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« Les générations futures… c’est vous »

© Courambel
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Entretien – Pour le philosophe Dominique Bourg, nous n’éviterons pas la catastrophe écologique. Il est donc urgent de se préparer à l’affronter. À cet égard, les spiritualités offrent de vraies ressources pour résister.


Face aux enjeux environnementaux, la démarche spirituelle est-elle un simple palliatif, un engagement en désespoir de cause ?

Dominique Bourg – Nous avons besoin d’un véritable sursaut spirituel pour affronter ces enjeux. Mais ce qui nous arrive est aussi un défi à la spiritualité, un défi énorme pour la production de sens. Je souhaiterais d’abord revenir sur quelques définitions. Il est difficile de définir la religion. Elle désigne, pour moi, un ensemble de croyances socialement partagées et socialement organisées, inséparables de certaines institutions et faisant le lien avec des entités invisibles. La spiritualité, si elle en est une des composantes, est très différente. C’est un idéal d’accomplissement humain qui n’est pas nécessairement socialement partagé, ni nécessairement lié à des institutions ou à l’invisible. On peut très bien avoir une spiritualité totalement laïque et athée. C’est une conception de ce qu’est accomplir sa propre humanité. Dans la Grèce ancienne, accomplir son humanité, c’est se glorifier sur le champ de bataille, pour que son nom ne soit pas oublié. Dans une perspective plus aristotélicienne, accomplir son humanité, c’est exercer sa raison spéculative par les sciences et la philosophie, c’est exercer sa raison pratique par la participation à la vie de la Cité, mettre en forme sa sensibilité par les arts. De son côté, le christianisme apporte une spiritualité liée au salut, avec tous ses paradoxes. On se souvient de la façon dont Max Weber décrivait le monastère comme la première société rationnelle (une société, selon le modèle donné par Jésus, d’un petit groupe fondé sur une volonté), instituant un ensemble de moyens conçus en vue d’une seule fin : le salut de l’individu.

La rupture a été introduite par les guerres de religions : elles ont fini par nous convaincre que nous n’étions plus capables de nous entendre socialement sur un bien commun, ce qui était jusque-là une évidence. Avec ces guerres, la preuve était établie que nous n’étions plus en mesure de nous entendre sur l’identité et les voies du salut, que c’était là un sujet d’oppositions violentes et qu’il fallait, dès lors, organiser la société en dehors de la perception spéculative d’un bien commun. Le seul bien commun que l’on a reconnu par la suite – et qui est aussi l’une des origines de notre civilisation – est l’enrichissement matériel. En caricaturant un peu, l’idéal d’accomplissement de l’homme occidental, c’est de remplir son chariot de supermarché et d’épaissir son portefeuille boursier. Un idéal très bien organisé socialement ! Ce fut la promesse du capitalisme : faire croire qu’il n’y a d’autres moyens de satisfaire notre besoin d’infini que par la consommation. Voilà la spiritualité dominante, celle de l’homme occidental, même si personne ne la reconnaît comme spiritualité. Elle est inavouée. C’est d’ailleurs ce qui fait sa force, et cela nous mène à la ruine.

Aujourd’hui, 67 personnes disposent, en termes de revenus annuels, de la totalité de la richesse de 3,5 milliards d’humains. Concernant les enjeux environnementaux, nous avons perturbé tous les grands cycles biochimiques (celui de l’azote, du carbone, de l’eau, du soufre, du phosphore…). Si l’on s’en tient au changement climatique, sauf à limiter drastiquement les émissions de gaz à effet de serre dès les toutes prochaines années, les températures moyennes s’élèveront, à la fin de ce siècle, d’au moins 2°C par rapport à l’époque préindustrielle ; et elles continueront à augmenter le siècle suivant. Et ce dans un contexte d’épuisement général des ressources et d’effondrement de la biodiversité : selon l’Indice planète vivante, le nombre de mammifères, d’oiseaux, de reptiles, d’amphibiens et de poissons sur terre a diminué de moitié entre 1970 et 2010.

C’est donc que notre « spiritualité » n’a tenu ses promesses ni  physiquement, ni psychologiquement ! Car la consommation est une forme de leurre : elle nous atrophie. Le consumérisme, cette réponse à nos angoisses de mort, se développe au détriment d’autres potentialités humaines. Il y a bien quelques résistants, comme les nomades de la mer dans le Pacifique (les Moklen et les Moken) ou les Kogi de Colombie. Pour les nomades de la mer, l’argent déshumanise : si tu es riche, tu crois que tu peux vivre sans autrui. C’est le plus grand danger pour la société et pour toi-même, car tu détruis ta propre humanité.

