Les médias ont pris une place de plus en plus importante au long du xxe siècle. Le mouvement associatif, immergé dans la société (en 1985, un Français sur trois est adhérent à l’une des quelques 800 000 associations existantes ; en 1997, 1,2 millions de bénévoles donnaient du temps aux 115 000 organisations caritatives ou d’aide aux personnes en difficulté) n’échappe pas à cet « effet média », faisant plus, pour toute une frange, que s’adapter à cette nouvelle donne. Plusieurs, parmi les créateurs d’association, ont été amenés, empiriquement, à penser une nouvelle configuration. « Les médias-associations » sont apparues qui, par leur style, leur mode d’organisation et leur ambition, constituent un ensemble original. Elles entendent faire de la vie dans la cité leur affaire pour en modifier ses règles. Elles entendent moins agir dans la société que sur elle. Et donc sur l’opinion publique et ses représentations sociales.

Participant d’une véritable ingénierie médiatique, ces médias-associations s’écartent avec succès du modèle traditionnel. Leur irruption bouscule les habitudes des associations, conduisant celles-ci, celles du secteur caritatif par exemple, à les imiter, voire à les devancer. Ainsi Bernard Kouchner, fondateur de Médecins sans Frontières (MSF), puis de Médecins du Monde (MDM), ou Harlem Désir, de Sos-racisme, ont su acquérir une forte notoriété. Dans les cas les plus purs, la création même de l’association est portée par un média : Europe 1 pour les Restos du Cœur, Le Monde Diplomatique pour Attac.

Cette innovation n’est pas réservée à un secteur particulier. A l’échelle des enjeux planétaires, Greenpeace, pour l’écologie, ou Handicap international, pour la guerre, relèvent de la même catégorie. En France, « l’insurrection de la bonté », en 1954, autour de la figure charismatique de l’abbé Pierre, avait déjà propulsé Emmaüs sur toutes les ondes. Reconnaissant son rôle pionnier, Coluche tint à lui amener un chèque dans sa retraite d’Hérouville ; Bernard Kouchner à cosigner un livre avec lui ; et Jean-Baptiste Eyraud, le fondateur du Droit au Logement, n’engage pas le Dal dans une action d’envergure sans le consulter.

Un style médiatique

Ne passe pas au journal télévisé qui veut. Le marché de l’information est sélectif. L’audimat demande de l’émotion en plus de l’exercice de la rationalité, de la production de lisibilité. La capacité à traduire en images une proposition est donc souvent alliée à l’urgence. Celle des Biafrais au piège d’une guerre sans issue. Celle des « nouveaux pauvres » qui meurent les soirs les plus glacés dans la nuit parisienne. Celle des jeunes de la « deuxième génération » qui se font tirer dessus. Celle des malades du sida, etc. Les médias-associations « donnent à voir » des questions, qui sans elles n’auraient pas reçu la même couverture médiatique. Mais la télé a ses contreparties. La course à l’audience la plus large incite au consensuel. La rhétorique morale y concourt, tout comme la labellisation, le parrainage accordé par d’autres personnalités médiatiques, d’où la prééminence du show biz sur les intellectuels. D’où aussi le recours fréquent aux concerts, dans la rue (avec Sos-racisme), ou en studio (avec les Restos du Cœur, ou Sol en Si).

Le style évolue parallèlement à celui des médias. Pour la télé, le style est charismatique. L’association n’a souvent pour figure que celle de son fondateur. La capacité à porter la parole est alors tout aussi importante pour son succès que celle d’imaginer les événements qui donnent à voir. Mais voici qu’avec la massification d’Internet, qui touche déjà des centaines de millions d’internautes de par le monde, un nouveau style médiatique apparaît à la fin de la décennie 90. Une association comme Attac est une tête de réseau. Par un processus de franchisation, de France, elle essaime dans quelque 25 pays, reflétant l’influence hors des frontières de l’hexagone du média porteur, Le Monde diplomatique, et de son directeur, Bernard Cassen. Mais elle a aussi la capacité, en s’associant avec des mouvements comme Jubilee 2000, de rassembler des cadres associatifs critiques de la mondialisation sur les cinq continents, comme à Genève, en juin 2000, à l’occasion de l’assemblée générale extraordinaire de l’Onu consacrée à la pauvreté.

