Société |  Dominique Bourg,
Philippe Roch (dir.)
 |  Labor et fides, 2012, 224 p., 19 €
Par Diane de Zélicourt | 7 mars 2013
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Quel point commun y a-t-il entre une opération d’électrification en Guyane, les mouvements de pauvreté chrétiens au milieu du Moyen-Âge, le renouveau du monastère de l’île de Lérins à la fin de l’Empire romain et une typologie des innovations sociales de notre temps ? À travers un double éclairage, qui met en valeur des expériences passées et des initiatives contemporaines, l’ouvrage est un plaidoyer pour faire du mode de vie un levier efficace face au défi de la transition énergétique. La dynamique du progrès technique y est considérée comme un leurre, inapte à résoudre dans un même élan les effets des excès de la société de consommation, la crise environnementale, et une surreprésentation de la sphère économique. L’importance est donc donnée aux comportements qui illustrent une capacité à innover dans le but de corriger une mauvaise trajectoire sociale tout en développant un capital de type nouveau et pérenne (nouvelles valeurs, nouveaux modes d’exploitation, etc.). La diversité des exemples cités montre comment revisiter un mode de vie dans le sens de la sobriété développe des opportunités nouvelles et exerce une influence à grande échelle sur les institutions et les fonctionnements sociaux. C’est ainsi que les moines de Lérins ont reconquis l’espace, dominé les sièges épiscopaux, organisé le monachisme régulier. Le besoin de renoncer à un mode de vie dispendieux n’est en rien inédit dans l’histoire de notre civilisation. Les leçons à tirer des expériences passées, toujours mises en correspondance avec notre actualité, viennent rythmer la progression de l’ouvrage et servent de prélude aux exemples actuels, en marge du système économique, mais prometteurs.

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