Monde |  Tony Venables |  Editions Charles Leopod Mayer, 2016, 200p., 20€ Par Philippe Segretain | 23 juillet 2017
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Quelque peu austère comme un livre militant, ou comme un livre de juriste, cet ouvrage veut nous rappeler que la citoyenneté transnationale n’est pas née avec le traité de Maastricht. Saint Paul avait déjà fait valoir son statut de citoyen romain alors qu’il était loin de Rome. Pourtant un doute existe : ce statut est-il un simple acte de communication politique ? L’auteur, Tony Venables, un britannique qui a dirigé le Service d’Action des Citoyens Européens (ECAS) montre comment la Cour de Justice de l’UE donnera corps à cette possibilité d’invoquer la citoyenneté européenne à partir de la liberté de circulation. Puis il nous rappelle que la citoyenneté suppose des droits, une participation à leur élaboration  et un sentiment d’appartenance. Sur les droits, l’auteur est précis : textes et jurisprudence sont analysés, classés et leur dynamique mise en valeur. Sur la participation à l’élaboration de ces droits, il cite Habermas mais sans reprendre ce que celui-ci nous a appris dès 2012 dans « La Constitution de l’Europe » sur le vice de construction initial. L’auteur fonde tous ses espoirs sur des mécanismes participatifs, liant institutions et ONG ou corps constitués, qui rendraient plus efficace l’implication des citoyens. Une priorité qui peut sembler très post moderne, mais parfois insuffisante. C’est sur l’appartenance que Tony Venables risque de décevoir le lecteur soucieux de nourrir une vision politique de la citoyenneté européenne : peut-elle vivre des seules méthodes participatives et démocratiques reconnues dans le traité de Lisbonne ? L’Euroscepticisme a pu se  nourrir de cette vision technique.