La mémoire de l'immigration est devenue un enjeu de reconnaissance. Mais au-delà de sa présence dans l'espace public, il s'agit d'être attentif à la transmission et aux liens entre générations.

Depuis les années 60, « la mémoire collective » a peu à peu émergé au sein des sociétés occidentales – et pas seulement – comme dynamique d’agrégation et de mobilisation de groupes minoritaires et marginalisés, oubliés ou manipulés par la majorité dominante et son récit historique, au point de devenir un des traits les plus saillants de notre époque.

Explosion mémorielle

Dans le cadre des phénomènes migratoires, longtemps exclus de la narration nationale et aujourd’hui encore minorés en son sein – surtout s’il est question des immigrations postcoloniales – de nombreux exemples témoignent néanmoins d’un lent mouvement de réveil mémoriel. J’en citerai deux, peut-être polémiques, mais fortement symboliques : l’ouverture de la Cité nationale de l’Histoire de l’Immigration qui représente en quelque sorte l’officialisation, controversée, d’un changement d’attitudes et de réceptivité à l’égard de l’immigration, de ses histoires, de ses mémoires et de leur place dans l’espace public ; et la sortie en salles suivie de sa retransmission télévisée du film Indigènes, film qui a le mérite de rendre accessible au grand public un chapitre enfoui du récit national. Il s’agit dans les deux cas d’une prise de conscience, certes ambiguë, de l’existence sociale de l’immigration, ainsi que de son héritage, dans le même temps que de sa reconnaissance publique.

La boîte de Pandore a été ouverte par le travail obstiné et conjoint d’historiens, de sociologues, de politologues et de militants associatifs [1]. Cependant, la mémoire de l’immigration cache encore des zones d’ombre. La première et la plus importante concerne le référent même de l’expression : qu’est-ce que l’on entend exactement par mémoire de l’immigration, mémoire des immigrés ? L’inscription dans la Cité « des multiples mémoires du peuple de France », à l’instar d’une reconnaissance « de type patrimonial sur les ruines de la conscience nationale unitaire » [2] ? La mise en récit par les acteurs eux-mêmes de leur propre histoire, autrement dit la capacité de « mettre en cause l’histoire du point de vue d’un acteur prétendant s’inscrire dans un champ historique » [3] ? Ou la restitution, qui est une reconstruction, d’expériences passées sous le mode d’un récit allant nourrir et entretenir une certaine représentation de soi et de son propre milieu, ainsi que sa conservation dans le temps ? La deuxième incertitude, liée à la précédente, regarde la fonction du génitif : lorsqu’on parle de mémoire de l’immigration ou de mémoire des immigrés, de qui sont-elles l’apanage ? Ces questions soulignent une ambiguïté de fond qui entretient la confusion sur les acteurs de la mémoire collective, les destinataires de ses discours et les mécanismes de sa production. L’on comprend bien alors que l’enjeu soulevé par la question « quelles mémoires de l’immigration ? » renvoie à l’emboîtement problématique de différents registres d’appréhension et exige une redéfinition du niveau (public/privé) et de l’échelle (macro/micro) sur lesquels l’expression repose.

Il nous semble que l’un des effets pervers de l’ère de la commémoration et de l’explosion mémorielle consiste dans le fait d’avoir relégué le champ d’usage des mémoires de l’immigration et des immigrés à l’échelle de l’espace public, en privilégiant les aspects les plus événementiels. On omet tout ce qui dans l’expression a trait à la sphère du privé, du souvenir et de sa remémoration, aux pratiques et processus de transmission et de réappropriations intergénérationnelles. Or il s’agit d’un point essentiel, non seulement parce que, en mettant l’accent sur la transmission mémorielle au niveau familial, on s’ouvre à la dynamique des liens intergénérationnels et de leur nature en situation migratoire : ce faisant, on peut mettre en perspective des processus privés et des réalités structurelles afin d’en évaluer sinon les effets du moins les interactions. La mise en récit de l’expérience de la migration rend accessible d’autres phénomènes, notamment la question de l’identité des descendant(e)s d’immigrés [4] – désormais cible d’une interpellation presque obsessionnelle dans l’espace public.