La figure nouvelle de l’expert critique s’affirme d’autant mieux avec le primat de l’écrit sur l’image, dans le Net, et le fonctionnement en réseau plus propice au débat intellectuel. C’est à partir du décorticage du projet d’Accord sur les investissements multilatéraux (AMI), accompli par la coalition Salami à Montréal, et mis sur les circuits de la Toile informatique, qu’à Paris sont organisées les actions qui conduisent à l’abandon du projet par l’Ocde. Cette capacité d’expertise critique, qui s’était déjà manifestée, par exemple, en 1995, lors de l’occupation de la rue du Dragon à Paris, va apparaître au grand jour à Seattle, en décembre 1999 : elle aboutit au contre-sommet, organisé en réponse à la conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Un mode activiste

Une formule d’ACT UP Paris résume bien ce type d’action télé-médiatique mis en œuvre : les « zaps », des mouvements clips qui fonctionnent avec un très petit nombre de militants. Car les médias-associations cherchent rarement à recruter, à l’exception de celles qui ont été portées à leur naissance par des médias, comme Les Restos du Cœur, avec leurs trente mille bénévoles, ou Attac et ses vingt-sept mille adhérents. Les effectifs des autres sont bien plus réduits : de l’ordre de quelques milliers, voire de centaines. C’est qu’elles visent à toucher directement l’opinion publique par l’accès aux grands médias. Divergeant du modèle traditionnel, leur mode de fonctionnement s’écarte de la verticalité, du pyramidal, pour privilégier l’horizontalité. Au centre : un noyau d’initiatives. Autour : des cercles concentriques d’experts, de militants, de sympathisants, lesquels butinent d’événement en événement, d’association en association. Selon l’expression de Christophe Aguiton, créateur d’AC ! puis responsable international d’Attac, ils aiment à être « multicartes ». Par les interconnexions qu’ils facilitent, ils tempèrent leur émulation et poussent à l’émergence de réseaux inter associatifs.

Ce nouveau modèle, qui accorde un rôle éminent à l’opinion publique, ne s’affirme pas sans tâtonnements. Il apparaît d’abord dans le « sans frontiérisme ». Quand plusieurs ex-militants de 68 créent MSF, ils prévoient de trouver des ressources grâce à leurs collègues médecins, via Tonus, un journal médical. Mais les nécessités de l’intervention outre-mer rendent ce moyen de financement insuffisant. Première rupture : MSF décide de se lancer dans le recours aux techniques de marketing direct, en touchant l’opinion publique à travers des mailings.

Les conséquences sont importantes, car l’efficacité des demandes de don par publipostage est commandée par la notoriété de l’association, et plus largement par la confiance envers l’organisation et l’utilité de ses actions. D’où le poids des actions-événements qui permettent de prendre place sur le marché de l’information, et si possible du « prime time » télévisuel qui touche le plus grand nombre. Il s’établit ainsi un bouclage synergique entre le profil d’actions médiatiques et la notoriété de l’association, sa visibilité et sa lisibilité.

Dès la fin des Trente glorieuses, dans la décennie 70, les médias-associations sont entrées en résonance avec le désir d’affirmation et d’intervention directe de la société civile. D’où l’écho rencontré par les appels au don de MSF. Et les techniques de marketing direct – reprises des Etats Unis, d’abord par l’ARC et la Ligue nationale contre le cancer – vont permettre à cet écho de se matérialiser largement. Elles créent un marché du don, un marché unifié et... concurrentiel. Durant la décennie 80, les sommes collectées sont multipliées par dix pour atteindre environ dix milliards de francs.

