Société |  Charles Rojzman |  Lemieux éditeur, 2017, 200 p., 18 € Par Alice Corbet | 30 novembre 2017
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Au XIXe siècle, lors des prémices de la sociologie, Herbert Spencer et les fonctionnalistes assimilaient le corps social au corps humain, alimenté par plusieurs organes fonctionnant ensemble et articulant un tout. Charles Rojzman adopte la même démarche, avec une approche psychologique. Devant son constat d’une société fomentant une « guerre civile » – « idéologique ou plutôt émotionnelle », ressemblant à « une nouvelle lutte des classes » et qui est « déjà dans les têtes » –, il propose des solutions « cliniques ». Pour cela, il se base sur son expérience dans diverses régions du monde et surtout sur une analyse des banlieues et de l’émergence d’un islam revendicatif (« nouveau totalitarisme » selon lui), mais en oubliant parfois la complexité socio-historique. L’auteur mesure l’absolu du « vivre ensemble » à l’aune de la violence : il vaut souvent mieux affronter le conflit plutôt que se voiler derrière un humanisme qui annihile les différences et ouvre la porte à ceux qui revendiquent leur altérité. Pour Charles Rojzman, « le conflit est nécessaire parce qu’il est devenu impossible de se bercer d’illusions sur le vivre ensemble ». Il plaide d’ailleurs pour une démocratie plus lucide et fraternelle et pour plus de « thérapie sociale » – une discipline qu’il entend promouvoir. L’ouvrage n’évite pas les redites. Il se veut didactique mais se montre parfois quelque peu simpliste. Il aborde pourtant de grands thèmes actuels en amenant le lecteur à envisager notre monde avec un œil neuf : celui d’une compréhension thérapeutique du social.