Brigitte Wieser est militante du collectif Réseau éducation sans frontières (RESF) et architecte.

Brigitte Wieser est militante du collectif Réseau éducation sans frontières (RESF) et architecte.

Projet – Comment en êtes-vous venue, personnellement, à vous engager dans le collectif Réseau éducation sans frontières (RESF) ?

Brigitte Wieser – La question des sans-papiers m’interpelle, car elle est révélatrice d’un choix de société. La violence qui leur est faite est pour moi inacceptable. Toutes les formes d’exclusion m’ont toujours gênée. RESF, c’est venu par hasard. En 2004, mon fils était en terminale au lycée Voltaire [Paris, XIe arrondissement] et une fille de sa classe, excellente élève, a soudain eu des résultats en chute libre. Comme présidente de la FCPE[1], j’ai réalisé qu’elle avait des problèmes matériels – elle ne mangeait plus à sa faim. On les a réglés grâce au fonds social lycéen. Arrivée en France à 15 ans et demi, elle était seule et venait d’avoir 18 ans; j’ai tout de suite pensé à un problème de papiers. Après avoir nié, elle m’a avoué avoir reçu un arrêté de reconduite à la frontière. Elle avait peur et honte de le dire. Comme toujours chez les jeunes : alors que notre société les maltraite, ce sont eux qui ont honte. Nous pensions que c’était un cas à part. Mais le réseau venait de se créer, dans les départements de la proche banlieue (92, 93, 94). Quelques professeurs, confrontés au problème d’élèves qui devenaient sans-papiers à leur majorité, se sont dit que leur expérience devait servir à d’autres. Ils n’imaginaient pas alors qu’il y en avait dans tous les lycées. Or, lors de la fête de régularisation de cette jeune fille au lycée Voltaire, huit jeunes dans la même situation sont venus nous voir. Il y en avait forcément ailleurs.

Projet – Peut-on mesurer l’ampleur du réseau? Connaît-il un essoufflement?

Brigitte Wieser – Le réseau est présent dans quasiment tous les départements[2]. Naturellement, il l’est plus là où il y a beaucoup d’étrangers, comme dans les grandes villes : Marseille, Lyon, Lille, la région parisienne… Mais il est impossible de savoir combien nous sommes. RESF n’est pas une association : il n’y a pas d’adhérent. Même sur un quartier, le nombre de militants est très élastique. Nos forces sont dans les écoles. C’est là que la mobilisation remporte des victoires. Dans un collège, nous ne connaissions qu’une personne se disant RESF. Pourtant, dès le lendemain de l’arrestation d’un parent d’élève menacé d’expulsion, ce collège s’est mis en grève; les élèves étaient dans la rue et une quarantaine de personnes se sont rassemblées au tribunal administratif. En cas d’urgence, tous les établissements peuvent être mobilisés. Même une crèche. Néanmoins, tout le monde ne se mobilise pas. Nos informations circulent, via les syndicats d’enseignants. Mais si tous les syndiqués, les encartés, les militants d’associations étaient dans la rue, ça se verrait! Aujourd’hui, la cause mobilise moins qu’en 2006. Regardez la loi Besson bientôt adoptée : très peu de gens sont au courant! Je ne crois pas qu’il faille parler d’essoufflement. En 2006, nous avons bénéficié de l’effet de nouveauté. Aujourd’hui, il y a une lassitude, une banalisation. Au début, une école se mobilisait dès que des parents étaient sans papiers. Ensuite, seulement lorsqu’ils recevaient une OQTF [Obligation de quitter le territoire français]. Maintenant, il faut pratiquement attendre la mise en rétention. Il est devenu difficile de mobiliser hors urgence.

Projet – Pouvoir s’autoproclamer RESF ne pose-t-il pas de problème?

Brigitte Wieser – Au contraire. Aujourd’hui, des gens se disent « on va demander à RESF », comme s’il y avait une professionnalisation du réseau. Je leur réponds : « RESF, c’est vous ». RESF n’a pas de salarié, même si des professeurs sont déchargés par plusieurs syndicats (CGT, Sud, Snes, FSU…). Tout le monde a la même légitimité : la personne qui suit une famille dans son école et l’accompagne à la préfecture, comme celle qui parle aux médias, va aux manifestations, aux réunions, écrit les communiqués. Nous ne voulons pas de catégories : il faut faire très attention à respecter tout le monde, notre force réside dans ceux qu’on ne voit pas.