En effet, nous n’avons aucune chance de nous en sortir sans rompre avec cette croyance occidentale selon laquelle la technique résout tous les problèmes. La spiritualité n’est pas pour moi un supplément d’âme, ni la cinquième roue de la charrette. Si l’on n’offre pas aux gens la possibilité de redonner un sens à une vie qui, matériellement, va vraiment changer avec la dégradation annoncée des conditions d’habitabilité de la planète et l’épuisement des ressources, on n’aura alors que de la violence.

« Si l’on n’offre pas aux gens la possibilité de redonner un sens à une vie qui, matériellement, va vraiment changer, on n’aura alors que de la violence. »

Sur quoi se fonde l’affirmation selon laquelle, même si nous limitons les taux d’émissions actuels, nous connaîtrons une hausse des températures dans les années à venir ?

À propos de l’effet de serre, nous avons eu des siècles d’accumulation de connaissances. Cela commence par une réflexion toute bête du célèbre savant et montagnard Horace-Bénédict de Saussure, au XVIIIe siècle : il constate que plus on monte en altitude, plus il fait froid. Pourtant l’on s’approche du soleil ! Il émet le premier l’idée que ce phénomène est lié aux gaz qui composent l’atmosphère et à leur variation. D’autres scientifiques, comme Joseph Fourier ou Claude Pouillet, reprendront ensuite cette idée au début du XIXe siècle. Mais celui qui va stabiliser tous ces acquis sur les différents gaz à effet de serre et sur leur fonction dans l’atmosphère, c’est le physicien et alpiniste John Tyndall. On ne devrait d’ailleurs pas parler simplement d’ « effet de serre » aujourd’hui, mais d’« effet de serre anthropique » : sans effet de serre naturel, il ferait - 18°C à la surface du globe. Les connaissances fondamentales sur le changement climatique sont donc anciennes. Du fait du développement de la science, ce que l’on a pu tenir comme vérité absolue peut parfois apparaître comme une vérité circonstanciée. En l’occurrence, depuis quarante ans, nous avons plutôt affiné nos connaissances et construit des modèles relativement robustes.

À la fin du XIXe siècle, Svante Arrhenius se demande si notre consommation de ressources fossiles peut avoir une incidence sur la composition chimique de l’atmosphère. À l’époque, cette consommation ne représente rien par rapport à ce qu’elle est aujourd’hui. Il s’interroge bien sur les changements de l’atmosphère d’origine anthropique, mais avec des effets sur plusieurs milliers d’années. Ses calculs le conduisent à prévoir une élévation de la température qui serait de 4,5°C en cinq mille ans : il ne s’est pas tellement trompé, mais il table sur une concentration de gaz à effet de serre qui ne pouvait pas tenir compte de l’augmentation de la démographie telle que nous l’observons, du changement de nos modes de vie, de l’intensité de l’exploitation du pétrole et des autres fossiles… On a par ailleurs découvert qu’il y avait des cycles interglaciaires beaucoup plus longs que ce que l’on pensait.

Les années 1950 sont ensuite marquées par les travaux de Roger Revelle, un océanographe américain qui demande à son assistant de mesurer la variation au jour le jour des émissions des gaz à effet de serre. Un rapport est rendu au président des États-Unis au début des années 1960, et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) est fondé en 1988. À ce moment-là, on dispose déjà des premiers modèles climatiques globaux et de connaissances fermes. La trajectoire ne fait pas de doute : il va faire plus chaud, l’on connaîtra des événements climatiques extrêmes plus nombreux et plus aigus, le régime des pluies sera perturbé, le niveau des mers va s’élever. En revanche, beaucoup d’incertitudes demeurent sur les vitesses et les rythmes.

On a longtemps tablé sur un temps de résidence du carbone dans l’atmosphère assez court (un siècle, un siècle et demi). Aujourd’hui, on a de bonnes raisons de penser que ce temps est beaucoup plus long. On a affaire à un système avec une immense inertie. En conséquence, les effets de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère se déploient durant des décennies, voire des siècles. Si nous avons une augmentation de 3°C à la fin de ce siècle, il restera encore 2°C supplémentaires qui ne s’exprimeront qu’au cours du siècle suivant. Pour l’humanité, le défi est gigantesque.

