Monde |  Moussa Mara |  Mareuil Éditions, 2016, 376 p., 23€. Par Laurent Duarte | 13 mars 2017
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C’est un livre-programme que propose Moussa Mara, plus jeune Premier ministre de l'histoire du Mali, d’avril 2014 à janvier 2015, et leader du parti Yelema. Moussa Mara se voit comme porte-parole du continent africain, et particulièrement du peuple malien, où près de 70 % des habitants ont moins de 35 ans. « Faisons-lui confiance », le titre du chapitre 5 s’applique autant à lui-même qu’à la jeunesse africaine dans son ensemble. Cette jeunesse, innovante et connectée au reste du monde, a le potentiel pour développer durablement le continent. La « bombe démographique », que beaucoup redoutent, pourrait être au contraire, un atout majeur ; Moussa Mara défend la chance d’une démographie galopante. L’ouvrage s’inscrit dans la veine « afroptimiste » qui considère l’Afrique comme le continent d’avenir pour la planète. Le diagnostic ne manque pas de pertinence : besoin d’une redevabilité entre gouvernants et gouvernés ; absence de formation et de débouchés professionnels ; moyennisation et individualisation des sociétés ; urbanisation et exode rural… Mais l’ouvrage peine à répondre par des mesures politiques concrètes. Un certain nombre d’idées sont esquissées sans jamais être détaillées : réforme ou sortie du Franc CFA ; lutte contre le terrorisme et le fondamentalisme par l’éducation et l’encadrement des cultes ; mécanismes de participation politique des jeunes au niveau local ; solidarité entre les nations ; développement de l’entrepreneuriat individuel… On perçoit tout de même les soubassements du projet de Moussa Mara : la construction d’une démocratie libérale où cohabitent libéralisme économique et gouvernance politique transparente. On retiendra la promesse d’un jeune responsable ambitieux qui prend la mesure des défis du continent africain et qui fait vœu de construire une politique d’exemplarité. La conclusion, qui reprend le message des mouvements citoyens adressé aux dirigeants africains lors du Sommet Afrique-France de 2005, résume parfaitement l’esprit du livre : « Si la politique ne s’occupe pas de la jeunesse, alors celle-ci s’occupera de la politique ».