Religion |  François Mabille |  Cerf, 2016, 240 p., 19 € Par Jean Vettraino | 30 avril 2017
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Ce livre n’est pas tant l’histoire des soixante-dix ans de la première ONG catholique française qu’une présentation de ses principales dimensions – ce que traduit le plan thématique adopté. Fort de sa connaissance du catholicisme, en France et à l’international, François Mabille, professeur de sciences politiques, est à même de faire ressortir les spécificités et les grandes inflexions de l’association. 1996 constitue ainsi un tournant pour le Secours Catholique - Caritas France (SCCF) : « Les personnes en difficulté, les bénévoles, les donateurs, les salariés participent à la mission commune », bâtir une société « juste et fraternelle ». Les projets menés doivent se construire « d’abord sur l’expression et les initiatives des pauvres ». L’une des clés de l’association réside dans la constitution de son réseau de bénévoles, près de 65 000 aujourd’hui, répartis entre le siège et les quelque 4 000 équipes locales. Beaucoup d’autres aspects sont clairement précisés : la notion de charité; le fait que le SCCF soit à l’origine de la création de nombreuses autres organisations comme l’Association des Cités ou le réseau « Tissons la solidarité », ou encore le CCFD; le fait qu’elle « fut et demeure profondément une organisation de prospective sociale »; sa dimension internationale resituée dans l’histoire de l’internationalisme catholique… Du fondateur Jean Rodhain à François Soulage, en passant par Gabriel Lanciau (auteur de Délégué du Secours Catholique, c’est un métier, ça ?), des portraits d’hommes – comme d’autres, l’organisation a été longue à ouvrir sa gouvernance aux femmes – permettent d’incarner le propos. Un glossaire aurait été utile à un public non averti. On peut aussi regretter l’absence de bibliographie, rester un peu sur sa faim pour la période contemporaine – malgré l’entretien avec Véronique Fayet, actuelle présidente du SCCF – et noter le peu de références au niveau européen (Caritas Europa).