Société |  Gilles Lipovetsky |  Gallimard, 2017, 480 p., 23 € Par Edwin Hatton | 27 juin 2018
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Depuis 1983 et la parution remarquée de son premier essai, L’Ère du vide, Gilles Lipovetsky mène une réflexion sur l’évolution des sociétés contemporaines à l’ère du capitalisme mondialisé. Il actualise régulièrement sa pensée à travers des essais aux titres accrocheurs dans lesquels il développe des concepts comme « l’hypermodernité », « l’hyperconsommation », « le bonheur paradoxal »… Avec Plaire et toucher, il apporte une nouvelle brique à cet édifice en soulignant la prégnance de la séduction dans le monde actuel. Elle est « une puissance motrice, l’une des grandes sources de l’énergétique nécessaire à l’activité et à la créativité humaines ». La première partie du livre, la plus intéressante, propose une histoire de la séduction amoureuse et montre que le desserrement des règles d’union conjugale a permis un développement de la séduction et un raffinement de ses formes, évoluant d’une primauté du geste à celle de la parole. Parallèlement, l’essor du capitalisme s’est accompagné d’une extension du domaine de la séduction : marketing, publicité, politique, entertainment, réseaux sociaux, éducation… La séduction est partout et tout est séduction, affirme Gilles Lipovetsky. Comment lui donner tort ? Mais qu’y a-t-il de nouveau là-dedans ? Au final, la « société de séduction » n’est qu’un avatar de la société de consommation qui a, déclare-t-il, de beaux jours devant elle. Alors, que faut-il faire face à un système qui détruit la planète et abrutit les individus ? « Vaincre les séductions 'pauvres' par d’autres séductions, plus belles, plus riches, moins structurées par l’offre marchande ». Et comment ? « Par une formation scolaire et artistique de qualité » qui nous permettra de développer une « écologie de l’esprit ». Tout ça pour ça...