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Nouveau contexte mondial, tension croissante entre droits sociaux et développement économique... La croissance à tout prix, fondée sur l'exploitation des ressources primaires, est-elle la clé d'un développement durable ?

Projet – Comment caractériser l’évolution du Brésil depuis vingt ans ?

Guilherme Delgado – L’économie et la politique du Brésil pendant les deux dernières décennies, ont été marquées par deux changements structurels décisifs. Le premier est de nature politique, avec l’élaboration et la mise en œuvre de la Constitution fédérale de 1988. Celle-ci a résulté d’un long processus de luttes pour la démocratie : luttes pour les droits politiques et civiques, mais aussi pour les droits sociaux. Ce fut une période d’émancipation des mouvements et des organisations populaires, durement poursuivis et marginalisés pendant la dictature. Pour la première fois, la Constitution contient une partie spécifique sur les droits sociaux, autrefois considérés comme relevant du champ économique.

Mais, parallèlement à la démocratisation, le Brésil, comme d’autres pays d’Amérique latine, est engagé dans un mouvement de libéralisation dans un contexte de mondialisation. Le poids des États-Unis et des organismes comme le Fmi, la Banque mondiale, ou l’Omc, augmente et joue un rôle important dans la politique économique.

On observe dès lors une tension croissante entre les mouvements de défense de la démocratie et des droits sociaux et les forces économiques qui se conforment au « consensus de Washington » : ouverture des frontières, privatisations, dérégulation, qui entraînent une concentration du pouvoir et de la richesse.

Projet – Quelle est donc la situation de l’économie ?

Guilherme Delgado– Depuis l’après-guerre jusqu’au début des années 80, le Brésil a vécu un processus intensif d’industrialisation et d’urbanisation lié à une forte croissance. Celle-ci connaissait des niveaux semblables à ceux de la croissance chinoise aujourd’hui, avec des augmentations annuelles du Pib de huit, neuf ou dix pour cent.

Mais, à partir de 1982, ce fut la rupture. On assiste alors à une réorganisation de l’économie mondiale. Les pays en développement ne parvenaient plus à faire face à leurs dettes : d’où un réajustement négatif. Cette période a été caractérisée par la stagnation, une croissance économique par tête nulle, des taux d’intérêt très élevés et l’augmentation de la dette. La situation économique a périclité, jusqu’en 2002, quand le Brésil a pu se réinsérer dans l’économie mondiale avec une nouvelle vigueur, et prendre une place plus grande dans le commerce international.

Le Brésil a une économie industrielle relativement complexe, qui s’est développée tardivement, dans la seconde partie du XXe siècle. D’importants secteurs sont intégrés dans le marché international (industrie pétrochimique, matériel de transport, aciéries, etc.). Mais ces secteurs perdent de l’importance par rapport aux exportations de l’agro-business qui, bien que lié à des industries connexes (aliments, boissons, papier et cellulose, métallurgie…) dépend pour l’essentiel de la production primaire et des « avantages comparatifs naturels » face à la concurrence.

L’actuelle insertion de l’économie brésilienne est clairement défavorable aux exportations industrielles (haute technologie et forte valeur ajoutée) et tend à favoriser une « primarisation » de l’économie. Aujourd’hui, on annonce de nouveaux gisements de pétrole en mer (« pré-sal »[1]), avec d’immenses possibilités. Mais cela signifie une « primarisation » accrue, à l’inverse de la situation des années 70, lors de l’industrialisation.

Projet – Cette reprise de la croissance et des exportations résulte-t-elle d’un changement de politique économique ou d’un nouveau contexte mondial ?

Guilherme Delgado – Les deux facteurs sans doute. Le nouveau contexte mondial est celui d’une croissance des pays asiatiques, la Chine et l’Inde en particulier. L’augmentation de la demande s’accélère. Le Brésil devient un grand exportateur de grains pour les rations animales (viandes bovine, de porc et de poulet) mais aussi d’éthanol pour alimenter les flux de voitures, de cellulose, de minerais bruts et semi-industrialisés (fer, bauxite, manganèse, aluminium, etc.). Ces exportations représentent de vastes niches pour une participation au marché. Les exportations ont été ainsi multipliées par quatre au cours des dix dernières années, passant de quelque 50 milliards de dollars par an pour la période 1995-1999 à une moyenne actuelle de 200 milliards. Les biens industriels ne représentent que moins de la moitié de celles-ci.

La politique économique n’a joué ici qu’un rôle « résiduel », passif. Elle a été à la remorque des marchés, surtout après la crise des taux de change de 1999, qui a obligé à suivre la ligne du soutien aux exportations, pour résorber le déficit externe et équilibrer la balance des paiements.