Mais comment convaincre du sérieux de cette affirmation, alors que tout en nous est construit pour la rejeter ? Sans oublier que certains scientifiques vont à l’encontre de ces constats.

Aujourd’hui, plus aucun scientifique sérieux ne contredit la réalité du phénomène et de nos responsabilités. Le Giec a été créé en 1988 à partir d’un consensus dans la communauté des climatologues. S’il existait des résistances, celles-ci se fondaient sur des arguments au moins en partie vérifiables et aujourd’hui infirmés. Le climato-scepticisme, lui, est intemporel. Il fonctionne toujours sur les mêmes discours, qui sont de l’ordre de la croyance et non de l’argumentation. En dehors du changement de la composition chimique de l’atmosphère, excessivement rapide, aucune raison sérieuse n’a pu être fournie pour expliquer l’actuel changement climatique. Les causes avancées ne tiennent pas la route : variation de l’activité solaire, activités volcaniques, magnétisme terrestre, vapeur d’eau, etc.

Pour de nombreux climato-sceptiques, il semble bien qu’on ait affaire à un problème de dissonance cognitive. La croyance aux vertus du marché ou à celles du progrès est incompatible avec l’acceptation de la donne climatique. Je me réfère ici à la théorie du psychosociologue américain Leon Festinger, qui a notamment étudié le cas d’une secte américaine qui prédisait l’inondation de la terre pour le 21 décembre 1954 à minuit. Évidemment, minuit arrive et rien ne se passe. Les journalistes vont voir les membres de la secte pour connaître leurs réactions. Or ceux-ci ne se remettent absolument pas en cause : selon eux, ils ont tellement prié qu’ils ont évité la catastrophe… C’était même la preuve qu’ils avaient raison !

Au-delà des superstitions, il y a toujours des phénomènes de croyance et c’est cette strate qui va être sollicitée pour convaincre les gens. Comment croire à ce que nous savons ?

Je ne crois pas qu’il soit possible d’agir à la mesure des choses et cela pour deux raisons essentielles. Premièrement, nous sommes des animaux finis et nous ne réagissons qu’en fonction des circonstances : lorsque nous sommes confrontés à un danger visible, incontestable, immédiat et très souvent soudain. Si je vois un mammouth débouler sur moi, je ne pérore pas et je dégage. Si l’on me dit : « Il y a un mammouth à 3 km, tu as trois chances sur cinq de le voir arriver dans deux ans », je m’en moque complètement ! Or les problèmes environnementaux sont inaccessibles à nos sens. Qu’est-ce que 400 ppm de CO2 ?

« Nous ne réagissons que lorsque nous sommes confrontés à un danger visible, incontestable et immédiat. »

Par ailleurs, la causalité est diffuse dans le temps et l’espace et je n’y suis pour rien. Si vous et moi n’avions pas existé, cela ne changerait rien, les indicateurs globaux seraient les mêmes. Quelle est alors ma responsabilité ? Considérons la règle d’or : « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fît ». Soit j’inflige, soit j’ai l’intention d’infliger un dommage de façon évidente à autrui. Qui que je sois, si je ne peux pas le justifier, fût-ce de façon oiseuse, je ne le fais pas. C’est le fondement de la non-violence. Dans un épisode des Fioretti, François d’Assise oblige l’un de ses frères qui a renvoyé des routards du prieuré à les rechercher, à leur donner à boire et à souper et à implorer leur pardon. Lorsque le frère se retrouve devant les routards, ces derniers ne le frappent pas. La non-violence consiste à essayer d’enrayer le processus de justification en ne le nourrissant pas. Mais pour les dommages environnementaux que je peux contribuer à produire, je n’ai même pas à me justifier ! Il n’est aucun lien de causalité tangible.

Même si une minorité se mobilise aujourd’hui, de vrais obstacles s’opposent à un changement. Les 5°C, qui s’en préoccupe ? Cette perspective ne fera pas bouger les gens d’un iota. Mais quand cela va arriver, on va se dire : « Qu’est-ce que j’ai fait ? En quoi ai-je mal agi ? J’ai essayé de soulager la misère avec le pétrole et le charbon, pourquoi le ciel me tombe sur la tête ? »

Je ne vois pas comment une société comme la nôtre ne peut pas finir par s’effondrer. Pas d’une façon spectaculaire, de façon unique et à un seul endroit, mais plutôt à l’image de la chute de Rome. Cela passera par des délitements à différents endroits, à différentes vitesses, avec des poches qui résisteront et d’autres non. Mais comment vais-je faire avec ma spiritualité si je ne l’interroge pas à l’avance ? Comment vais-je garder du sens, ne pas me laisser aller à la violence ? Ne doit-on pas y penser dès maintenant ?

