Religion |  Martin Meier |  Éditions Vie chrétienne, 2016, 102 p., 12 € Par Louise Roblin | 6 décembre 2017
Print Friendly



À l’occasion de la béatification d’Oscar Romero par le pape François, le 23 mai 2015, Martin Meier revient avec émotion sur la vie et l’héritage de cette grande figure salvadorienne. On est dans un contexte de violence, de répression du peuple et d'abord des opposants au régime. Le lecteur suit l'itinéraire d'Oscar Romero comme séminariste, curé de paroisse, évêque auxiliaire puis archevêque de San Salvador, jusqu’à son assassinat, en pleine messe, en 1980. Au cours de ce parcours, ses certitudes basculent : d’abord aux côtés de l’aristocratie sud-américaine, il devient un apôtre fervent des acquis du concile Vatican II et de l’assemblée de Medellin, un défenseur du peuple. Ce revirement vient du choc provoqué par l’assassinat de son ami le Père Rutilio Grande, dont le combat pour la cause du peuple a causé la perte. Mais ce livre déborde le cadre d'une biographie : il permet au lecteur de comprendre en quoi cet homme au courage hors du commun fut l'un des fers de lance de la théologie de la libération et, plus encore, de la théologie du peuple. Oscar Romero y voit la figure du Christ souffrant sur sa croix. Il fut un témoin de « l’Église pauvre pour les pauvres », promue aujourd'hui par le pape François. Martyr il l'a été « par haine de la justice », au-delà de l’acception traditionnelle du martyr, in odium fidei (par haine de la foi).