Politique |  Gérard Mordillat |  Demopolis, 2016, 118p., 12€ Par Annie da Lage | 11 janvier 2017
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Gérard Mordillat donne à lire le texte intégral de l’article « Fascisme » écrit par Benito Mussolini dans la Nouvelle encyclopédie italienne en 1932. Publication courageuse des éditions Démopolis, qui tente d’alerter l’opinion sur les risques d’un néofascisme, aujourd’hui, en France. Ce texte ne saurait être compris sans un regard sur la situation de l’Italie en 1932 : Mussolini a obtenu les pleins pouvoirs depuis 1922, il rédige ce texte dix ans après. Pendant ce temps, il a regroupé sous la bannière des « faisceaux italiens de combat » tous les mécontents d’une Italie vaincue par la guerre de 1914, les victimes de la crise économique, des déçus d’un « régime déliquescent » : « en ce moment, les peuples ont besoin d’autorité, de direction et d’ordre ». Mussolini dénonce les erreurs du libéralisme « antichambre de l’anarchie », de l’individualisme, du capitalisme, de la démocratie qui donne au peuple l’illusion d’être souverain : seul l’État peut donner un idéal et fédérer les hommes en leur servant de conscience. Ses idées seront reprises par le national-socialisme allemand, en y rajoutant une dimension raciale, inconnue en Italie jusqu’en 1938. Aujourd’hui, les déceptions face à la politique, le chômage de masse qu’ aucune mesure des gouvernements successifs n’arrive à endiguer, l’apparition de « nouveaux pauvres », sans parler de l’Europe accusée de déstabiliser l’économie nationale, font le lit du nationalisme, du repli sur soi, de la préférence nationale. Peut-on souhaiter à la France de connaître le même sort que l’Italie fasciste ?