Religion |  Olivier Abel et. al. |  Lethielleux, 2014, 151 p., 12,90 € Par Jean Vettraino | 11 janvier 2017
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En 2014, le colloque « Aux nouvelles frontières de la Fraternité » était organisé à l’initiative de Confrontations, une association d’intellectuels chrétiens, et en partenariat avec différentes associations comme la Cimade, les Petits Frères des Pauvres, le Secours Catholique, les Semaines sociales de France, etc. Ce livre en constitue une sorte de transcription fidèle. Il reprend dans son séquençage l’organisation en tables-rondes de la journée – les « fondements » de la fraternité, ses dimensions locales, nationales, européennes et internationales, le « vivre-ensemble » et le « faire avec » qui y sont associés – et les contributions des intervenant(e)s – théologiens, philosophes, historiens, responsables d’organisations de la société civile. Ce livre se conclut par une Déclaration finale dans laquelle on peut lire notamment : « L’extension des détresses, nées de la faiblesse du lien social, de l’injonction à la réalisation de soi, du recul du sentiment d’appartenance à une commune humanité, donnent une forte actualité à la fraternité ». Cette dernière a, selon le cadrage adopté, un double enracinement : la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948, la Bible et l’enseignement social de l’Église ; le livre s’ouvre ainsi sur une citation du pape François rappelant que « la fraternité est une dimension essentielle de l’homme, qui est un être relationnel». Entre des réflexions nées du « terrain » (en France, en Birmanie) et d’autres qui se réfèrent à des textes philosophiques et bibliques, la quinzaine de textes courts réunis forme un ensemble plutôt équilibré. Certains abordent le sujet de biais : par exemple, le texte de la sociologue Ana Perrin-Heredia démontrant l’importance des liens sociaux pour les foyers les plus modestes, ou encore celui de Paul Valadier, professeur émérite aux Facultés jésuites de Paris, lisant l’injustice à partir du diptyque reconnaissance/mépris d’Axel Honneth. La plupart n’ont malheureusement rien perdu de leur actualité.