Projet – RESF se présente comme un réseau sans porte-parole, sans hiérarchie. N’existe-t-il pas de facto un leadership de certains? Est-ce source de tensions?

Brigitte Wieser – Il est vrai que nous ne voulons pas de porte-parole, mais nous y sommes contraints par certaines situations. Personnellement, je me décris comme militante. Quand un journaliste me contacte à propos d’un jeune en rétention, je le renvoie vers le référent du dossier. En revanche, quand celui-ci nous demande de réagir à des propos de M. Hortefeux, il est difficile de l’adresser à quelqu’un qu’il ne connaît pas, dont il ne sait pas s’il est légitime pour s’exprimer sur la question. Certains militants sont plus visibles, c’est un fait, mais cela peut tourner. Ensuite, la préfecture veut avoir un interlocuteur. Même si nous y résistons, elle décide qui est son contact. Un jour, une mère de famille était à Roissy, prête à être expulsée, alors que j’étais en réunion. Deux heures plus tard, j’avais une vingtaine de messages sur mon téléphone! Tout le monde avait essayé de joindre la préfecture, mais personne ne voulait leur parler. Quand j’ai appelé, le problème s’est résolu tout de suite. J’ai alors proposé de nommer une dizaine de référents, mais le réseau a refusé. Résultat : quand je m’absente, je donne le nom d’un contact à la préfecture. Pour les communiqués de presse, ce sont aussi souvent les mêmes qui écrivent. Certains disent : « Si vous faisiez un communiqué? ». Qu’ils le fassent! La différence avec les associations classiques, c’est qu’il n’y a pas de chargé de communication. Nous avons donc créé une petite équipe, via une liste électronique, qui gère les communiqués et les « RESF infos » (appel à l’action envoyé chaque semaine à une liste de 30 000 personnes). In fine, ces questions de leadership engendrent très peu de tensions. La légitimité s’acquiert sur le terrain, pas ailleurs.

Projet – Comment assurer une pérennité de l’engagement quand il s’agit d’une première expérience militante?

Brigitte Wieser – Si certains ont toujours été militants, la grosse majorité ne l’a jamais été : souvent, ils ne veulent pas s’engager dans des partis, des associations dont la structure pyramidale ne leur convient pas. Quand ils défendent le père du copain de leur fils, ils finissent bien sûr par se poser la question des autres sans-papiers. Certains deviennent très militants, d’autres ne dépassent pas cette mobilisation ponctuelle. Ou bien ils considèrent qu’ils sont dans le réseau, sans faire grand-chose, mais ils seront là le jour où l’on aura besoin d’eux.

Projet – Quelle est la part d’auto-organisation des sans-papiers?

Brigitte Wieser – Nous sommes mauvais sur ce point. Dans un collectif de sans-papiers, il y a des sans-papiers, bien sûr, et des soutiens. À RESF, il y a bien quelques sans-papiers ou ex sans-papiers qui tiennent avec nous la permanence, d’autant qu’on a besoin d’interprètes, mais aux réunions, nous n’en voyons quasiment pas. À Paris, un groupe de jeunes majeurs se réunit une fois par mois; d’autres montent une pièce de théâtre pour défendre la cause. Les sans-papiers sont des hommes et des femmes comme les autres : certains s’engagent dans la solidarité, d’autres non. Les étrangers venant de pays où la solidarité fait partie du quotidien comprennent facilement notre engagement, d’autres ont plus de mal. Je leur explique que ce n’est pas pour eux, mais pour nous que nous agissons. Car nous ne voulons pas de la société qu’on nous propose, fondée sur l’exclusion, la méfiance. Je n’aime d’ailleurs pas le terme de bénévole : comme si c’était une action unilatérale.

Projet – L’accent mis sur la situation des enfants est-il tactique, destiné à susciter l’émotion?

