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Au-delà du marché. Les nouvelles voies de la démarchandisation

Bernard Perret Les petits matins, 2015, 104 p., 10€

Un petit livre de moins de 100 pages. Mais quelle force de suggestion et de provocation au service d’une thèse : celle de la démarchandisation de nos sociétés ! Le mouvement est en cours. Il inverse le processus autrefois analysé par Polanyi de l’absorption progressive de toute activité sociale par le marché. Le social reconquiert pas à pas son autonomie dans des échanges jugés moins à leur valeur monétaire qu’à leur utilité immatérielle et relationnelle. Un « désenchantement de la consommation » finement analysé dans ses grandes manifestations, allant de l’économie sociale et solidaire à l’économie collaborative (Airbnb, Blablacar, etc.) en passant par l’économie circulaire (recyclage des biens usagés), l’économie de la fonctionnalité (le service de l’objet plutôt que sa possession : Vélib’,… ) ou encore la responsabilité sociale de l’entreprise et l’investissement socialement responsable.

L’amplification suppose la mise en œuvre de politiques adaptées au service d’une société post-croissance. Des pistes originales sont explorées par l’auteur qui insiste, entre autres, sur l’urgence de développer, à la faveur du temps libéré dans le travail, une « action publique collaborative » déjà expérimentée par le service civique et l’action majeure des associations dans la gestion du « commun ».

Une certitude porte cet ouvrage, stimulant de bout en bout : « Faute de croissance, la volonté de faire société devra trouver d’autres fondements que la promesse d’une prospérité partagée ». D’où l’urgence des alternatives ici explorées.

Jacques Le Goff
16 octobre 2015
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