Logo du site

[VIDÉO] Le community organizing : théorie du changement et pouvoir collectif

Jean-Michel Knutsen
Acteur de terrain

Le « community organizing » encourage les citoyens à s’organiser pour faire changer les choses autour d’eux. Né dans les années 1930 à Chicago sous l’impulsion de Saul Alinsky, cette méthode suscite aujourd’hui un certain engouement en France. Jean-Michel Knutsen, fondateur de « Organisez-vous ! », rentre tout juste d’Angleterre...

Le pouvoir d’agir à la rescousse

Yann Le Bossé
Chercheur

Entretien – Après le temps de la « participation », voici venu celui du « pouvoir d’agir ». Comment remettre les personnes en mouvement et leur faire prendre conscience qu’elles peuvent impulser le changement ? Entretien Après le temps de la participation voici venu celui du pouvoir d'agir Comment remettre les personnes en mouvement et...

De l’art de médiatiser sa cause

Manuel Domergue
Acteur de terrain

Entretien - Comme Act up contre le sida, ils n’étaient qu’une poignée, mais ils ont réussi à déplacer des montagnes. Génération précaire pour le statut des stagiaires, Jeudi-Noir contre l’explosion des prix du logement. Une nouvelle militance ? Retour sur le « modus operandi », les débats internes et la portée de ces collectifs ci...

Brésil : la fabrique du sujet-citoyen

Ludovic de Lalaubie
Droit de cité

Le Brésil a développé une forte tradition d'éducation populaire Les mouvements sociaux et citoyens y sont nombreux impliquant des populations marginalisées Dans la période post dictatoriale des années 1980 ces mouvements ont accompagné la population dans un renouveau démocratique Simultanément le pays a été fortement marqué par le né...

Rencontrer les habitants, un défi pour les élus

Étienne Desjonquères
Responsable politique

Pour redynamiser la démocratie, la ville d’Amiens a pendant six ans expérimenté la participation des habitants. É. Desjonquères, alors premier adjoint au maire, en charge de la démocratie locale, nous raconte cette aventure, qui s’est malheureusement terminée en 2014, quand une nouvelle équipe s’est installée à la mairie. Pour redyn...

Quand la loi fait participer les plus précaires

Marion Drouault et Sylvie Hanocq
Droit de cité

Associer les personnes à la conception, la mise en œuvre et l’évaluation des politiques publiques dont elles sont destinataires permet de mieux adapter ces politiques à leurs besoins et de leur donner une place en tant qu’acteurs de leur parcours d’insertion. L’Agence nouvelle des solidarités actives peut en témoigner. Mais à quelles...

La démocratie des citoyens agissants

Yannick Blanc
Acteur de terrain

Depuis les années 1970, le pouvoir politique n’a cessé de faire évoluer les dispositifs de consultation et de participation des citoyens, dans l’espoir de pallier les infirmités du système représentatif et la désaffection des électeurs. Pour Yannick Blanc, le renouveau de la vitalité démocratique se situe davantage du côté de la rec...

Conseils citoyens ou tables de quartier ?

Bénédicte Madelin
Acteur de terrain

Le pouvoir peut-il être octroyé par décret ou doit-il se conquérir par la mobilisation ? Quels sont les moteurs de la participation citoyenne et les conditions requises ? L’expérience comparée des conseils citoyens et des tables de quartier, depuis trois ans, est riche d’enseignements. Le pouvoir peut il être octroyé par décret ou doit...

Des paniers de légumes accessibles à tous

Cyril Bredèche et Jacques Duffaut
Droit de cité

Pour sortir d’une logique distributive attentatoire à leur dignité, le Secours Catholique - Caritas France incite les personnes en difficulté financière à s’impliquer dans des projets où leurs envies et leurs choix alimentaires comptent. Reportage en Corrèze. Pour sortir d'une logique distributive attentatoire à leur dignité le Secours...

Quand des citoyens se réapproprient leur quartier

Frédéric Gilli
Acteur de terrain

La démocratie participative est souvent en butte aux critiques elle serait captée par des groupes de citoyens actifs peu représentatifs de la diversité des populations moins légitimes que les élus défendant une conception particulière de l'intérêt général Censées permettre des projets plus partagés par les habitants les concertations...