La mémoire des immigrés est ici appréhendée par le biais de la transmission intergénérationnelle comme un écran de la mémoire familiale. Elle est un des aspects constitutifs du patrimoine symbolique et matériel développé et entretenu par la manière dont chaque famille gère son rapport au passé. En situation de déplacement, la mémoire familiale est en effet inséparable de la mémoire de la migration. La réalité sociale de la première est décomposée, recomposée et façonnée par l’expérience du départ, de l’arrivée et de l’installation, au point que « ‘parler famille’ signifie ‘parler migration’ » [5], et que les deux signifient « parler rupture ».

Ruptures

La première rupture est celle que l’émigration opère au sein du groupe familial, parfois même au niveau de la fratrie, en séparant ceux qui restent « au pays » et ceux qui sont installés ailleurs. Fatou [6], d’origine mauritanienne, lorsqu’elle se présente, met l’accent sur ce délitement des liens : « On est deux filles et deux garçons et il y en a une autre qui a grandi en Afrique, qui est restée là-bas ». La « rupture » aussi bien parentale que temporelle et spatiale, énoncée par une série de juxtapositions – « eux/nous », « avant/maintenant », « ici/là-bas » – fêle la continuité de la vie familiale et son unité, déstabilise l’organisation et les relations sociales. Elle réoriente nécessairement la construction du discours mémoriel et la remémoration des événements du passé. Pour preuve : la fragmentation et la multiplication des lieux d’ancrage de la mémoire familiale, ces lieux où « notre pensée doit se fixer, pour que reparaisse telle ou telle catégorie de souvenirs » [7]. En émigration, ils ne constituent plus un cadre de référence homogène [8], ce qui empêche les membres de la famille d’avoir les mêmes repères et les mêmes points de vue sur le passé. Non seulement les lieux qui ont accueilli les générations ascendantes peuvent ne pas être signifiants pour les descendant(e)s qui ont vécu ailleurs ; mais parfois, ils peuvent même leur demeurer inconnus. C’est le cas lorsque les descendant(e)s d’immigrés, enfants et petits-enfants de primo-arrivants ne se sont jamais rendus au pays d’origine parental : « Si tu veux que je te dise la vérité j’ai jamais été en Algérie » reconnaît Djamel [9], d’origine algérienne.

La rupture géographique n’intervient cependant pas seulement en suivant l’axe vertical, entre générations différentes, elle peut tout aussi bien marquer les relations horizontales : au sein d’une même fratrie, l’on peut rencontrer des enfants nés « au pays », d’autres nés en France, qui plus est à des endroits différents, ce qui module encore différemment le degré d’élaboration et d’appropriation de la mémoire familiale. Cette dernière configuration de mobilité résidentielle élevée est particulièrement observable chez des familles d’anciens supplétifs algériens enrôlés au sein de l’armée française pendant la guerre d’Algérie. La tutelle étatique, imposée à certaines familles une fois gagné le territoire français, les a « contraintes » à un circuit d’installations successives à partir des camps militaires d’urgence jusqu’au lieu de l’implantation définitive, en passant par les hameaux de forestage. La démultiplication des lieux de naissance, de vie et d’inscription sociale, susceptibles de maintenir « le lien vivant des générations » [10] est alors une première atteinte, sinon une réelle menace, à cette continuité dans l’histoire et de l’histoire que la famille, comme milieu de mémoire, est censée assurer à chacun des ses membres.

