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La finitude du monde impose de rompre avec la croissance économique. Mais de productivisme vert il ne peut y avoir. Recyclage, efficacité énergétique et nouvelles technologies ne fournissent pas une alternative suffisante. C’est de mode de vie qu’il nous faut changer. Un après-consumérisme qui reste à inventer.

La poursuite de la croissance du Pib est un souhait largement partagé aujourd’hui. Et d’abord dans les pays qui veulent sortir de la misère et chez ceux qui veulent profiter du mode de vie occidental. Cette demande n’est-elle pas moralement plus que justifiée? 14 % de la population mondiale bénéficie de 50 % du Pib. Mais les pays économiquement développés non plus ne voient pas d’alternative à cette croissance pour endiguer la montée du chômage, de la précarité et de la pauvreté. Or amener en 2050 l’ensemble de l’humanité (alors 9 à 10 milliards d’individus) à un niveau de développement économique acceptable[1] nécessiterait de multiplier par 3 le Pib mondial en quarante ans, soit un taux de croissance mondial de 3,5 % par an. Ce souhait est impossible à réaliser dans les conditions actuelles de production et de consommation. La croissance exponentielle des flux matériels, verts ou pas, bute sur la finitude du monde. Il nous faut apprendre à découpler notre activité économique de notre consommation (donc de la destruction) de ressources naturelles. Très rapidement. Mais est-ce vraiment envisageable?

Inévitable découplage

Depuis cent cinquante ans, la croissance s’est accompagnée d’une augmentation de la pression anthropique sur les ressources et les « services écologiques »[2], dont la régulation climatique. Nous allons nous heurter, dans les prochaines décennies, à des pics de production de ressources stratégiques. Cette prévision repose sur une mathématique simple : une quantité finie de matière ou d’énergie ne peut être exploitée que selon une courbe qui connaît un maximum, puis décroît, tendant vers zéro, à l’infini. Seule question opérationnelle qui se pose à l’humanité : quand se produit ce maximum? Un désagrément de taille apparaît alors : la demande souhaitée ne peut plus croître.

Rapporter les ressources restantes (prouvées ou non) à leur production annuelle (ratio R/P)[3] est un bon moyen de faire l’autruche. Ce n’est pas quand les réserves sont épuisées que les ennuis commencent, mais au moment du pic de production, quand elles le sont à moitié. De plus, si la consommation continue à croître de manière exponentielle (comme c’est le cas, hors crise, pour toutes les ressources finies), la durée pour épuiser la ressource est beaucoup plus courte que R/P. Si nous croyons avoir un stock de charbon égal à trois cents ans de la consommation actuelle, mais que cette consommation croît de 2 % par an, le stock sera épuisé en moins de cent ans…

Pour plusieurs ressources énergétiques et minérales « stratégiques », le pic de production se situe indiscutablement au XXIe siècle. Ainsi les ressources de pétrole conventionnel sont de l’ordre de 300 à 400 milliards de tonnes équivalent pétrole (GTEP). L’humanité en avait consommé environ 180 GTEP fin 2008, et en consomme actuellement 3 GTEP par an. Or le pétrole étant utilisé à 61 % pour des usages de mobilité selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), la tendance « naturelle » de la consommation n’est pas à la baisse : les constructeurs automobiles voient le parc automobile doubler en vingt ans et les constructeurs d’avions ont des carnets de commande bien garnis. Même si les estimations varient[4], le pic de pétrole (lorsque la moitié du pétrole accessible aura été consommée) se produira probablement avant 2020. L’AIE estime que le pic de pétrole conventionnel pourrait avoir été atteint en 2006.

Concernant l’acier[5], nous en produisons environ un milliard de tonnes par an : trente fois plus qu’au début du XXe siècle (une croissance d’environ 3,5 % par an). La production cumulée en un siècle est égale à 878 fois celle de la première année. À ce rythme, la production annuelle serait multipliée par 100 tous les 135 ans. On produirait, dans 270 ans, 10 000 fois plus d’acier qu’aujourd’hui! Inutile d’être très précis dans l’estimation des réserves de fer pour comprendre qu’un tel rythme est impossible à maintenir.

