Politique |  Jonathan Durand Folco |  Écosociété, 2017, 198 p., 16 € Par Jean Vettraino | 14 novembre 2017
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Cet essai vise à réhabiliter « la municipalité comme espace politique et vecteur de transformation sociale ». Jonathan Durand Folco, professeur à l’Université Saint-Paul d’Ottawa (Canada), voit un paradoxe dans le fait que l’espace central de nos vies contemporaines soit dépolitisé, la ville s’apparentant à « une administration gérée par les autres ». Il inscrit sa réflexion au croisement de deux courants de pensée : celui de la transition (et des communs entendus comme « formes de propriété collective et de gestion partagée des ressources qui se distinguent à la fois des entreprises privées et de l’État ») ; et celui de l’émancipation (à partir de Marcuse). Il revalorise, à juste titre, une tradition politique ancrée à gauche, qu’il nomme « municipalisme », soit « la théorie et la pratique qui fait de la municipalité le cœur d’une transformation » sociétale. Mais autant la partie portant sur le Québec et la volonté d’y (re)constituer un « front municipal » est intéressante, autant le propos théorique général peut laisser perplexe. Il ne semble en effet faire place qu’à deux échelles géographiques, les villes et l’État nation (et les grandes entreprises), souvent opposées de manière binaire. L’approche des territoires et des identités qui s’y rattacheraient (le « patriotisme municipal » face à l’identité nationale) paraît bien pauvre et le fait urbain n’est guère pensé. Bref, si l’effort de donner à voir, aujourd’hui et dans l’histoire, de multiples expérimentations démocratiques locales est louable, il manque singulièrement, entre autres, de géographie !