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Les résultats de l’enquête « Que du bonheur » menée par l’association Générations cobayes en 2016[1] révèlent que les jeunes actifs sont en majorité satisfaits de leur activité professionnelle : 62 % affirment s’y sentir « plutôt bien » ou « complètement bien ». Un résultat étonnant, au vu des conditions difficiles, de la précarité grandissante et d’une insécurité omniprésente, que peut expliquer, pour partie, la méthode de l’enquête : le questionnaire, accessible uniquement sur Internet, a circulé principalement dans les réseaux d’entrepreneurs sociaux (MakeSense, Ticket for change) et les associations d’étudiants (Animafac, Junior-Entreprises). Le chiffre n’en garde pas moins son importance : d’après l’enquête, plus on est heureux au travail, plus on est heureux globalement ! Chercher le bonheur au travail – et le trouver – ne serait donc pas un luxe ? Les jeunes consultés déclarent (pour 58 % d’entre eux) que le travail est d’abord une source d’épanouissement personnel, plutôt qu’un moyen de subsistance. Pour 89 % d’entre eux, gagner de l’argent n’est pas la priorité. Pour une grande majorité, il est « primordial » d’exercer une activité professionnelle en accord avec ses valeurs (80 % des répondants), dans laquelle on se sent utile aux autres (60 %) et qui passionne (75 %). Se dégagent de l’enquête des envies d’indépendance, d’autonomie, d’apprentissage de nouvelles compétences, de reconnaissance et de bonne entente avec les collègues… Étonnamment, la recherche du sens et du bonheur au travail prévaut sur la quête d’un contrat à durée indéterminée (CDI), considéré comme « pas important » ou « pas essentiel » pour plus de 60 % des répondants. Que penser alors de tous ceux qui, comme à la Jeunesse ouvrière chrétienne, rappellent combien le CDI peut être vital ? D’évidence, les populations de jeunes consultées ne sont pas les mêmes et l’enquête « Que du bonheur » fait bien apparaître que les chiffres donnés (bonheur au travail, penchant vers les carrières mobiles, primauté des valeurs sur la rémunération, etc.) sont d’autant plus importants que le niveau de diplôme est élevé.


[1] Enquête menée auprès de 54 000 Français entre 18 et 35 ans.

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