Politique |  Augustin Giovannoni |  Editions Kimé, 2017, 206p., 21euros Par Alice Corbet | 14 mai 2017
Print Friendly



Les épreuves de l’exil revendique une thèse simple : l’exil est au cœur de notre monde, son ampleur aujourd'hui est telle qu’on se doit d’en faire une catégorie politique. Pour ce, Augustin Giovannnoni, philosophe spécialiste de Spinoza et de la notion de sujet, décline tous les thèmes qui peuvent être rattachés à l’exil. Il découpe son ouvrage en huit chapitres dont on ne comprend pas toujours la cohérence. Il revient sur les causes de l’exil – les diverses « déchirures » du monde – et questionne les identités collectives qui devraient nous permettre de penser un monde uni et accueillant en défendant des « formes transnationales de citoyenneté » et en développant une « politique de traduction entre les cultures ». Il interroge ainsi les notions ambiguës de « care » et de « soin », qui oscillent entre assujettissement du corps de l’exilé et émergence de l’individu. L’auteur évoque aussi les entraves attachées aux parcours des exilés : violence, frontières, lieux d’attente indéterminés, etc, toutes les restrictions à « l’hospitalité inconditionnelle », seule réponse d’humanité à l’exil. Destiné aux initiés, mêlant une réflexion complexe à de nombreuses références que le lecteur a peu de chances de toutes maîtriser, cet ouvrage complète la littérature sur l’exil, en balayant sans doute un trop large champ de thématiques. Il réussit toutefois à questionner le lecteur sur la dimension philosophique de cette réalité.