Économie |  Fabien Raynaud,
Michel Davy de Virville (dir.)
 |  Hermann, Forum des Bernardins, 2016, 126p., 18€
Par Bernard Perret | 2 juillet 2017
Print Friendly



Résultat des échanges d'une quarantaine d'experts et de personnalités, ce petit livre passe en revue les principaux enjeux de la mondialisation en s'efforçant de tenir une juste balance entre ses risques et les opportunités de développement qu'elle apporte aux peuples du monde. Sa principale originalité est d'affirmer que l'approche habituelle en terme de régulation de la mondialisation des échanges économiques doit être complétée par l'énonciation d'une « espérance » commune. Le mot espérance peut surprendre dans ce contexte, tant il est paraît lié à la spiritualité chrétienne. On attendrait peut-être un terme plus neutre, comme vision, projet ou même utopie ? Quoi qu'il en soit, le texte est plus précis dans la description des processus politiques et des dynamiques sociétales susceptibles de faire émerger cette vision commune, que dans les propositions relatives à son contenu. En particulier, si le texte pointe du doigt « les limites de l'accumulation matérielle des biens pour créer du sens », il ne va pas très loin dans l'exploration des conséquences de la finitude des ressources sur le type de civilisation mondiale qu'il nous revient d'inventer. Sur ce sujet, l'encyclique Laudato Si' en dit bien davantage. Un autre point fort du texte est de souligner les vertus de la construction européenne comme laboratoire d'une mondialisation pacifiquement maîtrisée : « Notre conviction, c'est que par notre histoire européenne, nous avons acquis une pratique sans équivalent de la gestion dynamique des compromis supranationaux respectant les identités nationales. ».