Participation : trajectoire d’une dépolitisation

Guillaume Gourgues
Chercheur

À force d’être pensée de haut en bas, codifiée dans des dispositifs, la participation peine à trouver son public. Et la démocratie participative s’en voit peu à peu vidée de ses ambitions politiques pour ne devenir qu’un outil à la disposition des gouvernants. Que l’on entretient parce qu’il le faut bien. À force d'être pensée...

S’appuyer sur les forces et non combler les manques

Isolde Houziaux
Droit de cité

La participation ne s’obtient pas par injonction. Face à des procédures administratives qui ne laissent pas la place à la parole, les personnes en précarité de logement oscillent entre insécurité et dépendance. Comme si elles n’étaient pas capables de construire elles-mêmes leur place dans la société ! La participation ne s'obtient ...

« Participer » pour secouer le pouvoir

Aurore Chaillou
L'équipe de rédaction

Enfin nous avions le droit de donner notre avis Enfin nous étions des êtres humains à part entière Gilberte Brossolette femme politique et résistante se remémore ainsi le 29 avril 1945 ce jour où les femmes françaises purent voter pour la première fois Aujourd'hui le droit de vote n'est plus synonyme ni de reconnaissance des individus ni ...

Quand le « community organizing » arrive en France

Julien Talpin
Chercheur

Les déçus des dispositifs de concertation se tournent désormais de plus en plus vers le « community organizing ». Cette pratique née outre-Atlantique, théorisée par S. Alinsky, vise l’émancipation des classes populaires, selon des méthodes éprouvées. Quelles en sont les filiations ? La nouveauté ? La portée dans le contexte françai...

Pourquoi partager le pouvoir ?

Jean Caron
Question de sens

On voit souvent le pouvoir comme un jeu à somme nulle. Ce qui serait cédé ou conquis le serait forcément au détriment d’un autre. D’où bien des réticences à le partager. Mais est-il réellement entamé par la participation ? Le pouvoir collectif ne s’en trouve-t-il pas, au contraire, accru ? On voit souvent le pouvoir comme un jeu à ...

Des préoccupations quotidiennes à l’intérêt général

Hélène Balazard
Chercheur

Intérêts particuliers et intérêt général ne sont pas forcément contradictoires. Au contraire. En s’engageant pour une cause locale, on peut découvrir le goût du faire ensemble, la satisfaction des luttes remportées à plusieurs et être pris de l’envie d’explorer des horizons plus vastes. Intérêts particuliers et intérêt génér...

Qui a peur de la participation ?

Marie-Hélène Bacqué, Emmanuel Bodinier et Véronique Fayet
Acteur de terrain

Comment dépasser les injonctions à la participation ? Pourquoi est-il si difficile de prendre en compte l’apport de chacun à la vie de la cité ? Quelles dynamiques sont à l’œuvre ? Regards croisés entre le monde associatif et le monde de la recherche. Comment dépasser les injonctions à la participation Pourquoi est il si difficile de p...

Manifestation contre la privatisation de l'hôpital d'Angoulême, 2005 (c) Pierre-Alain Dorange
Manifestation contre la privatisation de l'hôpital d'Angoulême, 2005 (c) Pierre-Alain Dorange

Des préoccupations quotidiennes à l’intérêt général


Intérêts particuliers et intérêt général ne sont pas forcément contradictoires. Au contraire. En s’engageant pour une cause locale, on peut découvrir le goût du faire ensemble, la satisfaction des luttes remportées à plusieurs et être pris de l’envie d’explorer des horizons plus vastes.

En France, l’idéal démocratique de la participation de tous, qui s’impose de plus en plus, s’oppose à l’idéal de l’égalité de tous, hérité de la Révolution française. L’idéal d’égalité des droits s’était alors traduit par l’interdiction de toutes les associations, groupes de pression et autres corporations, qui viendraient parasiter la formation de l’intérêt général, en rendant certains citoyens plus influents que d’autres. L’intérêt général devrait notamment être atteignable grâce au progrès de la science et à son objectivité supposée. L’élite scientifique et administrative forme alors une technocratie, à la fois progressiste et paternaliste, qui a souvent tendance à rendre les citoyens passifs et à inhiber des mises en mouvement. Elle monopolise la formulation du commun et délégitime la participation citoyenne.