Pour l’ensemble des énergies fossiles[6], dans l’hypothèse d’un taux de croissance limité à 2 % par an, les ressources seront épuisées avant 2120. En outre, ce déstockage (la libération des ressources aujourd’hui sous terre) provoquerait une catastrophe climatique : la dérive climatique est liée aux 50 milliards de tonnes de gaz à effet de serre que nous émettons dans l’atmosphère, pour 60 % du dioxyde de carbone issu de la combustion d’énergies fossiles. Pour ne pas dépasser une augmentation de 2 °C de la température moyenne planétaire sur la période 2000-2050, notre « budget cumulé d’émissions » se limite à 1 000 GTCO 2 selon les estimations[7]. En 2008, nous en avions déjà consommé le tiers. Il nous reste donc en gros 650 GTCO 2. Une tonne de CO2 étant générée par la combustion de 0,27 tonne de carbone, il nous faut ne pas brûler plus de 180 GTC sur la période 2010-2050[8], soit 5 % de ce qui reste sous terre sous forme de charbon, de pétrole et de gaz. Brûler toutes ces énergies conduirait à une hausse de la température de plus de 5 °C. Un changement d’ère climatique aux conséquences incalculables.

L’or a déjà passé son pic de production. L’argent serait épuisé d’ici vingt ans, le zinc avant 2080, le cuivre avant 2100, de même que la bauxite, le plomb et le fer. Le nickel et le lithium tiendraient quelques années de plus. Mais il reste difficile de se prononcer sur les effets systémiques produits par les tensions d’approvisionnement. Les prix des minerais rares vont connaître des croissances fortes qui en limiteront l’usage et nous pourrions être confrontés à de vraies pénuries quand nous aurons raclé les fonds de tiroirs de la planète. L’ensemble des ressources biologiques et des régulations naturelles relèvent de la même problématique.

Énergie : ne pas croire aux mirages

Face à la tension future sur les ressources et face à la pression qu’elle exercera sur les écosystèmes, les solutions technologiques sont immédiatement convoquées. Mais aucune d’entre elles ne représente une réponse suffisante. 80 % de l’approvisionnement énergétique mondial est issu d’énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). Peut-on attendre la solution du côté des énergies renouvelables et du nucléaire? Sans instruire ici le dossier en détail, il est assez facile de voir qu’elles se heurtent aussi à la finitude du monde.

L’énergie hydroélectrique, première source d’énergie renouvelable au monde, a de beaux jours devant elle. De nombreux projets sont en cours de développement, mais ils ne pourront se multiplier à l’infini. Le bois-énergie n’est renouvelable (et n’émet globalement pas de CO2 lors de sa combustion) que si l’on replante autant d’arbres que l’on en brûle, ce qui n’est largement plus le cas[9]. Le solaire représente moins de 0,5 % de la production mondiale d’électricité. À supposer qu’on mette au point des cellules vraiment performantes et économiques et qu’on développe le solaire thermodynamique, leur contribution ne pourra satisfaire qu’une petite partie de notre appétit d’énergie dans les décennies à venir. L’éolien a plus de poids dans le mix actuel et croît significativement. Mais il sera confronté lui aussi à ses besoins en acier et donc à son coût. Le nucléaire bute, d’autant plus après Fukushima, sur des contraintes d’acceptabilité sociale, des difficultés institutionnelles (la mise en place d’autorités de sûreté n’est pas une mince affaire) et des limites physiques, dans l’approvisionnement d’uranium, tant qu’on ne sera pas passé à la génération IV des réacteurs, qui n’est pas opérationnelle au niveau industriel et qui ne se développera que lentement.

Aucun prospectiviste sérieux n’entrevoit de possibilité de satisfaire une demande croissante d’énergie dans les prochaines décennies, sauf à déstabiliser le climat de manière irréversible. D’où la nécessité de faire décroître notre consommation mondiale d’énergie. Et, du point de vue climatique, donc pour les habitants de notre planète, le plus vite sera le mieux. Selon l’AIE, d’ici 2050, la réduction des émissions de gaz à effet de serre issues de l’énergie devra venir pour moitié de la maîtrise de la demande.

