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Le nouveau terrorisme islamique en Inde témoigne du malaise vécu par la minorité musulmane. Celle-ci, en déclin économique mais à forte croissance démographique, se voit marginalisée. Va-t-on vers une alliance des musulmans de basse caste avec leurs homologues hindous ?

Les Musulmans forment en Inde une minorité différente des autres. Ils portent d’abord les stigmates du passé, étant donné que c’est à leurs pères que l’on impute la partition de 1947 – dont la question du Cachemire reste le sous-produit le plus problématique. Bien des Hindous les soupçonnent de tendances panislamiques, voire pro-pakistanaises. Ceci, d’autant plus que leur démographie, légèrement plus dynamique que la moyenne nationale, les a fait passer d’environ 9 % de la population en 1951 à un peu plus de 13 % au recensement de 2001 [1]. Cette progression constitue une source de xénophobie supplémentaire pour les Hindous les plus militants qui l’attribuent volontiers à la polygamie et à une sous-éducation chronique. En cela, ils se distinguent des Sikhs et des Chrétiens qui, par surcroît, trouvent respectivement au Punjab et (à un moindre degré) au Kerala un berceau territorial dont les Musulmans, dispersés, sont dépourvus. Le Jammu-et-Cachemire est le seul État à majorité musulmane, et seuls 20 districts (regroupant 13 % de la communauté) sur 593 partagent cette caractéristique.

Surtout, les Musulmans ne suivent pas, comme la plupart des autres minorités, une courbe ascendante. Au contraire, si, à partir des années 1960 [2], la minorité musulmane avait commencé à se relever du traumatisme de la Partition qui l’avait littéralement décapitée en la privant de ses élites, presque toutes parties au Pakistan, son statut socio-économique et socio-éducatif est à nouveau orienté à la baisse depuis la fin des années 1980. Pareille évolution reflète une discrimination croissante dont les violences récurrentes à l’encontre de cette communauté sont le principal symptôme. Certains jeunes Musulmans sont alors tentés de répondre de la même manière, d’autant que les canaux légaux, à commencer par les partis politiques, ne leur font plus autant de place qu’auparavant.

Un statut socio-économique en déclin

Soucieux de prendre la mesure du déclin des Musulmans, le gouvernement de Manmohan Singh a, pour la première fois de l’histoire indienne, chargé un Comité spécialement créé pour l’occasion, d’enquêter sur la condition de cette communauté – un procédé jusque-là réservé aux castes inférieures. D’après le « rapport Sachar » (du nom du président de ce comité), remis en novembre 2006, seuls 8 % des Musulmans urbains sont salariés, contre 21 % de moyenne nationale. Notons que le pourcentage pour les Dalits (les ex-intouchables) et les Adivasis (les aborigènes) – a priori plus défavorisés – est d’un point supérieur à cette moyenne. La place des Musulmans est particulièrement réduite dans la fonction publique : ils ne représentent que 4,5 % du personnel des chemins de fer, le premier employeur de l’Inde, 2,2 % dans les banques publiques et 5 % dans les services postaux [3]. Les Musulmans de l’Inde vivent en majorité de petits métiers, 61 % de leur population active étant constituée de paysans, d’artisans et de commerçants indépendants (contre 55 % du côté hindou).

Cette faiblesse de leur statut socio-professionnel s’accompagne pour les Musulmans d’un niveau de vie très médiocre, la situation étant plus contrastée à la ville qu’à la campagne. En milieu urbain, la consommation moyenne par tête des Musulmans est de 800 roupies par mois quand celle des Hindous de haute caste s’établit à 1 469 roupies [4]. Corrélativement, si la proportion des Hindous de haute caste vivant sous le seuil de pauvreté n’était que de 8,7 % en 2004-2005, elle s’élevait à 21 % dans le cas des basses castes (officiellement appelées Other BackwardClasses – OBC), à 31 % dans celui des Musulmans, et à 35 % dans celui des Dalits et des Adivasis. 38,4 % des Musulmans des villes vivent sous le seuil de pauvreté (36,4 % des Dalits et des Adivasis urbains) [5]. Le chiffre de 38,4 % n’est toutefois qu’une moyenne nationale : en Uttar Pradesh il est de 44 %, au Bihar de 45 %, en Orissa de 48 %, au Maharashtra de 49 %, au Madhya Pradesh de 58 % et au Chattisgarh de 61 % [6].

