Monde |  Véra Baboun |  Bayard, 2016, 190p., 15.90€ Par Clémence Piganeau | 19 juillet 2017
Print Friendly



Dans ce témoignage qui se lit d’une traite, Vera Baboun, la maire de Bethléem, nous fait cheminer dans cette ville « complexe, petite et accidentée » dont elle connaît chaque recoin. En la suivant de la rue de la Mangeoire à l’église de la Nativité en passant par la rue de l’Etoile, on découvre la ville natale du Christ mais aussi l’itinéraire personnel de celle qui en est le maire. Enchâssé dans le récit de l’enfermement progressif de Bethléem par le « mur de séparation », on trouve le cheminement de Vera, femme, palestinienne et chrétienne, professeur de littérature anglaise et bientôt maire. Née dans une famille chrétienne, elle ne prend vraiment conscience de son identité palestinienne qu’au moment de l’arrestation de son mari, au cours de la première Intifada. Par sa foi, mûrie dans les épreuves, elle perçoit l’appel à servir les autres et c’est dans ce cadre qu’elle situe son mandat. Dans une ville encerclée par un mur haut de huit mètres, elle souffre de son impuissance devant les immenses portes parfois bloquées arbitrairement et l’enfermement physique et mental de ses administrés. Les frontières de sa municipalité évoluent au gré de l’occupant, compliquant la géographie de la ville et la coupant de son arrière-pays agricole. Mais Bethléem, n’est « certes pas la dernière des villes de Judée » et l’accueil de milliers de pèlerins chaque année fait de son maire un véritable ambassadeur auprès des visiteurs du monde entier, dont Barack Obama et le Pape François. Vera Baboun nous invite à venir passer la porte basse de la basilique de la Nativité et nous laisser toucher par ce lieu, sans fermer les yeux sur le quotidien de ses habitants d’aujourd’hui.