Du côté des matériaux, le recyclage est souvent considéré comme « la » solution. Or il consomme de l’énergie et le bilan par filière reste à faire. Surtout, il ne résiste pas non plus aux courbes exponentielles. Supposons pour simplifier que le cycle du recyclage soit d’un an et la croissance de 10 % par an. Si nous sortons de terre, cette année, 100 unités d’une quantité de matériaux que nous savons recycler à 80 %, l’an prochain nous pourrons utiliser ces 80 unités recyclées et nous devrons extraire de terre 30 unités. L’année d’après, nous pourrons en utiliser 88, mais nous devrons en extraire 33, soit 10 % de plus que l’année précédente. Nous voilà repartis sur une courbe exponentielle. Il est facile de généraliser ce raisonnement quels que soient les taux de croissance et de recyclage et la durée du cycle. En un mot, le recyclage permet de gagner du temps, mais il ne saurait empêcher l’épuisement d’un stock par nature fini. Il ne devient une solution pérenne que si la croissance des flux matériels est voisine de zéro.

L’illusion des nouvelles technologies

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication (NTIC), supposées limiter la consommation de papier et les déplacements physiques, ne sont pas, elles non plus, la panacée. Voraces en énergie, elles contribuent de manière croissante aux émissions mondiales de gaz à effet de serre. On leur doit un peu moins d’un milliard de tonnes d’équivalent CO2 en 2007, avec une projection 2020 estimée à au moins 1,5 milliard de tonnes[10]. En ce qui concerne la France, la part des NTIC dans l’empreinte carbone des ménages est passée de 0,3 % à 5 % de 1990 à 2008[11].

Cette intensité carbone s’explique non seulement par les matériels utilisés, principalement fabriqués en Extrême-Orient via des processus énergivores qui recourent, de surcroît, à une électricité à base de charbon, mais aussi par leur propre consommation d’électricité. Et les NTIC ne viennent pas toujours se substituer à une pratique; le plus souvent, ils la complètent. La téléphonie mobile a suscité des usages qui n’existaient pas auparavant. Qu’une facture soit électronique ne garantit pas qu’elle ne sera pas imprimée. La visioconférence ne supprime pas nécessairement les déplacements en avion. Enfin, le développement des NTIC encourage la consommation de minerais rares (les terres rares, l’indium, le hafnium, le tantale, le gallium, etc.) qui connaîtront des pics de production et dont on vient de voir que le recyclage ne serait pas la solution… Bref, les NTIC sont des enfants de notre accès à une énergie abondante et, si elles peuvent faciliter un peu la résolution du problème, c’est sous certaines conditions : elles seront efficaces si, et seulement si, elles permettent la réduction absolue de la mobilité physique des personnes. Est-ce bien ce que nous souhaitons?

Il serait illusoire, enfin, de miser sur l’efficacité énergétique comme solution unique dans un monde en croissance. Car nous consommons toujours plus d’énergie avec des appareils pourtant plus performants au plan énergétique. La raison principale? Toutes choses égales par ailleurs, l’efficacité énergétique se traduit par un gain budgétaire pour le consommateur qui affecte ce gain à une autre dépense consommatrice d’énergie[12]. Une économie sur le frigidaire permet d’acheter un four à micro-ondes… Le volume total de consommation d’énergie dépend avant tout de son prix qui, ramené au pouvoir d’achat des ménages, a structurellement baissé depuis des décennies. Au total, l’humanité continue à faire croître sa consommation d’énergie (de 5,5 % en 2010 par rapport à 2009).

Les mutations à opérer, malgré la crise

En finir avec le consumérisme

La croissance verte – au sens de croissance tirée par les nouvelles technologies de l’environnement – pourrait mourir de la crise économique. Quand le pouvoir d’achat diminue, les préoccupations environnementales aussi. Plus profondément, il peut paraître indécent de plaider pour une décroissance de la consommation matérielle quand de nombreux ménages ne peuvent joindre les deux bouts. Pourtant, c’est à cette conclusion que les chiffres nous amènent. Nous devons, dans nos pays, en finir avec le consumérisme, ce mode de vie qui relie notre satisfaction à la consommation croissante de biens matériels, qui nous rend incapables de nous passer d’achats de biens nouveaux (la gamme des produits électroniques est infinie) et de remplacer régulièrement des biens anciens, jugés obsolètes ou démodés (je ne peux garder longtemps la même paire de chaussures, à supposer qu’elles soient assez solides, sous peine de passer pour rétrograde ou radin).