Cette situation socio-économique dégradée s’explique par un retard croissant en termes d’éducation. Le taux d’alphabétisation des Musulmans était de 59,1 % en 2001, contre 52,2 % pour les Dalits, 63,4 % pour les OBC hindous et 65,1 % de moyenne nationale. La pratique de l’ourdou, langue de prédilection des Musulmans (y compris parfois dans le sud dravidien), représente aujourd’hui un handicap. Les meilleures écoles primaires utilisent en effet d’autres langues régionales, ou un hindi de plus en plus sanskritisé. En 2005, seuls 17 % des Musulmans âgés de 17 ans ou plus ont obtenu leur « Matriculation » (équivalent fonctionnel du baccalauréat), contre 26 % de moyenne nationale [7] ; seuls 3,6 % des musulmans sont diplômés d’une licence ( graduates), contre 6,7 % en moyenne [8]. Ils sont quasiment absents des formations d’excellence et n’ont d’ailleurs représenté que 3,2 % des recrutements de la haute fonction publique (où ils ne sont qu’une poignée) entre 2001 et 2006.

Différenciation interne d’une communauté

Tous les musulmans de l’Inde ne sont pas logés à la même enseigne : à l’instar du reste de la société, leur communauté est marquée par de forts clivages. La caste combine ici ses effets avec la classe pour structurer la société. Certes, à la différence de l’hindouisme, l’islam reconnaît l’égalité fondamentale des hommes et ignore l’opposition du pur et de l’impur : tous les Musulmans se retrouvent à la mosquée alors que les temples hindous sont réservés à telle ou telle caste. Mais la caste n’en est pas moins très présente en milieu musulman. C’est dans ce cadre, par exemple, que se réalisent les unions matrimoniales suivant le même principe endogamique que dans l’hindouisme. La hiérarchie des castes n’est pas fondée sur le rapport au pur et à l’impur, mais sur l’origine géographique : les descendants des Musulmans venus de l’étranger forment ainsi une catégorie supérieure, les Ashrafs, tandis que ceux qui se sont convertis à l’islam après sa diffusion sur le territoire indien constituent deux catégories inférieures, les Ajlafs (basses castes) et les Arzals (ex-intouchables). Ceux-ci occupent des niveaux inférieurs correspondant à ceux qui étaient les leurs avant leur conversion : il s’agit pour l’essentiel de shudras (castes inférieures constituées majoritairement de cultivateurs) et de Dalits hindous qui sont passés à l’islam pour échapper à leur condition. Mais ils ont été rattrapés par la logique du système et sont restés membres de castes de cultivateurs et d’artisans – c’est-à-dire, bien souvent, d’une plèbe corvéable à merci.

Les autorités indiennes n’ont jamais reconnu officiellement qu’il existait des intouchables musulmans et chrétiens. Cela les aurait obligés à faire bénéficier ces groupes des mesures de discrimination positive mise en œuvre pour les Dalits hindous, sikhs et bouddhistes. Les dirigeants craignaient que cette décision n’alimente le flux des conversions à l’islam et au christianisme. Or, pour nombre de leaders indiens, nationalistes hindous ou pas, le passage à l’islam et au christianisme est un signe de dénationalisation. Les Arzals ont ainsi été placés dans la même catégorie, celle des OBC, que les Ajlafs par les programmes de discrimination positive.

Les OBC musulmans forment 8,4 % de la population indienne d’après le rapport Mandal – qui, en 1978, a établi à 52 % le pourcentage des OBC en Inde [9]. Sur les 3 743 castes classées parmi les OBC, 82 sont donc de confession musulmane. D’après une enquête réalisée en 2004-2005 par le National Sample Survey (NSS), les Musulmans OBC représentent 40,7 % de leur communauté et leur taux d’alphabétisation est de 61,9 % contre 66 % pour les autres Musulmans et 65,7 % pour les OBC hindous. Mais les Musulmans non-OBC se situent bien derrière les OBC hindous pour ce qui concerne le niveau d’étude si l’on considère leur place dans l’enseignement secondaire et supérieur :


Place des musulmans et des OBC hindous dans l’enseignement secondaire et supérieur (en % des personnes ayant six ans et plus)


Source : NSS 61st round (2004-2005).