La transmission intergénérationnelle de la mémoire familiale de l’émigration, autant au niveau de ses mécanismes que de son contenu, est imprégnée par la correspondance moins structurelle que structurante entre histoire familiale et parcours migratoires, elle est aussi façonnée par les ruptures que le déplacement produit. Entre membres de la famille, entre générations différentes, entre ceux qui sont restés là-bas et ceux qui n’y sont plus, entre ceux qui sont nés au pays et ceux qui ne l’ont jamais connu ou qui en ont une connaissance sporadique en temps de vacances, « ce sont des conceptions et des représentations divergentes de l’histoire, de la mémoire, du passé, du présent et de l’avenir que l’on voit à l’œuvre » [11]. L’expression la « mémoire des immigrés » recouvre des réalités et des expériences difficilement réductibles à un modèle commun, entre parents et enfants, au niveau même de la fratrie. C’est pourquoi nous nous intéressons exclusivement dans cet article aux pratiques de transmission de la rupture migratoire aux seuls descendant(e)s nés en France [12], afin de saisir la façon dont elle est verbalisée et reprise au sein d’un récit mémoriel qui articule dans des séquences successives l’autrefois au maintenant. Il est donc en premier lieu question de savoir si, et comment, les immigré(e)s « racontent ce qu’ils ont vu, fait, éprouvé, pensé » [13] avant de relever les enjeux des mémoires de l’immigration, comme savoir partagé par le milieu familial.

Récits de famille

Les blocages de la transmission mémorielle, du moins de la transmission énonciative, des parents aux enfants, sont couramment relevés par les chercheurs qui soulignent jusqu’à quel point la rupture migratoire et familiale engendrerait une rupture mémorielle. Force est de le constater : « l’histoire migratoire des parents est rarement racontée, partagée, transmise aux enfants sous la forme d’un récit qui s’annoncerait comme tel » [14]. Bon nombre de descendant(e)s d’immigrés connaissent peu ou mal l’histoire familiale avant leur naissance. Fatou, questionnée sur sa famille, s’exclame : « Je sais pas moi, j’étais pas née », rejoignant la constatation de David Lepoutre et Isabelle Cannoodt lors d’une enquête : « Aux questions posées par l’ethnographe sur les circonstances et les raisons de la migration de leurs parents, la plupart des adolescents ne semblent pouvoir répondre que par des explications vagues, ou trop simples et convenues. […] La migration est évoquée comme un changement (trop) ordinaire de l’existence, justifiée de manière simpliste, par des considérations économiques banales » [15]. Le silence des parents, des pères en particulier, est le plus souvent invoqué par les descendant(e)s pour expliquer leur trou de mémoire, leur connaissance partielle et inexacte de ce qui s’est passé avant leur naissance. Saïd [16] affirme à ce propos que son père ne parle pas beaucoup, « il raconte pas trop ce qu’il a fait », et Diarra [17] relève qu’ « ils me racontent plutôt l’histoire de l’Afrique, mais pas d’ici, je ne sais même pas quand ils sont venus, je sais que ma mère m’a dit qu’elle est venue deux fois ici ».

Si le silence parental semble s’être érigé en évidence pour certains descendant(e) s, devenant une sorte de mythe fondateur de la mémoire des immigrés comme une mémoire de l’oubli et du refoulement, ce serait toutefois une erreur de le généraliser comme dénominateur commun. Par son témoignage, Sadia [18] veut casser l’idée répandue selon laquelle la mémoire familiale serait défaillante, voire absente, ce qu’elle considère être un stéréotype. Elle défend le fait qu’au sein des familles la mémoire se transmet tout de même de génération en génération. Il faut se méfier de croire que la transmission a totalement échoué et que les descendant(e)s d’immigrés ont grandi dans un « pas assez de mémoire » [19], les privant de leur généalogie, de leur histoire et en quelque sorte de leur identité. Par exemple, Selma [20]relate avec force de détails l’arrivée en France de ses parents : « Mon père est arrivé en France en 1973 et ma mère en 1976 par regroupement familial et je suis née en 1980. Ma mère était partie enceinte pour la circoncision de mon cousin en Turquie et elle s’est pas sentie bien et n’a pas pu revenir et donc je suis née là-bas ». Phénomène plus rare, elle maîtrise parfaitement la mémoire de l’installation : « Mes parents sont arrivés dans la région d’Auxerre dans le 89 et travaillaient en usine […] Jamais ma mère n’est restée à la maison, dès qu’elle est arrivée elle a travaillé alors qu’elle ne connaissait pas la langue, ce qui a été très bien parce que justement elle l’a appris. A l’époque, ils étaient dans un petit village […] dans un milieu où ils étaient avec les Français, donc du coup ils avaient des potes français […] Après, quand il y a eu des licenciements à l’usine, mon père s’est retrouvé au chômage, et ma mère ils l’ont gardée, donc mon père est monté sur Paris pour essayer de trouver du boulot et c’est là où ils sont rentrés dans le circuit de la confection, classique dans la communauté turque… ».

