Économie |  Éloi Laurent |  Puf, 2017, 72 p., 12 € Par François-Xavier Connen | 10 janvier 2018
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Éloi Laurent propose une réflexion fondamentale sur la prospérité, face aux crises sociales et environnementales qui interrogent l’échelle des valeurs de nos sociétés. Quelles formes de richesse promouvoir, si la croissance économique n’est pas soutenable ? Quels nouveaux horizons pour le développement ? L’ouvrage offre une très bonne synthèse, accessible et courte, des principaux enjeux : de la solidarité inter et intra générationnelle à la résilience et la soutenabilité, en tenant compte du caractère multidimensionnel du bien-être. L’économiste rappelle que « la source de la prospérité humaine est la coopération sociale » et que cette dernière doit être réajustée à un projet de société. La principale originalité – qui mérite d’être approfondie – est la proposition d’un nouveau « récit commun » pour accompagner une transition social-écologique. Après le grand récit de la croissance du PIB, s’ouvre un vide de sens qui paralyse le changement. Pour le combler, de nouveaux indicateurs de richesse ou de bien-être doivent être accompagnés d’un récit fédérateur autour de valeurs communes, afin de mettre en mouvement la communauté des citoyens. Éloi Laurent propose de lier soutenabilité et justice sociale, à travers trois piliers : lutte contre les inégalités, promotion de l’emploi et de la santé, refondation de la protection sociale. Si la lisibilité du récit pourrait encore gagner en simplicité et clarté, on en retiendra le principe. L’ouvrage vient ainsi compléter la synthèse de référence sur Les nouveaux indicateurs de richesse publiée par Jean Gadrey et Florence Jany-Catrice en 2005. On a avancé d’un pas !