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Nouméa, Nouvelle-Calédonie (c)Thomas Cuelh/Flickr/CC by 2.0
Nouméa, Nouvelle-Calédonie (c)Thomas Cuelh/Flickr/CC by 2.0

Retour sur la question foncière en Nouvelle-Calédonie


En mai 2019, la Nouvelle-Calédonie renouvellera son congrès. Si un tiers des membres de ce dernier le demande, un nouveau referendum pourra avoir lieu sur la question de l’indépendance. L’occasion de revenir, avec l’anthropologue Michel Naepels, sur les enjeux fonciers de cette collectivité d’outre-mer à statut particulier, à partir d’un entretien mené par Ariane Richardot et Coline Sauzion.

La France a pris possession de la Nouvelle-Calédonie, plus exactement de la Grande Terre, au début du Second Empire, le 24 septembre 1853. La première grande étape de la colonisation a consisté à faire de la Nouvelle-Calédonie la seconde colonie pénitentiaire française. Le taux de mortalité au bagne de Guyane était extraordinairement élevé et l’administration française cherchait d’autres espaces. Le bagne calédonien est créé en 1863. Le projet colonial se renforce ensuite à la fin du XIXe siècle, avec le développement d’une colonisation rurale, car ce territoire comprend des espaces propices à la culture et à l’exploitation agricole. Les Français ont bien sûr conscience qu’il y a des Kanaks habitant et cultivant la terre. L’horticulture des sociétés kanakes précoloniales était très développée autour de la culture des ignames et du taro. Cette dernière se fait pour partie sur des « tarodières » irriguées en terrasses. Des réalisations remarquables, comparables (avec des variantes techniques) à ce que l’on connaît en Asie du Sud-Est ou en Amérique latine. Quant aux ignames, elles sont cultivées dans des billons : des levées de terre en forme de croissant, permettant à l’eau de s’écouler de part et d’autre de la pente. On passe ainsi progressivement d’un projet de colonisation « pénale rurale » à un projet de colonisation « libre rurale ».

Une prise de possession de l’espace

Un appareil juridique est mis en place pour prendre possession de l’espace. En 1855, une première décision consiste à réserver 10 % des terres aux Kanaks, ouvrant ainsi la possibilité d’une spoliation des 90 % restant. Interviennent alors deux grands mouvements de délimitation des terres pour la colonisation. Le premier vise à réglementer précisément quelles terres sont utilisées effectivement par les villages k

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1 réactions pour « Retour sur la question foncière en Nouvelle-Calédonie »

mathieu bordelet
08 February 2019

Très intéressant !

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