Économie |  Conférence des évêques de France |  Les éditions du cerf, 2017, 64p., 4€ Par Bertrand Hériard Dubreuil | 19 juillet 2017
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Les évêques de France se prononcent régulièrement sur la question du travail : pourquoi ont-ils choisis de publier à nouveau un texte en juin 2017 ? Le document répond par sa structure même. Une première partie explique qu’on ne peut se résigner à une situation qui laisse, en France métropolitaine, un « halo de chômage » de plus 2,9 millions de personnes, au sens du Bit, et 1,4 millions de personnes désireuses de travailler selon l’Insee (chiffres 2016, cités p. 37). Une deuxième partie invite à entendre la détresse des personnes privées d’emplois et de travail : écouter cette clameur est au fondement de la doctrine sociale de l’Église. C’est la partie la plus forte et le plus originale du texte. Une troisième partie présente les besoins essentiels qui sont aujourd’hui non satisfaits : selon l’Observatoire national de la pauvreté et de l’exclusion sociale, entre 20 et 40 % de la population doivent se restreindre dans leur vie quotidienne au-delà de ce qui est considéré comme un minimum pour mener une vie sociale complète (accès à un logement locatif ou à l’entraide familiale…). Le dernier chapitre donne des pistes pour une société de pleine activité – et non de plein emploi ! En demandant « qu’on continue à se donner comme objectif l’accès au travail pour tous[1] », les évêques rappellent l’importance de l’impulsion de l’État, le rôle irremplaçable des collectivités sociales et la nécessaire initiative des entreprises au nom du principe de subsidiarité. Le livre n’ignore pas ainsi du contexte où les évêques veulent être entendus : celui d’une nouvelle législature qui entreprend à la fois une réforme audacieuse du code du travail et une réduction importante des dépenses publiques. Messieurs les députés, n’oubliez pas que « les coûts humains sont toujours des coûts économiques[2] » !



[1] Caritas in Veritate §32, cité par Laudato si’ §127.

[2] Civ §32 cité par Ls §128.