Présidé par Élisabeth Laville, le Centre d’analyse stratégique sur la consommation durable définit son objet « comme un triple changement : dans les finalités de la consommation, qui doit cesser de devenir la voie d’accès privilégiée à la joie de vivre, [mais] fournir les éléments simples, suffisant à la vie, en libérant ainsi un espace pour l’invention d’un art de vivre nouveau; dans les pratiques et les comportements, par une consommation de biens matériels et de services plus respectueux des hommes et de la planète; [dans] la culture et les modes de vie amenant les citoyens à (ré)explorer d’autres pans de l’art de vivre équilibrant valeurs matérielles et immatérielles (liens familiaux et sociaux, culture, arts, sports, loisirs, vie associative…). »

Réorienter l’activité économique

Notre défi est de passer d’un monde économique où l’indicateur clef est l’augmentation du revenu monétaire à un monde où l’indicateur clef est la prospérité[13], en acceptant l’inévitable subjectivité du concept. Nous ne le relèverons que si cette mutation s’opère de manière équitable : si les plus riches font beaucoup plus d’efforts de réduction de leur train de vie que les plus démunis. L’idée dominante qu’une résolution de la question des inégalités passe par l’augmentation générale du pouvoir d’achat, donc de la pression sur des ressources déjà surexploitées, est illusoire et dangereuse.

Il va falloir coupler des mécanismes redistributifs (réforme fiscale) avec d’autres permettant aux acteurs décentralisés d’agir dans la bonne direction. Les signaux à envoyer sont de trois ordres : pédagogique, économique et réglementaire. Pour que nous consommions moins de ressources, il faut que nous comprenions pourquoi et que nous y soyons incités. Or rien n’est plus efficace, en la matière, que le prix : renchérir le carbone (via des taxes ou des quotas échangeables) conduit les agents à en émettre moins. Là où ce mécanisme est inadapté ou insuffisant, il doit être complété par des normes[14] . Mais la mise en œuvre démocratique d’un signal prix allant à l’encontre des pratiques actuelles (désirées ou contraintes) n’est pas facile, comme on l’a vu en France lors de la discussion sur la taxe carbone. D’autant moins en période de crise.

Investir dans la transition

Deux autres conditions nous semblent nécessaires à l’émergence d’un nouveau modèle économique. D’une part, une volonté politique et un cap clairement marqué. La nature ne se fait pas payer pour les services qu’elle fournit, ni pour les préjudices que notre activité lui fait subir. Aussi les agents économiques n’en tiennent-ils pas compte. Le libre jeu des forces du marché ne peut que conduire nos économies dans le mur des pénuries et des tensions environnementales. Comment réagiront alors des sociétés habituées à un confort sans précédent? Ces pénuries ne seront-elles pas source de conflits géopolitiques majeurs et de tentations autoritaires? N’est-il pas plus sage d’accepter dès maintenant une organisation économique duale, avec une politique générale impulsée par les pouvoirs publics, qui encadre et oriente les actions des agents économiques? C’est notre organisation démocratique qui est ici en question : permet-elle l’émergence d’une volonté politique axée sur un plus long terme que celui des échéances électorales, de plus en plus courtes[15] ?

D’autre part, la transition nécessite un investissement massif qui génère de nouveaux emplois[16] et surtout un nouvel horizon porteur de sens. Pour réduire la part de l’énergie (notamment carbonée) dans notre activité économique et augmenter corrélativement la part de la main-d’œuvre, il va falloir quitter la logique dominante de l’ère industrielle – la recherche permanente de gains de productivité en remplaçant l’homme par la machine. Parallèlement, développer l’efficacité énergétique suppose de mieux utiliser l’énergie, mais aussi de moins l’utiliser, donc de recourir davantage au travail humain. Les consommateurs ne pourront pas réduire fortement leur empreinte carbone si les équipements, les produits et services qui leur sont proposés sont tous intenses en carbone. Mais les producteurs sont engagés souvent de manière irréversible dans cette logique et ne peuvent s’en dégager sans le consommateur! Seule la prise en charge par le secteur public des investissements de transition peut permettre de sortir de ce cercle vicieux.