Des montants aussi importants garantissent l’indépendance des médias-associations. C’est une autre différence avec les associations traditionnelles, qui dépendent souvent de subventions des pouvoirs publics (ou de financements automatiques dans le cas particulier des syndicats). En concurrence sur le même marché, les associations sont amenées à valoriser leurs actions les plus spectaculaires, et à reprendre les règles découvertes à la télévision d’un « sub-texte » fortement consensuel. Le donateur type est de sexe féminin, a des opinions centristes, etc.

Enfin, le mode de fonctionnement suppose une flexibilité, la capacité de se déplacer rapidement vers de nouveaux enjeux, d’anticiper les évolutions de l’agenda social. Pour autant, il ne conduit pas à une massification de l’action. L’ampleur des mobilisations reste limitée et fugace. A Paris, au plus haut, environ vingt mille personnes en novembre 1995 (contre les exclusions) et en novembre 1999 (contre les négociations de Seattle). Doit-on penser qu’en acquérant un large soutien dans l’opinion publique, les médias-associations abandonnent la vision traditionnelle du mouvement de masse ?

Une ambition civique

Depuis Durkheim, nous savons que des forces centrifuges s’opposent aux forces centripètes ; à celles qui poussent vers l’anomie s’opposent celles qui accroissent la cohésion sociale. Au premier rang de ces dernières, le mouvement associatif : le fait de créer une association fonde un contrat entre des individus, même si c’est pour des objectifs plus limités que ceux du contrat social entre les membres de la société. Il y a une véritable latence d’appartenance civique dans une association. Ainsi n’est-il pas surprenant, le chômage de masse progressant et le lien social se délitant, que les médias-associations aient été aimantées par les questions d’exclusion, dans le nouveau cycle social qui suit les Trente glorieuses. Médecins du Monde, dès 1986, puis Médecins sans Frontières, cessent d’intervenir exclusivement à l’étranger. D’ailleurs, les donateurs, dans différents sondages, expriment une préoccupation croissante devant la situation nationale. Au début des années 90, ils affirment leur priorité en faveur d’actions ciblées vers la France. Le « sans-frontiérisme » se retrouve dès lors sur le même terrain que les Restos du Cœur. Mais ces nouvelles associations sont rejointes par les grandes organisations caritatives qui s’adaptent à l’unification du marché du don, en modernisant à leur tour leurs appels à la générosité et à l’altruisme. Le Secours catholique et le Secours populaire prennent un contour marketing et parviennent à surfer sur la crête de la massification des dons.

Or, en se recentrant sur les questions d’exclusion, les médias associations vont se créer un nouveau lexique, fédératif. Elles opèrent par là un déplacement sémantique et politique. L’affirmation de droits à remplace la vieille démarche revendicative, avec le droit au travail, déjà inscrit dans le préambule de la Constitution, mais aussi celui au logement, « aux papiers », à la santé, etc. Cette problématique permet d’incarner la démarche éthique, dans un langage compréhensible et acceptable, y compris pour les gouvernements. Mais elle est aussi le reflet des bouleversements de la société française, liés à l’affaiblissement de l’Etat central et à la prise en compte des nouveaux rapports qui s’instaurent entre individus et institutions. A partir de 1995, et de l’occupation de la rue du Dragon par le DAL, ces « droits à » ont des ressortissants : les sans travail, logement, papiers, etc. Ce lexique des « droits à » et des « sans » suit l’invention de la figure de l’exclu, au début des années 90. Alors que Coluche et les médias désignaient, sous le vocable de « nouveaux pauvres », cette nouvelle catégorie sociale propre aux temps de chômage de masse, quelques années, plus tard, s’impose celui d’« exclus ». Dans cette translation sémantique, les cadres des médias-associations s’éloignent du registre de l’égalité, avec la vision verticale d’une société divisée en classes qui lui est associée dans les représentations de la gauche, pour un modèle, beaucoup plus horizontal avec des périphéries, celles des exclusions, et des centres de pouvoir. Ainsi, l’accroissement des inégalités, par le délitement du lien social qu’il provoque, amène à réinscrire dans un nouveau cadre, voire à lui subordonner, les préoccupations égalitaires.