Mais cette politique n’offre qu’une réponse apparente. En termes comptables, elle a semblé efficace : le Brésil n’a pas connu de déficit de 2003 à 2007. Mais en 2008, 2009 et 2010, le déficit en compte-courant est de retour. Car exporter des biens primaires à n’importe quel prix ne résout pas le problème. Le capital investi réclame des résultats, sous forme de taux d’intérêt, de bénéfices, de dividendes. L’entrée des capitaux étrangers continue d’être importante. Elle est la base sur laquelle le pays, à partir de 2005-2006, acquiert des réserves internationales. Mais le « service » croissant de cet investissement conduit à une nouvelle augmentation du déficit dans les « transactions courantes » à partir de 2008. Le gouvernement laisse croire que le pays dispose aujourd’hui de solides réserves, et qu’ainsi le problème de la dépendance externe est résolu. En réalité, le capital qui arrive dans le pays demande d’être « rémunéré ».

La balance des paiements est positive du fait de l’entrée de capitaux étrangers. Mais le service qu’ils exigent est supérieur aux entrées que procurent les exportations. Il a manqué 24 milliards de dollars en 2009… il en manquera 50 en 2010. Plus le taux de croissance est élevé, plus grand est le déficit externe ! Dès lors, le pays doit manger ses réserves ou faire appel à de nouveaux capitaux étrangers. Si le déficit se maintient, celui-ci se fera plus rare : la situation déficitaire est un « feu orange ».

Projet – Peut-on présenter un panorama général des forces et faiblesses de l’économie brésilienne ?

Guilherme Delgado – Les marchés mais aussi les gouvernements jouent sur ce qu’on appelle « les avantages comparatifs naturels ». Le Brésil dispose de sols abondants et plutôt fertiles, d’eau, de lumière solaire, de ressources en biomasse, et de riches gisements dans son sous-sol. Une grande part de ces ressources est transformée et exportée pour répondre à une demande mondiale croissante. Si ces exportations ne représentaient qu’une part résiduelle du projet de développement, ce serait un atout, mais elles sont au centre du projet. D’où une série d’inconvénients sur les plans social, environnemental, et même financier.

Fragilité sociale, car ce processus de relance d’exportations primaires profite d’abord aux vieilles forces de production liées aux grandes propriétés terriennes, aux détenteurs de capitaux, et contribue à une concentration croissante de la richesse et du pouvoir. Les relations de travail sont perverties : emplois précaires, accidents mortels, pratique de l’esclavage. Cette mauvaise distribution par le marché peut être en partie compensée par des politiques sociales. En même temps qu’une politique de « développementisme nationaliste », le gouvernement de Lula a promu par ce biais de petites améliorations dans la distribution des revenus du travail.

Fragilité environnementale, car les règles, les précautions écologiques et les exigences nouvelles de préservation du milieu ambiant sont complètement désorganisées, comme le montre la tentative récente de modifier le Code forestier. Celui-ci ne considèrerait plus les forêts comme un bien social, jouant une fonction socio-environnementale, mais comme « matière première forestière ». Le risque est de transformer toutes les ressources naturelles en marchandises – la terre, l’eau, la biodiversité, les sols, etc. –, tout cela au nom des avantages comparatifs naturels. Les coûts sociaux et environnementaux de l’exploitation des terres sont reportés sur la société, alors que les bénéfices en sont captés par les propriétaires terriens et les détenteurs de ressources primaires. Et ces derniers pèsent d’un poids politique très fort, facteur de reproduction des inégalités.

La croissance à tout prix n’est pas la bonne solution : elle semble en partie la cause de notre grave problème agraire et contribue au problème écologique mondial. Sa mise en œuvre suppose de déboiser encore et d’augmenter les surfaces plantées en biomasse d’Amazonie et du Cerrado.

Projet – La figure du Brésil est celle d’un pays émergent dynamique, qui contrôle des technologies avancées.

Guilherme Delgado – La compétitivité exportatrice tient aujourd’hui à des avantages comparatifs naturels, plus qu’à la production industrielle. Les pays développés eux aussi produisent des voitures et des fusées, et ils mènent des politiques technologiques beaucoup plus vigoureuses. Nous n’avons que quelques activités industrielles connexes. Par exemple, pour produire l’aluminium, il faut de la bauxite et beaucoup d’énergie électrique. D’où la construction de nombreuses usines hydroélectriques (Belo Monte sera la troisième plus grande du monde) qui nous lient d’une certaine manière au modèle primaire exportateur avec un coût social et environnemental très élevé.

La priorité affichée, c’est le pétrole. C’est encore un produit brut, même s’il implique un long processus industriel pour son exploitation et sa commercialisation. Nous devrions investir davantage dans les services, dans les produits manufacturés et dans l’éducation pour tisser d’autres relations internes et externes que celles où nous pousse le marché.

Projet – Malgré d’immenses inégalités sociales, voit-on une amélioration ?

Guilherme Delgado – Depuis 1996, on observe une amélioration dans la distribution des revenus du travail. Les statistiques annuelles du Pnad (recherches nationales par échantillons de domiciles) en témoignent : l’indice de concentration des ressources est en baisse. Cette baisse provient moins d’une meilleure insertion de toute la population dans l’économie que de la reconnaissance de droits sociaux inscrits dans la Constitution de 1988, et des mesures qui la traduisent. Les deux forces – le mouvement d’affirmation des droits et de la démocratie, et celui opposé en faveur de la libéralisation du marché – sont toujours en tension.