Que pensez-vous de l’attitude consistant à invoquer les générations futures pour nous pousser à agir ?

Pour moi, très sincèrement, cela n’a plus guère de sens. Hans Jonas a formulé la première réflexion très structurée sur les générations futures. Pour lui, il s’agissait d’un futur très lointain. Nous n’en sommes plus là. Nous sommes déjà les générations futures ! Et plus encore nos enfants qui vivront encore dans la seconde moitié du siècle. Nombre des connaissances étaient déjà acquises dans les années 1970 (le rapport Meadows au Club de Rome, les projections de Keeling quant à nos émissions de CO2, etc.). Mais savoir abstraitement quelque chose et en mesurer l’importance sont deux choses différentes. À un moment donné, après une lente digestion, on finit par franchir un seuil psychologique. J’en ai fait moi-même l’expérience. J’ai débuté dans le métier comme un bon petit soldat environnementaliste, pensant que j’allais sauver le monde, que nous avions l’éternité devant nous. J’arrive maintenant à la fin de ma carrière en petit soldat épuisé et je suis bien obligé de constater les dégâts et leur irréversibilité. Et du coup les générations futures… c’est vous, tout comme ce sont mes étudiants.

Si nous ne réagissons pas tant que la catastrophe n’est pas arrivée, y a-t-il malgré tout des leviers pour agir aujourd’hui ? La question n’est-elle pas : sur quoi allons-nous nous enthousiasmer ? Plutôt que : de quoi allons-nous avoir peur ?

Absolument. Ni la peur ni la culpabilité ne sont des mobiles profonds et efficaces. Il faut avoir ce nœud de convictions et d’espérance qui fait que l’on résiste, quoi qu’il nous arrive. S’il n’y a plus d’espérance, on peut aller dans la pire des violences. Notre responsabilité morale est de nous préparer maintenant et de chercher à éviter la catastrophe. On peut reprendre l’analogie de la chute de Rome et du christianisme. Dès la fin du IIIe siècle, une partie des élites romaines déserte la ville et se convertit au christianisme. Ces gens vont créer des monastères et reconstruire la Gaule. Sur sa fin, Rome, c’est une fiscalité complètement folle, des citoyens qui ne croient plus dans l’empire, des gens que l’on transforme en esclaves par l’endettement, etc. C’est un État cynique, qui ne protège plus ses citoyens. N’est-ce pas ce que fait l’Europe aujourd’hui ? 12 millions d’archi-pauvres en Allemagne, combien en France ? Et combien dans quelque temps avec notre système économique ? On observe alors une déshérence, un arrachement aux croyances majeures, une recomposition de petites communautés qui revivent autrement. C’est pourquoi je milite pour un droit dérogatoire à l’expérimentation écologique, qui est forcément une expérimentation spirituelle, sans pour autant renoncer à sauver ce qu’on peut de nos institutions. Nous n’éviterons pas de lourdes difficultés, mais on peut semer des graines pour que, dans l’épreuve, des choses tiennent et se développent. C’est ce que j’attends de la spiritualité.

À qui revient-il de nous engager dans cette démarche spirituelle, en rupture avec la spiritualité dominante ? Y a-t-il des conditions qui nous y entraîneront ? S’agit-il de rendre visible ce qui ne l’est pas aujourd’hui ?

Si je tenais à revenir sur la définition de la spiritualité, c’était pour montrer son universalité : il n’y a pas de société humaine sans une réponse spirituelle. La nôtre est en creux, mais elle est là. La spiritualité n’est pas une fantaisie dont on peut se passer, c’est ce que Castoriadis appelle l’imaginaire social. Il s’agit de construire des modèles humains qui permettent à la société de fonctionner : le prof compétent, le soignant attentif, l’agriculteur bio, etc. Une partie importante des gens est convaincue qu’il y a un problème de finitude et que l’on ne s’en tirera pas indéfiniment sans rien changer. Il s’agit de représentations, et cela ne veut pas dire que l’on va faire quoi que ce soit, mais je crois que cette évolution est plus large que ce que l’on imagine. Beaucoup de gens inventent de nouveaux modèles : les écovillages, les « fab labs » un peu écolos, les villes en transition, le mouvement Unmonastery, etc. Le problème, c’est de savoir où amener ces gens à se réunir de temps en temps, pour réfléchir vraiment sur leur pratique et se poser la question spirituelle. Il conviendrait de mailler ces initiatives, de les faire connaître et se connaître. Il s’agit de prendre ce qui existe, de l’approfondir, pour créer une sorte de résilience pour les décennies à venir.