Bien que l’apprentissage du passé familial puisse ne pas se faire au sein de toutes les familles sous le mode d’un récit structuré dont les parents seraient les « trabendistes », bien qu’il ne ressemble guère à cette « nécessité de ‘raconter’ ce que l’on a vécu » [21], l’élaboration et la narration de l’histoire familiale de l’émigration restent cependant des phénomènes complexes et difficilement réductibles à une analyse en termes de bon ou de mauvais fonctionnement de la transmission, de bon ou de mauvais usage de la mémoire. Comment dès lors le parler famille et migration s’organise-t-il dans les échanges intergénérationnels ? Autrement dit, comment la mémoire des immigrés s’énonce-t-elle ?

Reconstruction

La mémoire de l’immigration nécessite parfois une reconstruction minutieuse que les descendant(e)s opèrent à partir d’éléments qu’ils considèrent à première vue marginaux. Par exemple, les dates de naissance des frères et des sœurs peuvent être mobilisées à rebours pour donner une cohérence temporelle au processus de remémoration : « Honnêtement je sais pas, mais je crois pas, ils sont tous venus en même temps, oui, j’ai ma sœur, ma sœur aînée eh… bah… elle a quarante-trois, quarante-quatre ans pas plus, je sais pas, moi je suis l’avant dernier j’ai trente-quatre ans, mon petit frère il a trente et un ans, c’est le dernier » [22]. Les lieux mêmes de la mémoire familiale, ces gages des ruptures engendrées par la migration peuvent servir à remettre bout à bout le passé dans l’exercice mémoriel. Les trajectoires sont ainsi reconstruites autant que faire se peut par les lieux de naissance des enfants, qui permettent à la mémoire familiale de s’ancrer dans des espaces parfois seulement traversés : « Avant ils étaient à Avignon, mon frère Hadj qui est l’aîné est né à Avignon, après mes parents ont déménagé à Besançon et on est tous nés à Besançon » [23].

La transmission de la mémoire peut par ailleurs privilégier d’autres vecteurs que l’oralité et se faire « transmission sans opération spécifique de transmission » [24] au sein de laquelle le passé, comme mode de vie et orientation identitaire, est appris lorsqu’il est vécu dans la quotidienneté. Elle se trouvera ainsi inscrite dans les gestes, les coutumes et les pratiques, les traditions matérielles, mémoire au même titre que les traditions orales [25]. La vie ordinaire des familles, à l’intérieur du foyer comme dans ses relations de voisinage, de parenté, de sociabilité est chargée d’une mémoire collective réactualisée, qui peut s’accompagner d’une voix narratrice. La préparation de la nourriture, le choix d’endosser des habits traditionnels, l’organisation des fêtes collectives ou plus simplement la télévision satellitaire branchée sur les chaînes du pays d’origine se prêtent au récit d’anecdotes et d’histoires d’ailleurs, le faisant par moment apparaître comme une « terre transposée » [26] en immigration. Les vacances « au bled » constituent un autre facteur d’apprentissage indirect, d’appropriation de la mémoire familiale et de confrontation avec les bribes de récits entendus à la maison.