Si la place des Musulmans dans le secteur public est faible, elle est littéralement négligeable si l’on ne considère que les OBC parmi eux. La part des Musulmans OBC vivant sous le seuil de pauvreté s’établit dix points au-dessus de la moyenne nationale, à 38 %, contre 35 % pour les autres Musulmans et seulement 27 % pour les Hindous OBC.

De la qasbah au ghetto ?

Anciens dominants, les Musulmans ont, dans bien des villes, occupé les quartiers centraux, ceux de la qasbah où siégeait le pouvoir administratif et où se trouvait le bazar [10]. La mixité y fut souvent la règle, même si les villes indiennes, comme les villages, opèrent facilement une ségrégation de l’espace suivant les critères de caste et de religion [11]. La partition de 1947 a marqué un premier tournant en vidant certains quartiers de leur population musulmane. Certaines villes n’en conservent pas moins une importante population musulmane, un petit nombre d’entre elles restant même majoritairement musulmane. Mais deux tendances récentes contribuent à remettre en cause le rôle central historiquement joué par les Musulmans dans de nombreuses villes de l’Inde.

La première est liée à la multiplication des émeutes intercommunautaires qui travaillent l’Inde depuis les années 1980. À l’instar du pogrome de 2002 au Gujarat qui a fait environ 2 000 victimes musulmanes [12], ces violences ont pour effet de chasser une partie des Musulmans à la périphérie des villes, où ils se retrouvent de manière durable dans des camps de réfugiés, comme à Ahmedabad. Les émeutes ont d’ailleurs parfois pour objectif de provoquer un tel exode de manière à récupérer des espaces convoités par la majorité hindoue ou par des promoteurs de toute confession.

La deuxième tendance est celle d’une discrimination croissante sur le marché immobilier. Trouver un logement dans des zones dites mixtes est devenu très difficile, y compris pour les Musulmans de la classe moyenne. Cette évolution traduit la montée d’une forme de xénophobie nouvelle au sein de la classe moyenne hindoue.

D’où la disparition progressive des zones où cohabitent hindous et musulmans. Ces derniers sont de plus en plus contraints de se replier sur des quartiers homogènes de taille parfois impressionnante, qui ne bénéficient plus de la même attention que les autres de la part de l’État et sont perçus comme des « Pakistan en miniature » : ainsi, à Ahmedabad, Juhapura est mieux connu sous le nom de Little Pakistan ! La notion de « ghetto musulman » qui en découle ne désigne pas un bidonville – même si la majorité des habitants est pauvre – mais une enclave qui se définit moins par le niveau de vie des résidents que par leur religion. Ces lieux, déjà sous l’emprise de mafias musulmanes, ont été le cadre d’une radicalisation de la jeunesse ; certains sont devenus le terrain de jeu de prédilection de groupes islamistes (dont la Jama’at-e-islami) qui y cultivent une véritable stratégie de la bienfaisance en assurant non seulement la sécurité des Musulmans de manière plus ou moins musclée, mais aussi certains services sociaux (dispensaires, écoles coraniques, etc.), en plus de la construction de mosquées.

De la violence intercommunautaire au terrorisme

Après le Pakistan et l’Afghanistan, l’Inde est le pays le plus touché par le terrorisme islamiste depuis le milieu des années 2000. Bombay, Delhi, Ahmedabad, Jaipur, Hyderabad, Bangalore ou encore Bénarès et Jammu, ont été victimes d’attentats au moins une fois – et souvent deux – au cours des cinq dernières années. Dans certaines attaques, comme à Bombay en 2006 et en 2008, les victimes se comptaient par centaines. Depuis 2001, l’Inde aurait enregistré près d’un millier de victimes du terrorisme islamiste.

Les attentats des années 2001-2006 n’étaient généralement pas revendiqués. Lorsque les responsables étaient identifiés, on pouvait constater qu’ils étaient liés à des groupes islamistes basés au Pakistan ( Lashkar e Taïba, Jaish e Mohammed, etc.) – ce qui ne leur interdisait pas de s’appuyer sur des relais locaux. À partir du milieu des années 2000, ces relais sont de plus en plus systématiquement venus d’un syndicat étudiant musulman, le SIMI, interdit dès 2001 pour son soutien à Al Qaïda, mais qui poursuivait ses activités dans la clandestinité.