Réformer le système monétaire et financier

La contrainte de financement semble incontournable. Le secteur privé ne finance pas des investissements insuffisamment rentables, même si socialement utiles. Les États peinent à rembourser leurs dettes et se lancent dans des plans d’austérité. Le financement de la transition écologique suppose de sortir du cadre de pensée des quarante dernières années, qui a désarmé financièrement les États, et de transférer le pouvoir monétaire aux acteurs publics, soumis à des contrôles démocratiques forts. Corrélativement, une réglementation beaucoup plus forte des activités financières devra orienter l’essentiel de l’épargne des ménages vers des activités socialement et écologiquement utiles. Cette réforme, proposée par la Fondation pour la nature et l’homme[17], n’est évidemment pas la plus facile, car contraire aux intérêts d’acteurs puissants, mais elle est essentielle pour sortir de l’impasse actuelle.

Changer de modèle

La période de transition qui s’ouvre est dangereuse et passionnante. Dans l’urgence et l’adversité, nous allons collectivement mettre en place de nouveaux modèles économiques. L’ère de la libéralisation tous azimuts est dernière nous. L’idée qu’il faut relancer la consommation pour faire tourner l’économie aussi. Nous allons devoir redonner aux États un rôle clef et des moyens (financiers, fiscaux et réglementaires) pour que production et consommation s’adaptent à la finitude du monde. Cela ne se fera pas de manière homogène dans toutes les régions du monde. Sans doute faudra-t-il envisager de protéger les industries « vertueuses » de leurs concurrents pouvant bénéficier de formes de dumping environnemental et social[18]. Si nous n’y arrivons pas, les tensions sur les ressources se traduiront par des conflits géostratégiques dont il n’est pas certain que l’Occident sorte gagnant.


1 / En moyenne 20 000 dollars PPA (parité de pouvoir d’achat) par habitant, pour 10 000 actuellement.
2 / Voir le rapport du Millenium Ecosystem Assessment, www.milleniumassessment.org .
3 / Exprimé en années de réserves, à consommer au rythme annuel constaté.
4 / Du côté de l’offre, certains organismes additionnent un pétrole extrait de manière de moins en moins conventionnelle aux capacités de production. Du côté de la demande, les optimistes peuvent penser que les économies d’énergie et les substitutions technologiques à l’œuvre vont réduire la pression, ce qui aura pour effet de reporter le pic de production.
5 / Voir François Grosse, « Le découplage croissance/matières premières. De l’économie circulaire à l’économie de la fonctionnalité : vertus et limites du recyclage », Futuribles, juillet-août 2010, n° 365.
6 / Le Giec estime les ressources totales à environ 3 700 GTC et nous en avons consommé, à ce jour, environ 600. Le rythme actuel est de 8 GTC par an. Avec 2 % de croissance par an, il faut environ 110 ans pour extraire les 3 100 GTC qui restent.
7 / Avec une probabilité de 75 %, données par Malte Meinshausen et al., « Greenhouse-gas emission targets for limiting global warming to 2 °C », Nature, n° 458, 2009, pp. 1158-1162. Disponible sur www.nature.com .
8 / Il s’agit là d’une surestimation car la déforestation est également à l’origine d’émissions importantes de CO2.
9 / D’autant que l’on brûle des forêts à très fort contenu en carbone pour planter des forêts à faible stockage. De la forêt primaire aux plantations d’eucalyptus, il y a une légère différence, tant en carbone qu’en biodiversité.
10 / Mac Kinsey, How IT can cut carbon emissions, octobre 2008.
11 / Carbone4; La lettre du Carbone, septembre 2011.
12 / L’économiste Jevons fut le premier à formaliser la notion d’effet rebond qui annule au total les gains unitaires réalisés.
13 / Cf. Tim Jackson, Prospérité sans croissance. La transition vers une économie durable, De Boeck / Etopia, 2010.
14 / Cf. Patrick Criqui, Benoît Faraco et Alain Grandjean, Les États et le carbone, Puf, 2009.
15 / Cf. Dominique Bourg et Kerry Whiteside, Vers une démocratie écologique, Seuil, 2010. Cette proposition accorde peut-être une part trop belle aux experts, mais elle a le mérite de poser le problème.
16 / Même si les estimations en la matière ne sont pas faciles et s’il ne faut pas sous-estimer les transferts d’emplois qui s’opéreront entre perdants et gagnants d’une telle régulation.
17 / « Financer l’avenir sans creuser la dette », www.financerlavenir.fnh.org .
18 / Voir par exemple Jacques Sapir, La démondialisation, Seuil, 2011.



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