Mais la thématique fédérative des exclusions recèle une force et une dynamique. Elle permet la convergence d’associations luttant, qui contre le sida, qui contre le racisme, qui contre le mal-logement, qui contre le chômage... Cette coalescence des médias-associations, apparue dès le début des années 80, ouvre des passerelles vers les syndicats, qui furent, à l’origine, une excroissance du mouvement associatif (la première internationale ouvrière ne s’appelait-elle pas l’Association internationale des travailleurs ?). Cependant, pour les partis de gauche et les syndicats, le monde du salariat demeure leur lieu traditionnel d’activité. Ceux qui basculent en dehors se retrouvent hors de leur champ d’intervention. De surcroît, dans une société où la valeur fondamentale est le travail, en être privé revient à être privé d’existence sociale. Les quelques tentatives d’organisation d’un milieu aussi déstructuré furent difficiles, que ce soit celle du « syndicat des chômeurs » de Maurice Pagat ou celle à l’initiative de la CGT dès 1978. Il fallut, pour cette dernière, attendre l’intervention de Charles Hoareau à La Ciotat, en 1991, pour dégager un mode d’emploi permettant l’organisation de masse de chômeurs par ses comités des Bouches-du-Rhône.

La mise en réseau associativo-syndicale est formalisée en 1993, lors du lancement d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage !), autour de deux syndicalistes de Sud et de la Cfdt, Christophe Aguiton et Claire Villiers. Elle reçoit l’appui de la Fsu et la participation de nombre de médias-associations, comme le Dal, Sos-racisme, etc. Cette alliance est étendue, en 1995, autour de l’occupation de la rue du Dragon, avec la participation d’associations plus diverses, comme Emmaüs ou MDM. La CGT s’associe pleinement à l’organisation de la manifestation contre les exclusions, lors de la campagne présidentielle de 1995. Une convergence s’annonce ainsi entre associations et syndicats, qui s’affirme à l’occasion du mouvement de novembre-décembre 1995. Cette mouvance est largement présente lors de la création d’Attac, puis du Comité de coordination contre l’Omc (Ccc-Omc), autour de « Droits devant !!», en 1999.

La question des relations avec l’Etat est bien antérieure. Elle a pour racine le déficit d’action sociale, lequel a d’abord (chronologiquement) une explication institutionnelle. En France, l’Etat social a été construit pendant les Trente glorieuses. Il est conçu pour une situation de plein emploi, et non pour une situation de crise sociale. Les problèmes de financement de la Sécurité sociale, des allocations de chômage, ou du revenu de tous ceux qui ne pourraient retrouver du travail rapidement n’avaient pas été pensés. L’inertie propre à toute institution a entraîné un retard dans l’adaptation à la crise. Cette adaptation s’est faite avec d’autant plus de mal que le libéralisme, avec l’accession au pouvoir de Reagan et de Thatcher, était sorti de la posture défensive où l’avaient plongé la première guerre mondiale puis la crise de 1929. Les libéraux réactivaient leur critique de « l’Etat-providence » avec d’autant plus de force qu’ils s’appuyaient sur la globalisation économique.

Dans les années 80, le développement du nouveau modèle associatif se fait avec la connivence – ou le laisser faire – des partis de gauche, au pouvoir. Avec le tournant de la rigueur, en 1983, le premier septennat de François Mitterrand choisit de considérer que le maintien d’un niveau élevé de chômage, et donc de la pauvreté, est temporairement inévitable, compte tenu de l’état du rapport de forces sur le marché mondial. Dans ce contexte, le développement de ces associations apparaît complémentaire à l’action des administrations ou des partis. L’Etat ne se donnant pas les moyens de faire face à la montée du chômage de masse et de la précarité. Ces associations ont ainsi un espace.