Pratiques de mémoire

Il n’y aurait donc pas une mémoire heureuse et une mémoire malheureuse [27] de l’immigration, mais des pratiques de mémoire différentes, des mécanismes de transmission hétérogènes à l’origine d’une connaissance diverse, et cela parfois au sein de la même famille. Hadj [28] et sa sœur Soraya, fils d’immigrés algériens, n’ont effectivement pas la même maîtrise de l’histoire migratoire de leur famille. Hadj est en mesure de retracer avec assez de précision l’ordre parental, chronologique et géographique de l’arrivée en France à partir de la grand-tante, la première à être venue et à servir de relais dans la chaîne d’émigration : « Ma grand-tante, c’est la première qui est venue en France, ma grand‑tante elle est arrivée en France, elle avait une vingtaine d’années, on l’a mariée de force en Algérie, elle s’est sauvée, elle était très jeune, à quatorze ans, elle est partie au Maroc, elle a vécu cinq ou six ans, elle s’est mariée, elle a connu un homme elle s’est mariée là-bas, elle était battue, donc elle s’est sauvée, elle s’est sauvée et ce sont des sœurs, c’était une mission catholique française qui était là-bas au Maroc, qui l’ont aidée à rentrer en France et elle est rentrée en France et comme elle avait pas d’argent donc elle a vécu au début chez les bonnes sœurs au bout d’un moment elle est partie, elle travaillait pour l’armée française, elle faisait infirmière et elle était sur la région de Besançon, et voilà donc elle s’est installée là-bas, elle a connu un type elle s’est mariée elle a eu deux enfants, après elle a divorcé […] et là mon père devait faire l’armée en Algérie, il voulait pas la faire et il s’est sauvé, il est arrivé en France […] ». Par contre, sa sœur Soraya n’a « jamais cherché à savoir », et en méconnaît les motivations.

L’écart entre les positions face à la mémoire familiale de l’immigration, illustré par Hadj et Soraya, représentant les deux extrêmes du paysage mémoriel, nous exhorte d’une part à nous méfier des réductions hâtives sur la nature de la mémoire des immigrés. Ce qui, en contrepoint, nous conforte dans l’usage du pluriel et dans la préférence à parler des mémoires des immigrés. D’autre part, la distance entre la maîtrise mémorielle des uns et la vague incertitude des autres, en éclaircissant la multitude de rapports que l’on peut entretenir avec la mémoire familiale [29], apporte des indications sur le positionnement social des descendant(e)s d’immigrés et sur leur énonciation identitaire. S’il faut se garder de vouloir construire des catégories figées, l’hypothèse suivante se dégage de nos entretiens : les premiers sont, pour la plupart, des acteurs avertis de leur devenir, avec des parcours scolaires solides, professionnellement établis ou inscrits dans une démarche réelle d’insertion. Les seconds, en revanche, dans la majorité des cas, sont ou ont plutôt été en décrochage scolaire, ils ont fréquenté des filières courtes et sont sortis du système scolaire peu diplômés, avec des situations professionnelles instables, ayant parfois connu la réalité de la « galère » [30] et de l’exclusion.

Est-ce un hasard si celles et ceux qui portent leur mémoire familiale et qui, par conséquence, se pensent comme des véritables héritiers de l’immigration, parce qu’ils l’ont reçue en mémoire, ont questionné, voire secoué le silence parental à la quête de leur généalogie identitaire, alors que les autres semblent plutôt fluctuer dans des limbes où les origines culturelles et nationales prennent des proportions démesurées autant que fantasmées ?


