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Nour Allazkani, 
dans les locaux du Jesuit Refugee Service.
© Martin Monti-Lalaubie
Nour Allazkani, dans les locaux du Jesuit Refugee Service. © Martin Monti-Lalaubie

«  L’engagement m’a appris à être moi-même  » Figure inspirante


La Revue Projet vous emmène à la rencontre d’une figure inspirante. Quels sont ses points d’appui, qu’est-ce qui la fait tenir dans ses engagements aujourd’hui ? Nour Allazkani, Syrien exilé en France, est à l’initiative d’une plateforme numérique qui accompagne les réfugiés dans leur parcours d’intégration.


Vous vous présentez comme un réfugié « privilégié »…

Comme beaucoup, ma première année a été très difficile : j’étais complètement perdu… Je découvrais une nouvelle culture, de nouveaux codes, je remettais mon identité en question tout en me demandant si j’allais pouvoir rester ici. Mais, avec du recul, je pense être parvenu à m’adapter plus rapidement qu’un certain nombre d’autres exilés. Et ceci d’abord grâce à ma tante, qui m’a accueilli chez elle dès mon arrivée. Elle m’a aidé à construire mon premier réseau en m’emmenant à des manifestations syriennes. Je suis informaticien et lorsque je me présentais comme tel lors de ces rassemblements, on me demandait souvent de l’aide. Des liens se sont ainsi construits, me conduisant à me déplacer, à aller chez des gens. Ces petits boulots, même si ce n’était pas grand-chose, m’ont permis d’être indépendant financièrement. Et puis, j’ai grandi à Damas : même si, ici, certains codes sociaux sont compliqués, j’ai eu moins de difficultés que d’autres.

Qu’est-ce qui vous a poussé à venir en France ?

Ce n’était pas mon projet au départ. Nous avons fui la Syrie pour le Liban avec ma famille en mars 2013. J’ai passé une semaine en prison pour avoir filmé et diffusé des manifestations contre le régime. Cet événement a fait remonter un passé de violences : mon père a passé dix ans en prison pour ses opinions politiques, ma tante quatre ans, l’un de mes oncles a été tué pour les mêmes raisons. On n’en parlait pas entre nous ! Mes parents n’ont pas supporté mon arrestation et cela nous a poussés à fuir. Arrivé à Beyrouth sans équivalence de diplôme, faire des études était très compliqué. Ma tante, qui résidait en France, a alors déposé pour moi une demande de visa en vue de l’obtention du statut de réfugié. Celle-ci a été accept�

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1 réactions pour « «  L’engagement m’a appris à être moi-même  » »

Al-manajrah Wafaa
14 December 2019

Good to hear from you Nour.
I am really proud of you and I hope you all the best.
We met one day and i Hope to see you again.

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