Brigitte Wieser – Il correspond à la réalité. Notre combat, ce sont les jeunes qui deviennent sans-papiers à leur majorité et les parents d’enfants scolarisés en France. Quand d’autres sans-papiers viennent à la permanence, je ne peux que leur donner quelques conseils et les orienter. Il appartient aux syndicats de défendre les travailleurs sans-papiers, aux associations féministes de défendre les femmes sans-papiers… Inutile de heurter nos membres, comme ceux qui considèrent qu’il n’est pas dans nos prérogatives de militer pour tous les sans-papiers. Dans certains départements, comme le Puy-de-Dôme, RESF s’est construit à partir d’anciens collectifs de sans-papiers et n’a aucun souci pour signer un appel général à la régularisation, mais un tract national ne le demandera pas. À la marge, RESF s’engage aussi sur des enjeux nationaux. Le 9 mars [2011], nous avons manifesté contre la loi Besson. RESF fait partie des onze organisations qui ont demandé la régularisation des 6 000 travailleurs grévistes : certains sont aussi parents d’élèves. Mais au quotidien, nous agissons pour les jeunes et les parents d’élèves.

Projet – Quels sont les modes d’action du réseau?

Brigitte Wieser – Quand une personne est en garde à vue, elle a le droit de passer un appel téléphonique. Ses proches nous préviennent tout de suite et RESF appelle à un rassemblement devant le commissariat où elle se trouve. Nous apportons les certificats de scolarité de ses enfants, leur acte de naissance… Après, il y a un fax ou un coup de téléphone du chef d’établissement, puis un appel à fax sur les listes (en invitant les militants à rester courtois!). Les préfectures comptent le nombre de fax ou de mails : ils en reçoivent parfois 200! Il est rare qu’une personne aille en rétention lorsque nous sommes alertés assez tôt. Une fois en rétention, c’est plus compliqué. Nous lançons là aussi des appels à fax et mails; nous assistons aux audiences de la personne au tribunal administratif, devant le juge des libertés et des détentions; nous lui rendons visite, à 8 ou 10, au centre de rétention; nous organisons des rassemblements devant les écoles; nous accrochons des banderoles, « M. Chen en rétention depuis X jours », ce qui finit par attirer aussi des gens du quartier. Souvent, nous parvenons à faire libérer le sans-papiers : le préfet n’aime pas le désordre! Plus qu’un bon dossier, c’est la mobilisation qui fait la différence. Mais les modes d’action peuvent varier à travers la France. Par exemple à Paris, le 5 juillet 2006, nous avons apporté 700 dossiers de régularisation à la préfecture, au moment de la circulaire Sarkozy. Nous avons été pris au sérieux.

Projet – Internet est le nerf de RESF. Quel intérêt, quelles limites y voyez-vous?

Brigitte Wieser – Le web permet une réactivité inenvisageable autrement. Bien sûr, il faut faire attention à ce que nous disons : tout le monde peut s’inscrire sur nos listes, y compris les policiers. Au début, nous n’avions qu’une liste… Devant l’afflux de militants, nous en avons créées par département, voire par quartier. À un moment, pour prendre des décisions, nous écrivions à une dizaine de personnes : ce n’était guère démocratique. Nous avons donc créé une liste « burot » : seules deux ou trois personnes par département s’expriment et tous les inscrits reçoivent le contenu des échanges (sauf à Paris où nous ne nous sommes pas mis d’accord!). C’est ainsi et en réunion nationale que les décisions importantes sont prises.

Projet – Quel bilan dressez-vous de l’efficacité de l’action du réseau?

Brigitte Wieser – Il n’y a quasiment plus d’expulsions de jeunes, ni de familles. Les autorités ne veulent pas d’histoire : quand RESF est sur le coup, elles reculent souvent. Lors d’un contrôle d’identité, si un policier voit un certificat de scolarité, il laisse tomber.

Les régularisations, en revanche, restent laborieuses : certains sans-papiers, qui relèvent de la circulaire 2006, ne sont toujours pas régularisés! À Paris, la préfecture a proposé de négocier au cas par cas. En contrepartie, elle exigeait qu’on accepte sans broncher sa décision. Après notre refus, le préfet a répondu que c’était la dernière fois qu’il nous voyait.