En 2007-2008, les attentats les plus significatifs jusqu’à l’attaque du 26 novembre 2008 à Bombay, ont été revendiqués par un nouveau mouvement, Indian Mujahideen, dont la matrice n’était autre que le SIMI. Si les groupes pakistanais jouaient encore un rôle auprès de ces islamistes indiens, ces derniers étaient devenus plus autonomes et justifiaient d’ailleurs leurs actions en invoquant les crimes du Gujarat. Le fait que ceux-ci soient restés impunis, comme d’ailleurs la plupart des exactions dont les Musulmans ont été victimes au cours des vingt dernières années [13], a certainement renforcé la défiance de la jeunesse musulmane radicale vis-à-vis des institutions de la démocratie indienne. Trois tribunaux de l’Uttar Pradesh ont d’ailleurs été la cible des poseurs de bombe d’Indian Mujahideen en 2007. Il faut ajouter que l’impunité dont jouissent les émeutiers hindous contraste avec le traitement infligé à la communauté musulmane dont la jeunesse fait l’objet de rafles après chaque attentat, même lorsqu’il vise des sites islamiques (comme à Ajmer et à Hyderabad). Les prévenus peuvent alors croupir des mois ou des années en prison (comme dans le cas des accusés de l’attentat de Godhra qui ont passé sept ans en détention provisoire en vertu d’une loi anti-terroriste.

Le recours au terrorisme par de jeunes musulmans indiens peut être éclairé à la fois par un contexte sociologique pénalisant et un fort désir de vengeance. Il plonge toutefois aussi ses racines dans la marginalisation croissante des Musulmans sur la scène politique.

Les Musulmans dans la vie politique

Après la Partition de 1947, les Musulmans de l’Inde ont adopté un profil bas qui les a amenés à renoncer à tout parti politique (sauf au Kerala où la Ligue musulmane est restée active) et à soutenir le parti dominant, le Congrès, qui ne les a pas mal traités ; Nehru a ainsi fait en sorte, au nom d’un multiculturalisme discutable, que la Shariat reste source de droit et que l’Ourdou soit défendu. L’Etat-Congrès, qui maintint son emprise sur la société indienne jusqu’aux années 1990, tendait toutefois à utiliser les Musulmans comme une « banque de votes », menaçant de retirer sa protection s’ils ne lui prêtaient pas assez allégeance (notamment lors des élections). Le Congrès s’appuyait en outre sur des notables traditionnels, y compris des Mollahs, comme relais de son autorité.

Ce lien privilégié unissant les Musulmans au Congrès s’est délité dans les années 1980-1990, lors de la montée en puissance du BJP qui a fait vaciller le sécularisme d’un parti de moins en moins dominant. En 1989, Rajiv Gandhi, Premier ministre sortant, fit campagne sur un ton très favorable aux hindous et en 1992, Narasimha Rao, aux affaires depuis 1991, laissa détruire la mosquée d’Ayodhya, ce qui constitua un véritable tournant. « L’affaire d’Ayodhya » remonte en fait au milieu des années 1980, lorsque les nationalistes hindous ont revendiqué la restitution d’un site dans cette ville d’Uttar Pradesh sur lequel le premier des Grands Moghols avait fait construire une mosquée au xvie siècle. Pour eux, ce site était le lieu de naissance du Dieu Ram sur lequel ils voulaient (re)construire un temple qui, prétendaient-ils, avait été démoli par les « envahisseurs » musulmans mais dont il n’existe aucune preuve archéologique. En 1989, le BJP a fait campagne sur ce thème et remporté – en partie grâce à cela – un beau succès électoral puisqu’il est passé de deux sièges en 1984 à 88 en 1989. Trois ans plus tard, les militants nationalistes ont pris d’assaut ce lieu saint et l’ont rasé sans rencontrer de résistance de la part du gouvernement congressiste de New Delhi. Les électeurs Musulmans se sont alors détournés du Congrès – et réciproquement. Cette évolution est allée de pair avec une diminution du nombre de députés musulmans :


Les musulmans à la Chambre basse du parlement (Lok Sabha)


Source : Z. Hasan, Politics of inclusion. Castes, Minorities and Affirmative Action, Delhi, Oxford University Press, 2008, p. 257.

