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« Lesbienne », la reconquête d’un mot Contre-pouvoirs

Malgré sa bannière célébrant la fierté LGBT+, Google mettait en avant des résultats peu soucieux des internautes lesbiennes. Capture d’écran, 10 juin 2019.
Malgré sa bannière célébrant la fierté LGBT+, Google mettait en avant des résultats peu soucieux des internautes lesbiennes. Capture d’écran, 10 juin 2019.

Jusqu’à l’année dernière, taper le mot « lesbienne » dans Google renvoyait vers des sites pornographiques. Mais un petit collectif de militantes et d’expertes en référencement a fait plier le géant.


Les algorithmes des moteurs de recherche – ces formules mathématiques qui hiérarchisent les résultats – ne sont pas neutres. Ils sont le reflet d’une politique qui oriente la façon dont les internautes s’informent. Ainsi, sans que personne ne s’en émeuve pendant des dizaines d’années, un mot ne comportant pas explicitement de connotation sexuelle a été capté, privatisé par l’industrie pornographique. Jusqu’au 18 juillet 2019, taper le mot « lesbienne » sur Google ne renvoyait ni sur la définition, ni sur des articles ou des associations LGBT + : on ne trouvait que des sites pornographiques, qui profitaient d’une formule algorithmique mal calibrée pour apparaître en premier. Le site wikipedia.org n’arrivait qu’en onzième page de résultats ! Avec quels effets sur des adolescentes en quête d’informations ? Convaincue qu’en changeant le référencement, on pourrait donner accès à des contenus pour éclairer les jeunes sur le chemin de leur identité, en avril 2019, je m’insurge sur mon compte Twitter avec le hashtag #SEOlesbienne. Et ce petit tweet, remarqué par une journaliste, a provoqué un emballement médiatique inattendu.

Ma femme et moi avons alors organisé un événement avec un mot d’ordre : « Hackons le référencement du mot “lesbienne” ! » Le collectif SEOlesbienne, mélange d’expertes en référencement et de lesbiennes, était né. Il a fallu créer une identité visuelle, se mettre d’accord sur un langage clair et commun, définir des objectifs à moyen et long terme. La cyberaction suppose la capacité à susciter un engouement autour d’une idée et, pour ça, il faut structurer son propos.

Croire que les résultats de Google sont neutres souligne une ignorance totale du biais algorithmique, une notion pourtant essentielle à la compréhension de notre m

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