1 / Voir le travail de longue haleine mené par Génériques ou Au nom de la mémoire, pour n’en retenir que deux parmi les nombreuses associations qui luttent en faveur de la reconnaissance de l’immigration en France, en faisant d’un « devoir de mémoire » tourné vers l’avenir leur engagement.
2 / Ahmed Boubeker, « L’immigration : enjeux d’histoire et de mémoire à l’aube du xxie siècle », in Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson, Les guerres de mémoires. La France et son histoire, La Découverte, 2008, p. 167. Voir également l’introduction de A. Boubeker, Abdellali Hajjat, Histoire politique des immigrations (post)coloniales : France, 1920-2008 , Editions d’Amsterdam, 2008.
3 / Michel Wieviorka, La différence, Balland, 2001, p.180
4 / Cf . Joël Candau, Mémoire et identité , Puf, 1998
5 / Frédérique Fogel, «  Mémoires mortes ou vives. Transmission de la parenté chez les migrants », Ethnologie française 2007/3, Tome XXXVII, p. 510
6 / Fatou a 22 ans et un parcours de vie difficile. Déscolarisée très jeune, elle a connu la petite délinquance, avant de reprendre une formation de réinsertion, en passant par un contrat « emplois jeunes ».
7 / Maurice Halbwachs, La mémoire collective , Albin Michel, 1997 (1950), p. 209.
8 / Maurice Halbwachs, Les cadres sociaux de la mémoire , Albin Michel, 1994 (1925).
9 / Djamel, issu d’une famille de dix enfants, a 22 ans et, au moment de l’entretien, cohabite avec sa compagne et leur fille. Il a abandonné l’école très jeune, depuis il travaille au noir et fait du petit « trafique » dans son quartier
10 / Maurice Halbwachs, La mémoire collective , op. cit. , p. 50.
11 / Ahsène Zehraoui, Familles d’origine algérienne en France , L’Harmattan, 1999, p. 57.
12 / Le matériel ethnographique qui supporte cet article s’organise en deux corpus : d’un côté des entretiens menés entre 2008 et 2009 en région parisienne auprès de descendant(e)s d’immigrés originaires de Turquie et de pays africains à tradition musulmane, de l’autre côté des entretiens menés et des observations effectuées entre 2003 et 2004 en pays d’Arles auprès de familles d’immigrés algériens et de harkis
13 / Françoise Zonabend, La mémoire longue , éd. Jean-Michel Place, 1999 (1987), p. 14
14 / Frédérique Fogel, « Mémoires mortes ou vives », art. ci t., p. 511.
15 / David Lepoutre et Isabelle Cannoodt, Souvenirs de familles immigrées , éd. Odile Jacob, 2005, pp. 90 et 98
16 / Saïd, 20 ans, d’origine algérienne, a arrêté l’école en quatrième. Actuellement il ne travaille pas, à l’exception des quelques petits boulots au noir effectués de manière intermittente.
17 / Diarra, 19 ans, d’origine malienne-mauritanienne, a vécu deux ans au Mali pendant son enfance. Elle est au moment de l’entretien en terminale (BAC professionnel, section commerce).
18 / Sadia, 50 ans, fille d’immigrés algériens, de nationalité algérienne, est journaliste et militante associative.
19 / Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli , Seuil, 2000.
20 / Selma, d’origine turque, 28 ans, mariée avec une petite fille est en train, au moment de l’entretien, de terminer une thèse de doctorat en langue et civilisation anglaises à Paris 3.
21 / Françoise Zonabend, La mémoire longue, op. cit ., p. 9.
22 / Yasser, 34 ans, d’origine algérienne, après un parcours scolaire moyen a fait une formation d’infographie et exerce en profession libérale. Il n’a jamais vraiment fréquenté son «  quartier », attiré plutôt par les endroits mondains et les boîtes de nuit de la région arlésienne.
23 / Soraya, 25 ans, d’origine algérienne, niveau Bac, a un BAFA en médiation et en animation, un diplôme de secourisme et travaille comme médiatrice de proximité dans un collège.
24 / David Lepoutre et Isabelle Cannoodt, Souvenirs de familles immigrées , op. cit ., p. 293.
25 / Denise Jodelet, « Mémoires évolutives », in A.A.V.V., Mémoire et Intégration , Syros, 1993.
26 / Giulia Fabbiano, « Les descendants d’immigrés algériens et les descendants de harkis au miroir de la terre perdue », in Cédric Audebert et Emmanuel Ma Mung (eds), Les migrations internationales : enjeux contemporains et questions nouvelles , Bilbao, Publications de l’Université de Deusto, 2007, pp. 197-208.
27 / Paul Ricœur, La mémoire, l’histoire, l’oubli, op. cit .
28 / Hadj, 27 ans, d’origine algérienne, marié, une fille, après le Bac, a suivi différentes formations : d’éducateur sportif et d’éducateur spécialisé. Il travaille dans une maison d’accueil pour jeunes handicapés et dans le temps libre est entraîneur de basketball.
29 / Nous n’avons volontairement pas approfondi la question postcoloniale dans la transmission intergénérationnelle, notamment chez les descendant(e)s d’immigrés et de harkis pour qui le silence parental, et plus précisément paternel, trouve des explications « politiques » spécifiques à l’histoire de l’Algérie et la guerre de décolonisation.
30 / François Dubet, La galère : jeunes en survie , Fayard, 1987.



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