Projet – Avez-vous fait bouger l’opinion, y compris dans les écoles? Votre action suscite-t-elle des résistances?

Brigitte Wieser – Nous cherchons clairement à médiatiser notre action. Je préfère quelques minutes au 20 heures de TF1, ou une tribune dans Le Figaro, qu’un article dans un journal dont les lecteurs sont acquis à notre cause. Reste qu’il est très difficile de faire évoluer l’opinion. Quand mon téléphone sonne pour quelqu’un en rétention, des amis continuent de me demander : « Qu’est-ce qu’il a fait? ». Il n’a rien fait : il est juste sans-papiers! La bataille de l’opinion n’est pas gagnée… Comme la question est moins porteuse qu’en 2006, il y a aujourd’hui plus de frictions. À l’école, les banderoles font parfois débat. On reçoit même des lettres anonymes. La FCPE, depuis qu’elle est engagée dans RESF, a perdu des adhérents, mais elle en a aussi gagné d’autres. Quant aux sans-papiers, ils ont compris que plus ils étaient connus, plus ils étaient protégés contre l’expulsion. Le mot « clandestin » est devenu hors propos. Il convenait à une époque où les sans-papiers rasaient les murs. À présent, ils vont souvent à la préfecture, qui a des dossiers épais sur chacun. Grâce à RESF, les gens ont découvert qu’un sans-papier pouvait être parent d’élève. En 2008 avec les syndicats, l’opinion a découvert que les sans-papiers travaillaient. Quand RESF, la CGT, Act up font du bruit devant la préfecture, elle recule. Résultat, les jeunes n’hésitent plus à donner des interviews, à écrire sur notre site. Ils veulent être cités avec leur vrai nom. Nous n’avons eu aucun souci pour en trouver qui acceptent de témoigner aux Semaines sociales de France[3] – moment où ils ont trouvé une véritable écoute, au-delà des cercles militants.

Projet – Votre démarche rencontre-t-elle un écho chez les chrétiens?

Brigitte Wieser – Nous suivons des jeunes dans des lycées catholiques, sans qu’il y ait de mobilisation à proprement parler. J’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de catholiques pratiquants à RESF, mais nous obtenons souvent le soutien des chrétiens, via le Réseau chrétien-immigrés, par des articles dans Témoignage chrétien, une prise en charge de jeunes par les Orphelins d’Auteuil. Certains jeunes sont soutenus au niveau paroissial – ce qui joue souvent un rôle important pour leur régularisation. Il nous est même arrivé de faire intervenir Mgr Vingt-Trois auprès d’une préfecture pour des cas compliqués.

Projet – Le discours de RESF, qui n’hésite pas à parler de « rafles » d’enfants, ne vous rend-il pas moins audible d’une partie de l’opinion, notamment à droite?

Brigitte Wieser – Il faut appeler un chat un chat. Le mot « rafle » n’a pas été inventé en 1942. Il a une signification précise : une arrestation massive dans un lieu donné. Quand on voit comment on procède à la sortie du métro, en contrôlant alternativement les Chinois, les Africains, etc., on ne peut pas dire autrement. Nous parlons aussi de « ministre de la rafle et du drapeau », ce qui a eu le don d’énerver Brice Hortefeux comme Éric Besson. Nos communiqués se veulent un peu humoristiques; il est possible que ce style nous marque politiquement, mais nous ne cherchons pas à en rajouter. La situation se suffit souvent à elle-même. Et même si la majorité des militants de RESF sont à gauche, l’éventail est très large. Il y a dans le réseau des électeurs de Nicolas Sarkozy. Dans certaines écoles, des fédérations de parents d’élèves plutôt marquées à droite se mobilisent.

Projet – Le gouvernement a annoncé 29 000 expulsions en 2009. La mobilisation de terrain ne trouve-t-elle pas là ses limites? Cherchez-vous à faire évoluer les politiques migratoires?