On peut remonter d’une série de dispositifs législatifs à la modification de l’espace public à l’initiative des associations. Ainsi de la modification du dégrèvement fiscal des dons aux associations (« amendement Coluche »), aux Restos du Cœur. Ainsi de l’institution du RMI, en 1998, à la place prise par ATD Quart monde (association issue d’un départ de militants des Communautés Emmaüs dès la décennie 50). Ainsi, au travers de la loi Besson et de l’évolution de la jurisprudence, de la reconnaissance d’une sorte de droit quasi constitutionnel au logement, entre 1990 et 1995, au Dal. Ainsi de la Couverture médicale universelle, en 1999, aux deux collectifs associatifs qui obtinrent des candidats Chirac et Jospin, en 1995, dans la foulée de l’occupation de la rue du Dragon, des engagements en faveur d’une loi-cadre contre les exclusions. La réduction du temps de travail à trente cinq heures, en une seule étape, au travers de l’insistance des Verts et du Parti communiste qui l’emporte sur la formule socialiste des étapes (« 37,5 heures d’abord »), tient en partie à leur influence et à celles des mouvements de chômeurs.

Un tel tracé demande cependant une bonne connaissance des processus qui conduisirent à ces législations. Il n’est pas de cas où d’un rapport de forces, d’un mouvement de masse symbolique, ces médias-associations aient obtenu directement la reconnaissance d’un droit. Leur efficience passe par d’autres moyens, par des médiations. Bien que le poids de militants formés en 68 soit lourd dans ces médias-associations, que leurs liens avec l’extrême-gauche soient avérés pour certaines, il n’en demeure pas moins que l’on peut chercher à qualifier leur action de « lobbyisme civique ».

Mais, avec les libertaires, ils jouent aussi, dans les années 90, un rôle dans la radicalisation des associations. Leur méfiance envers un leadership charismatique, la critique intellectuelle des médias présentés comme des instruments de consensus, les incitent à rééquilibrer l’image par l’écrit, la télé par le Net. Leur aptitude à l’abstraction les pousse à globaliser les actions séparées de ces associations, en promouvant, eux aussi, malgré toutes ses ambiguïtés, le cadre référentiel des « exclusions ».

Globalisation associative

La plasticité des médias-associations est sans doute remarquable. Leurs prémices apparaissent dans les années 70. Elles se développent dans le cycle de montée du chômage de masse, inscrivant sur l’agenda politico-médiatique des questions qui n’auraient pas été posées, ou qui l’auraient été plus tardivement. A la naissance du xxie siècle, le retour d’une croissance forte et la perspective du plein emploi reprise par les partis de gauche ne les enferment pas dans l’accompagnement du reflux du chômage de masse. Des exclusions, elles élargissent leur champ à la critique de la mondialisation. Les liens noués avec la Confédération paysanne facilitent cet élargissement thématique. De son côté, José Bové, dans sa relation aux médias, sait tirer profit de l’acquis des médias-associations et se révèle producteur d’événements télémédiatiques. L’évolution d’ACT UP Paris, de Droit Devant !!, impliquée dans la coordination des luttes contre l’OMC, sont symptomatiques de la globalisation associative, comme la mise en réseau international d’Attac. Se recycle ainsi l’inspiration des médias-associations pionnières, de celles qui dirent « les frontières, on s’en fout », comme MSF, présente, elle aussi, à Seattle, contre le prix des médicaments anti-sida dans les pays du Sud, et auréolée de son récent prix Nobel de la paix. Une autre légitimité que celle des « divisions » d’adhérents, une autre représentativité s’affirme...


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