Société |  Blandine Bricka |  Les Éditions de l’Atelier, 2017, 160 p., 10 € Par Jean Vettraino | 28 février 2018
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Dix récits de vie à la première personne du singulier, brefs, à la fois accessibles et profonds : autant de femmes que d’hommes, des lieux de vie, des âges et des parcours différents. Ils ont été recueillis et mis en forme par Blandine Bricka, une animatrice d’ateliers d’écriture et auteure de Des vies (presque) ordinaires. Paroles d’aidants (Les Éd. de l’Atelier, 2016). Dix récits juxtaposés, entre lesquels chaque lecteur pourra trouver lui-même échos et correspondances. Alain, retraité de la SNCF ; Franck, 47 ans, en invalidité depuis longtemps, porteur sain du VIH ; Dominique, cadre de la fonction publique, victime de harcèlement ; Roselyne, dont la fille s’est engouffrée dans un mariage bouleversant ; Ruslan, entrepreneur géorgien, réfugié, père et mari aimant… Plusieurs d’entre eux ont participé à un groupe de l’ACO (Action catholique ouvrière) ou à d’autres organisations, comme la JOC (Jeunesse ouvrière chrétienne). Mais, à travers leurs engagements, apparaît une société civile protéiforme et solidaire, associations de quartiers, Secours populaire, CFDT… Le bénévolat donne sens et soutien au quotidien. Au-delà des réseaux familiaux, la rencontre d’une personne – prêtre, juriste, militant syndicaliste, assistante sociale, qu’importe – est souvent essentielle pour affronter les heurts du chômage ou des conditions de travail difficiles et précaires. « Les CDD vont et viennent et les responsables en parlent comme de variables d’ajustement, qui savent à quoi s’en tenir parce que ‘c’est le jeu’ », dit Laetitia. Ce sont aussi la maladie, l’alcool, les séparations…  Un verbe revient dans la bouche de celles et ceux qui se livrent ici : « se battre » (et l’on pense au documentaire éponyme de Jean-Pierre Duret et Andrea Santana). Tous refusent fermement toute posture « d’assisté ». Ces histoires sont aussi celles des cheminements intérieurs, grâce à la foi ou non. Dans la postface de l’ouvrage, Catherine Baudier, secrétaire nationale de l’ACO, revient avec raison sur l’aspect réflexif et la fécondité de ces récits, tous intéressants et porteurs d’espérance.