Économie |  Olivier Pinot de Villechenon |  Les Presses Universitaires de l’IPC, 2017, 172 p., 12 € Par Étienne Perrot | 2 juillet 2017
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« Capitalisme solidaire » n’est-ce pas un oxymore ? Pour surmonter la contradiction, il faut désencastrer l’entreprise d’une logique unidimensionnelle, centrée sur le seul gain financier. Comment ? En lui ouvrant, dit l’auteur, la possibilité d’intégrer dans son objet social le bien commun, ce qui suppose d’enrichir les articles 1832 & 1833 du Code civil. Telle est la thèse d’un ouvrage qui esquisse les bouleversements culturels et organisationnels qu’implique ce changement d’objet social. La Société de capitalisme solidaire suppose une direction participative qui implique les salariés avec les apporteurs de capitaux, elle suppose aussi le sens d’une communauté d’intérêts qui croise, sans s’y confondre, les attendus de la responsabilité sociale des entreprises et l’éthique financière. L’État a son rôle à jouer en favorisant la compétitivité des entreprises par une fiscalité stricte et productive; les consommateurs également, qui peuvent aider l’emploi local et donc la croissance par un choix raisonné de leur dépense. L’auteur met l’accent sur la production des biens et services, imputée au seul travail, mais sans que soit bien mise en valeur la dimension risquée de toute entreprise économique, risque qu’il est juste de rémunérer. L’auteur ne précise guère sur quels critères arbitrer entre toutes ces rémunérations : celles des salariés qui apportent leur force de travail, celles des capitalistes qui prennent les risques financiers. L’inspiration générale de l’ouvrage doit discrètement à la Doctrine sociale de l’Église catholique, la complémentarité entre solidarité et subsidiarité, et, distinction essentielle, celle entre d’une part le bien commun – qui suppose la participation de tous au bénéfice de chacun – et d’autre part l’intérêt général – ce produit d’une philosophie datée (XVIIIème siècle) fruit d’une conception contractuelle, quelque peu restrictive, des rapports sociaux–.