Pourtant, dans les faits, les processus de prise de décision sont très inégalitaires, comme l’illustrent le rôle du lobbying des grandes entreprises dans les décisions publiques ou les discriminations liées aux origines, à la religion, à l’âge, aux niveaux d’études, etc. Devenu central, l’impératif participatif vient interroger un modèle très centralisé et pyramidal. Mais cette injonction se heurte à des écueils, qui illustrent un héritage toujours très présent : la recherche théorique du citoyen ordinaire et l’idée que l’intérêt général, si tant est qu’il existe, devrait être la porte d’entrée de la participation politique. Finalement, les mobilisations citoyennes sont parfois disqualifiées au nom de l’intérêt général, quand, paradoxalement le lobbying des entreprises ne l’est presque jamais.

Partir du monde tel qu’il est

Un détour par le pragmatisme anglo-saxon nous apprend que l’on peut commencer par se préoccuper uniquement de ses intérêts pe

Cet article est réservé aux abonné.e.s

vous pouvez l'acheter à l'unité ou par Dossier
Pour accéder à cet article :

Déjà abonné.e ?

M'identifier

Revue-Projet.com offre l'accès gratuit aux articles de moins de 2 mois ou plus de 4 ans.

Vous devez être connecté pour commenter cet article

4 réactions pour « Des préoccupations quotidiennes à l’intérêt général »

Hervé Bry
14 May 2018

La reconstruction du "commun" à partir de communautés existantes est, d'une certaine manière, ce que décrit Rod Dreher dans son livre "comment rester chrétien dans un monde qui ne l'est plus" : fonder de petites communautés solides et bien formées aux questions de foi et de doctrine sociale chrétienne, afin de devenir les noyaux d'une reconstruction de la société alors que celle-ci se morcelle en individualismes et communautarismes ne cherchant au mieux qu'un intérêt à peine général, et certainement pas le bien commun. Tout à fait d'accord avec l'article lorsque l'accent est mis sur la question de l'éducation. La difficulté étant que plus personne aujourd'hui ne sait faire la différence entre "intérêt général" et "bien commun", et que même l'intérêt général, qui est une façon de trouver un équilibre entre des tensions égoïstes, est mis au rebut par une grand nombre de personnes (individus à tous les niveaux de responsabilité) qui, sans en avoir toujours conscience, se comportent comme des prédateurs du système et de la société elle-même.

Hervé Bry
14 May 2018

Il y a quelque chose de gênant à parler de luttes et d'intérêt général. Le langage est martial, alors que l'évangile nous parle d'amour. Travailler au bien de tous, construire localement par amour, utiliser à plein nos espaces de responsabilité, de liberté, cela s'appelle participer au bien commun. Saint Paul nous dit que l'amour ne cherche pas son intérêt. L'enseignement social chrétien n'est pas moins exigeant, mais me paraît plus pacifique dans l'esprit, que le ton de cet article, très intéressant au demeurant.

Jean Merckaert
24 April 2018

Cher lecteur,
En effet, les ONG font elles aussi du lobbying et ne s'en cachent pas. Un lobbying citoyen que l'on nomme "plaidoyer". Je vous invite à lire à ce sujet l'article "Plaidoyer pour le plaidoyer", de Jean Merckaert, paru dans notre numéro "Monde cherche citoyens". Bonne lecture.

Jean-Louis PY
21 April 2018

"Lobbying"... toujours ou presque associé à Entreprises. Il n'y a pas que les entreprises qui font du lobbying. Toutes les ONG font du lobbying, tous les groupes de pensée de l'Eglise catholique au CRIF, les mouvements LGBT, ou la franc-maçonnerie. Qu'est ce que le lobbying ? Au sens étymologique c'est se poster dans un lobby, un salon, pour exposer à un décideur (ou un législateur qui décide du contenu de la loi) des arguments en faveur ou défaveur de telle ou telle position. La complexité du monde est telle que LA Vérité n'existe pas et que, donc, personne ne peut s'en prétendre dépositaire. Il est donc utile au décideur de connaitre la vérité de l'un, de l'autre et... des autres. Ce lobbying va des rencontres plus ou moins discrètes en tête à tête, jusqu'aux dîners en ville et aux inaugurations de chrysanthèmes. Et ceux qui dénoncent le lobbying n'en sont souvent pas les acteurs les moins actifs.

* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules