Logo du site
Dossier : Quels objectifs pour le développement ?

Défendre les petits agriculteurs

Manifestation à Durban, Afrique du Sud © Zahra Moloo/IRIN
Manifestation à Durban, Afrique du Sud © Zahra Moloo/IRIN
« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… Ndiakhate Fall, paysan sénégalais, s’est prêté au jeu.

Nous sommes à la veille de 2015 et il est aujourd’hui évident que les objectifs des Nations unies ne seront pas atteints. Leur pertinence ne fait pas de doute, mais comment les membres de la Via campesina et les organisations paysannes nationales prennent-ils part à leur réalisation ? Comment prendront-ils en charge les objectifs après 2015 ? Voilà la véritable question. On peut identifier, parmi ces objectifs, ceux auxquels nous pouvons contribuer : l’autonomie communautaire (à travers la participation et la direction dans la conception, la réalisation, le contrôle et l’évaluation des actions), des actions basées sur le croisement des recherches scientifiques et des savoirs locaux éprouvés, l’empowerment des organisations paysannes (des femmes en particulier), l’identification et la conception de modèles agricoles susceptibles d’être copiés de village en village. Encore faut-il que chaque gouvernement opte pour la souveraineté alimentaire dans son pays, en soutenant des politiques publiques qui défendent et promeuvent l’agriculture familiale !

« Que chaque gouvernement opte pour la souveraineté alimentaire dans son pays, en soutenant des politiques publiques qui promeuvent l’agriculture familiale ! »

Les petits agriculteurs doivent être reconnus comme des acteurs importants dans chaque pays, particulièrement en Afrique où l’élimination de l’agriculture paysanne et son remplacement par une agriculture industrielle semblent tenir lieu de vision pour un grand nombre de gouvernements et d’entreprises multinationales. En Afrique, comme au niveau international, les organisations paysannes ont débattu des valeurs du savoir traditionnel paysan et de la protection des semences autochtones1. Mais nous sommes menacés par ceux qui cherchent à imposer des systèmes de semences contrôlés par les entreprises multinationales, qui minent nos pratiques. Notre but est de résister, en défendant les semences autochtones et en combattant les entreprises multinationales. L’implication de nos organisations dans les débats et la conception des objectifs est indispensable à leur réalisation.

Et vous, quels objectifs fixeriez-vous ?

Ils s’y sont essayés, et vous ? Nous vous encourageons à nous proposer vos propres objectifs pour le développement, en respectant les instructions aux auteurs.

« Financer l’après-2015 par une fiscalité juste », par Dereje Alemayehu (Éthiopie), Alliance globale pour la justice fiscale

« Un revenu minimum pour éradiquer la misère », par Judith Randel (Royaume-Uni), Development Initiatives

« Prendre les plus délaissés comme partenaires », par Isabelle Pypaert Perrin (Belgique),  Mouvement international ATD Quart Monde

« Tourner le secteur privé vers l’intérêt général », Nathalie Péré-Marzano (France), Crid, Action mondiale contre la pauvreté-France

« Dénucléariser Israël », par Michel Warschawski (Israel), Centre d’information alternative de Jérusalem

« (Re)donner à chacun une existence », par Pierre-Marie Espagnet (France), Délégation catholique pour la coopération, Centre d’accueil de migrants à Rabat (Maroc)

« L’éminente responsabilité des pays ‘développés’ », par Christian Comeliau (France), économiste du développement



Les plus lus

L'homme et Dieu face à la violence dans la Bible

Resumé Faut-il expurger la Bible ou y lire l'histoire d'une Alliance qui ne passe pas à côté de la violence des hommes ? Les chrétiens sont souvent gênés par les pages violentes des deux Testaments de la Bible. Regardons la Bible telle qu’elle est : un livre à l’image de la vie, plein de contradictions et d’inconséquences, d’avancées et de reflux, plein de violence aussi, qui semble prendre un malin plaisir à multiplier les images de Dieu, sans craindre de le mêler à la violence des hommes. Une ...

Dictature verte, la tentation

Face à l’urgence écologique, certains avancent l’idée d’un régime autoritaire, plus qualifié pour mener à bien la transition dans les temps impartis. Un grave contresens. En 2007, la Chine est devenue le premier émetteur de gaz à effet de serre. La même année, elle proclamait devant les caméras du monde entier qu’elle entrait dans une « civilisation écologique » et se positionnait comme leader international d’une politique environnement...

Ce que l’écologie fait à la politique

Un demi-siècle après les premières alertes scientifiques, l’écologie a bel et bien trouvé un débouché politique : de nouvelles instances, de nouveaux partis sont régulièrement mis sur pied. Mais pour faire advenir des changements politiques à la hauteur des enjeux, c’est notre cadre de pensée qu’il nous faut révolutionner. 1 « Écologisation » du politiqueLes enjeux écologiques sont désorm...

Du même dossier

Développement : que peut-on attendre de 2015 ?

Pour la première fois, l’agenda du développement pourrait intégrer enjeux économiques, sociaux et environnementaux et être véritablement universel : applicable à tous les pays, développés et en développement. Un accord à la hauteur des enjeux suppose une mobilisation politique sans précédent. L’année 2015 est une échéance capitale pour notre avenir. Deux rendez-vous pouvant engager l’ensemble des pays du monde sur une trajectoire de croissance enfin soutenable sont prévus : le sommet des Nations...

Un revenu minimum pour éradiquer la misère

« Quels objectifs de développement fixeriez-vous après 2015 ? » Et si vous aviez cinq minutes à la tribune des Nations unies pour y répondre… La britannique Judith Randel, directrice de l’ONG Development Initiatives, s’est prêtée au jeu. D’ici 2030, nous pouvons en finir avec l’extrême pauvreté. Et cela sans être idéaliste ! Les études disponibles montrent qu’abolir l’extrême pauvreté est matériellement possible. La pauvreté recouvre de multiples dimensions : du niveau de revenu à l’accès à une ...

Jusqu’où confier le développement aux entreprises ?

Entretiens croisés – La tendance est à faire de l’aide publique un levier pour favoriser l’investissement privé dans les pays en développement. Et pour en assurer les « performances sociales et environnementales ». Avec quels résultats ? Quelle conception de l’entreprise ? Des questions qui méritent débat. Une part de l’aide publique au développement (APD) sert à financer le secteur privé. Quelle est sa contribution au développement durable des pays du Sud ?Henry de Cazotte – Le volume de l’aide...

Vous devez être connecté pour commenter cet article
Aucun commentaire, soyez le premier à réagir !
* Champs requis
Séparé les destinataires par des points virgules