En quoi les spiritualités peuvent-elles nous aider ?

On peut mobiliser les sagesses du monde pour amener les gens à changer de comportement ici et maintenant et prévenir la catastrophe. Pour ma part, je veux les mobiliser pour se préparer à affronter la catastrophe, plus que pour l’éviter. Je le fais pour maintenir l’espérance au-delà de l’optimisme ignorant ou du pessimisme noir. C’est la force des ressorts profonds. Ils permettent d’affronter des réalités très différentes. Et nous sommes là face à une réalité très spécifique, à laquelle l’humanité n’a jamais été confrontée.

Comment se diffusent ces nouvelles spiritualités ? Le fait d’être croyant rend-il plus disponible à leur écoute ?

Être croyant, c’est s’engager en faveur d’autrui, mais c’est aussi ne pas coller à ce monde, imaginer qu’il est un ou des « ailleurs ». Nous aurons besoin de ces deux ressorts pour ne pas nous abîmer collectivement.

Propos recueillis par Alain Cugno et Marie Drique.

 


Économie et société. Les catégories de la sociologie, Plon, 1971 [1921, trad. de l’allemand par Julien Freund]. Toutes les notes de bas de page de cet article sont du fait de la rédaction.

Selon une étude d’Oxfam mise à jour en 2014 par le magazine Forbes.

Initialement développé par WWF International, cet indice mesure l’évolution de milliers de vertébrés.

Une autre étude, menée par des chercheurs de l’université du Connecticut, dresse également un constat alarmant en matière de biodiversité mais prévoit plutôt la disparition d’une espèce animale sur six. Cf. Sid Perkins, « Climate change could eventually claim a sixth of the world’s species », Science, 30/04/2015.

David Archer, The long thaw : how humans are changing the next 100,000 years of earth’s climate, Princeton University Press, 2010, pp. 122-123.

Pour la première fois depuis 2,5 millions d’années (bien avant l’apparition humaine), la concentration de dioxyde de carbone (CO2) dans l’atmosphère a atteint le seuil de 400 parties par million (ppm) au printemps 2013.

Fioretti de Saint François, Cerf, 2002 [dernière éd., trad. de l’italien par Alexandre Masseron].

Publié en 1972, le rapport Meadows remettait en cause les bienfaits de la croissance au nom d’une pénurie prévisible des ressources. La courbe de Keeling, quant à elle, prévoyait l’augmentation du dioxyde de carbone dans l’atmosphère à partir de 1958.

Un « fab lab » (contraction de l’anglais « fabrication laboratory », « laboratoire de fabrication ») est un lieu ouvert au public où sont mis à disposition des outils, notamment numériques, comme les imprimantes 3D, pour la conception et la réalisation d’objets.

Cette initiative regroupe dans un même lieu des porteurs de projets sociaux pour un territoire. Elle a été mise en place pour la première fois en 2014 à Matera, en Italie.

Dans le domaine écologique, la résilience désigne la capacité d’adaptation d’un écosystème, d’un habitat, d’une population ou d’une espèce à une perturbation importante.

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2 réactions pour « « Les générations futures… c’est vous » »

Jean-Louis Hardy
23 August 2015

Texte très intéressant, où Dominique Bourg évoque ce qu'il entrevoit pour un futur avec des défis inouïs à relever pour l'Humanité. Dominique Bourg a-t-il pour autant abandonné l'espoir pour notre pays, d'une 6e république, avec un sénat revu et corrigé façon écolo, avec des Sénateurs tirés au sort ? Il semble que non.
PS : Une petite erreur de de frappe (ou de correcteur d'orthographe) s'est glissée dans le texte : La température globale moyenne de la Terre sans l'effet de serre naturel serait de -18°C ( et non pas moins de 18°C) / Source : http://www.cea.fr/jeunes/themes/climat-environnement/questions-sur-l-effet-de-serre/effet-de-serre-et-rechauffement-climatique-l-e

Christian VERKINDERE
22 August 2015

J'ai beaucoup apprécié l'insistance sur une espérance à présenter aux personnes qu'on espère "convertir" (indispensable pour espérer un résultat !)

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