Monde |  Christophe Jaffrelot |  CNRS éditions, 72 p., 2012, 5 € Par Christian Mellon | 7 mars 2013
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Ce précieux petit livre permet, en moins de deux heures de lecture, de saisir l’essentiel de ce qui constitue « l’envers de la puissance » de l’Inde et son talon d’Achille : le rapide creusement de considérables écarts de richesse entre une élite mondialisée (« l’Inde qui brille ») et une masse de pauvres, voire de très pauvres (notamment parmi les musulmans, les Dalits et les Adivasis), qui survit à grand peine. Jaffrelot démontre, statistiques à l’appui, le lien de cause à effet entre les grandes réformes qui ont permis, à partir de 1991, le décollage de l’économie indienne et le développement de la guérilla « naxalite », qu’il définit comme un « produit du mal-développement » et dont il ne prévoit pas l’essoufflement. Dénonçant en conclusion « un secteur privé dont les méthodes rappellent le capitalisme sauvage », il ne plaide certes pas pour un retour au dirigisme étatiste d’antan, mais pour l’invention d’une « sociale-démocratie » à l’indienne, l’histoire des vingt dernières années ayant démontré la fausseté de la « trickle down theory », selon laquelle l’enrichissement de quelques-uns finirait pas « arroser » la masse des pauvres de bénéfiques retombées.

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