Brigitte Wieser – Pour la première fois, en 2010, le gouvernement n’a pas atteint ses objectifs de quotas, même en allant chercher des Roumains, qui représentent au moins un tiers des expulsions. Ils ne résistent pas car ils peuvent revenir très vite! Au sein du réseau, certains disent : « La politique, on s’en fout ». J’estime au contraire que notre action est éminemment politique. Nous menons des actions d’interpellation, seuls ou avec d’autres (la Ligue des droits de l’homme, la Cimade, le Gisti[4]) : en 2007 auprès des candidats, ou récemment, par une lettre aux parlementaires sur le projet de loi Besson. Mais nous nous interdisons d’appeler à voter pour un candidat, et même d’appeler à voter : certains ne votent pas, c’est un choix.

Projet – L’évolution des politiques à l’égard des migrants va-t-elle uniquement dans un sens répressif? Est-elle différente ailleurs en Europe?

Brigitte Wieser – Jusque-là, chaque loi apportait un peu plus de répression. La loi Besson, qui devrait être adoptée au printemps, marque un vrai tournant. Elle empêcherait les juges de faire leur travail! Les sans-papiers, qui n’ont commis aucun délit, seraient expulsés avant même que le juge des libertés ait pu se prononcer sur la légalité de la procédure. Les sénateurs avaient refusé ce dispositif, mais l’Assemblée nationale l’a rétabli. Dans le projet de loi, la notion de zone d’attente s’étend au point qu’elle permet d’interpeller n’importe qui, n’importe où, sans réquisition du Parquet. L’allongement de la durée de rétention de 32 à 45 jours ne ferait que prolonger l’humiliation, sans faciliter les expulsions. Quant à l’OQTF, le préfet déciderait si elle s’assortit ou non d’une interdiction de retour. Est-ce que ce sera la norme? Qu’adviendra-t-il quand on expulsera un père de famille? L’État dit qu’il lutte contre les passeurs, mais dans ce type de cas, il fait tout pour leur donner du travail! L’Europe peut protéger le droit des migrants : le 21 mars 2011, le Conseil d’État a jugé la loi française incompatible avec le droit européen, parce qu’elle permettait d’expulser les étrangers sans leur notifier un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière ni leur donner un délai de 7 à 30 jours pour préparer leur départ. Mais dans l’ensemble, c’est l’Europe forteresse qui s’est construite, notamment sous impulsion française en 2008. Certains pays ont opéré des régularisations massives. La France aurait pu le faire. On compte officiellement entre 200 000 et 400 000 sans-papiers. 30 000 expulsions, c’est du vent : ce qu’ils veulent, c’est décourager les candidats à l’immigration. De toute façon, ceux qui sont là travaillent : des secteurs comme la restauration, le ménage, le bâtiment, l’aide à la personne s’écrouleraient sans les sans-papiers, au point que certaines entreprises et un syndicat patronal de l’hôtellerie-restauration plaident pour leur régularisation. Il y a aussi des patrons qui en profitent, et ceux qui ne savent pas. Leurs employés peuvent être devenus sans-papiers. Le rêve? Que les sans-papiers fassent grève. L’opinion publique ouvrirait les yeux!

Projet – Avez-vous des alliances au niveau européen ou international?

Brigitte Wieser – Il n’y a pas d’équivalent de RESF en Europe, mais nous avons des contacts en Grande-Bretagne et en Belgique. RESF Maroc accueille les personnes expulsées et les aide à s’orienter. Tout comme l’association des Maliens expulsés à Bamako, où il est très compliqué pour un expulsé de rentrer : souvent personne ne l’attend à l’aéroport. Il est parti depuis des années et ressent une telle honte qu’il ne rejoint même pas sa famille. Il tente de retourner en France.

Propos recueillis par Aurore Chaillou et Jean Merckaert


1 / . Fédération des conseils de parents d’élèves des écoles publiques, l’une des deux principales associations de parents d’élèves.
2 / . Voir la présence de RESF .
3 / . Du 26 au 28 novembre 2010 à Vincennes, les Semaines sociales de France ont réuni plus de 3 500 personnes sur le thème « Migrants, un avenir à construire ensemble ».
4 / . Groupe d’informations et de soutien des immigrés.



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