Religion |  Alain Dieckhoff,
Philippe Portier (dir.)
 |  Presses de SciencesPo, 2017, 365 p., 29 €
Par Philippe Clanché | 10 novembre 2017
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Que ce soit à l’échelle locale ou planétaire, aujourd’hui, le politique ne peut plus faire fi des réalités religieuses. Pour répondre aux inquiétudes ou aux fantasmes, les Presses de Sciences Po ont confié à Alain Dieckhoff et Philippe Portier la direction d’un ouvrage sobrement intitulé Religion et politique. Il rassemble les contributions de spécialistes (sociologues, politiques, historiens), notamment issus du Groupe sociétés, religions, laïcités de l’École pratique des hautes études. Au-delà de larges panoramas sur l’évangélisme protestant (Sébastien Fath) ou sur le « catholicisme global » (Denis Pelletier), le lecteur découvre des réalités politico-religieuses méconnues, telles l’hindouisation de la politique indienne. On y découvre, par exemple, le rôle d’un lobby hindouiste américain qui prône un rapprochement indo-américain… contre le Pakistan musulman (Jean-Luc Racine). Un mode d’action plus percutant, mais peut-être pas plus efficace que le soft power de la diplomatie vaticane, forte de son réseau de nonciatures et d’officines comme Sant’Egidio (François Mabille). Il est aussi question de la montée des sans-religion aux États-Unis, des judaïsmes, de l’islam, du culte des saints, de la Turquie d’Erdogan, de la laïcité en Europe et au Québec, de la Russie, des minorités chrétiennes au Proche-Orient ou des groupes religieux qui jouent la carte des Nations Unies… Des études d’une dizaine de pages qui restent très accessibles, illustrées de photos, de cartes et de tableaux et sont accompagnées d’une solide bibliographie. Un usuel de référence pour mieux comprendre comment évolue le couple infernal religion-politique, sans se contenter de notre double lorgnette tricolore et chrétienne.