Religion |  Jean Picq |  Sciences Po les presses, 2016, 221 p., 14€, ePub 11€ Par Edwin Hatton | 17 juin 2017
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Pourquoi assiste-t-on depuis une trentaine d’années à un retour du religieux alors que les sociétés occidentales semblaient engagées dans un processus de sécularisation irréversible ? C’est cette question qui pousse Jean Picq à revisiter l’histoire du couple religion/politique à la lumière des enjeux du présent. L’auteur distingue quatre périodes : le temps où le christianisme et l’Église romaine s’imposent comme religion et institution hégémoniques sur le continent ; le temps des intolérances marqué par l’affrontement entre catholiques et protestants et par la persécution des juifs, des musulmans et des hérétiques ; le temps des révolutions où, sous l’influence des Lumières, les États affirment leur autonomie vis-à-vis du religieux ; celui, enfin, des démocraties où les principes de séparation et de liberté de conscience finissent par triompher, non sans mal ni violences. Picq ne se contente pas de dérouler le fil des événements, il montre comment, de Saint-Augustin à Habermas, les penseurs ont accompagné et parfois précédé l’évolution des rapports entre « le glaive et la crosse ». Dans le dernier chapitre, l’auteur quitte le terrain balisé du manuel de sciences politiques pour prendre parti dans les débats contemporains, plaidant pour une laïcité respectueuse de la liberté de manifester sa religion en public et pour une démocratie qui ne craigne pas de puiser dans les grandes traditions religieuses les valeurs susceptibles de faire face aux défis du présent.