emplois non en fonction des besoins mais à partir d’un faisceau de demandes permettant aux entreprises de réaliser leurs profits, que cette demande soit principalement publique (comme en Union soviétique ou dans les démocraties en temps de guerre), privée (grâce à la combinaison des hausses de salaires, du crédit et de la publicité) ou mixte (comme dans les social-démocraties). La seule décroissance qui intéresse les écologistes est celle de l’empreinte écologique, qui demande aussi du travail. Et accroît donc le Pib ! Ne la rendons pas impossible en l’associant à une société de chômage et de privations. Les obstacles sociologiques et politiques à un « green deal »[11] sont déjà bien assez nombreux.


[1] Philippe Quirion, « L’effet net sur l’emploi de la transition énergétique en France : une analyse input-output du scénario NégaWatt », document de travail du Cired, n° 46, 2013 [en ligne sur www.centre-cired.fr].

[2] Ou des économètres du modèle ThreeME développé par l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie et l’Observatoire français des conjonctures économiques.

[3] Voir mes livres récents : Green Deal. La crise du libéral-productivisme et la réponse écologiste, La Découverte, 2012 et Qu’est-ce que l’écologie politique ? La grande transformation du XXIe siècle, Les Petits Matins, 2012 [1999].

[4] Le modèle du Cired ne « reboucle » pas pour réévaluer la consommation d’énergie liée à ces 527 000 emplois (ce qu’on appelle strictement l’effet rebond), mais celle-ci est évidemment négligeable par rapport aux économies d’énergie sur les quelque 30 millions d’emplois du Pib de référence.

[5] Typique est la contribution de Thierry Caminel à l’Institut Momentum, brutale sa conclusion : « Il n’y aura pas de découplage fort entre consommation énergétique et activité économique. » Cf. T. Caminel, « L’impossible découplage entre énergie et croissance », www.institutmomentum.org, novembre 2011. Ce courant se couvre souvent de l’autorité de Tim Jackson, qui constate que, au moins pour le moment, le découplage Pib/énergie n’est guère sensible (ce qui ne prouve rien pour l’avenir). En réalité, la thèse de T. Jackson (dans Prospérité sans croissance : la transition vers une économie durable, De Boeck-Etopia, 2010 [2009 pour la version en anglais]) est ailleurs : on peut se sentir plus « prospère » à activité constante, voire légèrement décroissante, ce qui est indubitable. Mais le débat des emplois verts soulève une tout autre question : faire décroître notre empreinte provoque-t-il une réduction ou une croissance de l’activité ?

[6] La première génération d’agrocarburants obtenue par fermentation des seuls fruits et graines ne permet d’obtenir que 20 % de plus d’énergie solaire que l’énergie qu’elle consomme, au prix d’une débauche en eau, terre, pesticides… L’Académie des sciences, dans son rapport de 2010, Démographie, climat et alimentation mondiale (éditions EDP Sciences, 2011), recommande son abandon immédiat. La seconde (fermentant aussi la lignine des tiges, comme au Brésil avec la canne à sucre) produit huit fois plus d’énergie qu’elle n’en consomme. La troisième, « engraissant » des micro-algues à huile en présence de gaz carbonique et de soleil, en produit 50 fois plus, sans sélection poussée des micro-algues.

[7] L’hypothèse des « rendements décroissants » n’est qu’une commodité des modèles économiques abstraits. Dans la réalité, les rendements attendus d’une filière technologique augmentent de manière d’abord accélérée, puis ralentissent.

[8] Les « emplois verts » créés y sont déjà supérieurs à l’évaluation du Cired « France 2030 » ! Voir A. Lipietz, « Transition énergétique, emploi et compétitivité : modèles français, leçons allemandes », intervention dans le cadre de la table ronde « Les enjeux technologiques et économiques de la transition énergétique », VerTech conference, La Rochelle, 22/05/2013.

[9] En France, le nombre d’heures travaillées dans le cadre domestique est supérieur au total du travail salarié ou marchand. Il faut ajouter les activités non-payées liées au salariat (déplacements domicile-travail) ou aux loisirs. Cf. le dossier de la Revue Projet « Qui décide de ce qui compte ? », n° 331, décembre 2012 et sur Revue-Projet.com.

[10] Cf. le concept d’économie féministe [NDLR].

[11] Détaillés dans le livre du même nom, en proposant quelques solutions.

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