Les Musulmans continuent à voter pour le Congrès là où il est le seul capable de faire barrage au BJP. C’est ainsi que 82 % d’entre eux lui ont apporté leurs suffrages au Rajasthan lors des élections régionales de 2008 [14]. Mais partout ailleurs, ils ont jeté leur dévolu sur d’autres formations politiques, principalement celles représentant les basses castes.

S’allier avec les castes inférieures pour sortir de l’isolement ?

Aujourd’hui, l’intégration des Musulmans au système politique indien passe de plus en plus par la caste, la « plèbe » des Musulmans de rang inférieur ayant commencé à s’organiser et les partis de basses castes s’ouvrant à eux.

En 1994, un jeune médecin de Patna, Ejaz Ali, crée la AIBMM ( All India Backward Muslim Morcha, le front des Musulmans arriérés de l’Inde). Au début des années 2000, l’AIBMM fédérait une quarantaine d’organisations de Musulmans de basse caste et comptait des branches dans sept États : Bihar, Uttar Pradesh, Madhya Pradesh, Delhi, Rajasthan, Maharashra et Bengale occidental. L’objectif premier du mouvement est de faire reconnaître aux Arzals le statut de Scheduled Castes pour qu’ils bénéficient de tous les programmes de la discrimination positive à l’indienne : des quotas, non pas seulement dans l’administration, mais aussi dans le système éducatif et dans les assemblées élues [15].

Dans le même temps, les partis de basse caste se sont rapprochés de ces musulmans dont le statut et le niveau économique étaient comparables à ceux de leur base sociale. La légère remontée du nombre des députés musulmans, observable en 1999 et en 2004, ne s’explique d’ailleurs que par leur essor. En 2004, le parti OBC qu’est le SP (et à un moindre degré le RJD) et le parti dalit qu’est le BSP ont donné leur investiture à respectivement 38 et 52 candidats musulmans, contre 30 du côté du Congrès – et ils en ont fait élire 14 (si on compte le RJD), contre 10 du côté du Congrès.

Les élections de mai 2009 sont susceptibles d’accentuer cette évolution si le BSP poursuit son ascension en Uttar Pradesh. S’il venait à se poser en arbitre entre le Congrès et le BJP, il pourrait bien prendre fait et cause pour les Musulmans de basse caste et imposer, par exemple, une nouvelle politique de discrimination positive en leur faveur – suivant en cela les recommandations du Comité Sachar. Ce serait un signe de plus que la caste est plus forte que la religion.



1 / Or le taux de croissance démographique des musulmans reste supérieur à la moyenne nationale – 2,95 % en 2001 contre 1,99 % pour les hindous – ce qui devrait porter cette minorité à 320 millions d’âmes (sur 1,7 milliards d’Indiens) d’ici la fin du siècle
2 / Voir, sur cette trajectoire, Mushirul Hasan, Legacy of a divided nation. India’s Muslims since independence, Londres, Hurst, 1996
3 / Social, Economic and Educational Status of the Muslim Community of India – A Report , Prime Minister’s High Level Committee Cabinet Secretariat, Government of India, nov. 2006, p. 165
4 / Ibid ., p. 153
5 / Ibid ., p. 157
6 / Ibid ., p. 159
7 / Ibid ., p. 60
8 / Ibid. , p. 64
9 / Ce pourcentage est, en fait, celui des OBC d’une confession autre que l’hindouisme. En pratique, il s’agit presque exclusivement de musulmans
10 / Voir C.A. Bayly, Rulers, townsmen and bazaars , Delhi, Oxford University Press, 1992
11 / Pour une présentation rapide de cette logique voir le chapitre « Villes » dans S. Khilnani, L’idée de l’Inde , Fayard, 2005
12 / Voir C. Jaffrelot, « Cinq années amères dans la démocratie indienne. Après les pogromes du Gujarat », Esprit , juillet 2007, pp. 53-66
13 / La ville de Bhagalpur (Bihar) a ainsi été le cadre d’une émeute ayant fait un millier de victimes côté musulmans en 1989, mais une poignée de coupables seulement est allée derrière les barreaux
14 / S. Lodha, “Rajasthan : dissatisfaction and poor campaign defeat BJP”, Economic and political weekly , 7 février 2009, p. 25
15 / Voir l’interview de Ejaz Ali dans S. Ubaidur Rahman, Understanding the Muslim leadership in India , New Delhi, Global Media Publications, 2004, pp.71-74



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