Lula n’a réalisé aucune réforme qui puisse gêner le processus d’insertion dans l’économie mondiale et d’ouverture financière, avec ses conséquences négatives pour l’industrie moderne. La seule exception est la stratégie pétrolière d’exploration du « pré-sal ». Tout cela n’est pas vraiment débattu, mais est présenté comme la meilleure solution économique, la seule possible. Les médias, aux mains de grands groupes, contrôlent le débat. Une certaine synthèse peut s’opérer, il est vrai, grâce à une meilleure distribution des revenus du travail. L’application de la Constitution implique des droits dans les domaines de la prévoyance sociale, de l’assurance chômage, de la santé, de l’éducation de base. Les citoyens bénéficient ainsi de ressources qui comptent aujourd’hui pour environ 25 % dans le revenu interne du pays[2].

Mais la véritable consolidation du processus, dans une société inégale, dépendra surtout de la politique fiscale. C’est par les impôts prélevés sur toute la société que l’on peut répartir des ressources. Faute d’une réforme fiscale progressive et redistributrice, le mouvement d’amélioration peut être stoppé. Or de nombreuses forces conservatrices – bien organisées au Congrès – militent au contraire pour réduire les bénéfices sociaux.

Une meilleure distribution des revenus ne proviendra pas des forces des marchés, mais de la réforme d’une fiscalité particulièrement injuste au Brésil. Plusieurs organisations (Ong, syndicats, mouvements populaires, pastorales, universités…) coordonnent leur action pour qu’en 2022 (année du bicentenaire de l’indépendance) tous les travailleurs du Brésil puissent bénéficier d’une prévoyance sociale.

Le pays est actuellement dans une impasse. En 2008, le gouvernement avait voulu engager une réforme fiscale qui ignorait les intérêts de la majorité de la population. La mobilisation sociale l’a fait reculer. Le président Lula a alors tenté de présenter son projet sous une forme atténuée, comme s’il accordait une faveur au peuple. Il faudra rester attentif au programme du prochain président, en 2011. Le dilemme est toujours vif entre des droits sociaux à élargir et des impôts plus justes.

Projet – Il y a une certaine intégration de l’économie du Brésil avec celles d’autres pays de la région. Est-ce pour celle-ci une promesse ?

Guilherme Delgado – La première nouveauté a été la formation et la consolidation du Mercosur, créé en 1994 par l’Accord de Ouro Preto[3]. Zone de libre-échange au départ, il est devenu une union douanière et se propose à plus long terme de devenir un marché commun. Les échanges du Brésil avec les pays du Mercosur (Argentine, Uruguay et Paraguay) ou avec d’autres partenaires (Chili et Venezuela) ont fortement augmenté. Du point de vue commercial, le Mercosur a atteint son but, mais il reste encore beaucoup à faire pour que se forgent de véritables politiques communes qui pèsent dans le jeu international. On en est encore à la phase de l’union douanière !

Des discussions se poursuivent pour élargir le Mercosur, en intégrant le Venezuela. Mais cette question de l’élargissement suscite des remous, en raison des divergences idéologiques, y compris suscitées de l’extérieur, qui contaminent tout le processus. Les membres du Mercosur ont approuvé l’entrée du Venezuela, mais le parlement du Paraguay n’a pas encore ratifié l’accord. Ceci tient sans doute au caractère du gouvernement de Hugo Chávez, alors que des conservateurs dominent le Congrès du Paraguay.

L’outil de la construction sociale et politique de l’Union européenne a été celui d’une véritable intégration commerciale. Le Mercosur n’en est qu’à ses premiers pas. Les économies y connaissent des niveaux de développement très inégaux. L’économie brésilienne, qui prédomine en Amérique latine, présente encore des liens économiques de dépendance structurelle avec les pays développés. Le contexte de mondialisation commerciale et financière, qui n’existait pas à l’époque du Traité de Rome, est désormais omniprésent. L’intégration est un processus, qui avance plus par le biais politique que par celui économique. Mais en Europe aussi, le premier pas fut politique : la Communauté européenne du charbon et de l’acier précéda le Traité de Rome, puis la politique agricole commune, avant la Communauté économique et l’Union monétaire. Tout ceci fut autant le signe d’une évolution politique des États-nations que d’un processus économique et commercial. Le Mercosur est l’expérience d’intégration économique la plus avancée de la région et est appelé à se développer. Cette évolution me semble une voie favorable pour la création de zones économiques internationales qui disposent d’une certaine autonomie par rapport à la stricte hégémonie du capital international.

Projet – Quelles sont les possibilités de la Banque du Sud pour y contribuer ?

Guilherme Delgado – La Banque du Sud est née d’une proposition de H. Chávez, dans une période de pétrodollars abondants au Venezuela. Depuis, cette initiative a été un peu mise au frigidaire. Elle reposait sur une ingénierie financière commandée par le capital et par les circuits bureaucratiques d’États promoteurs de projets nationaux.

Mais je considère l’idée d’une banque de développement du Sud, indépendante de la Banque internationale de développement, de la Banque mondiale et du Trésor américain, comme une initiative de souveraineté positive. Elle permettrait de disposer de ressources et de favoriser une gestion partagée dans la région, qui aurait un véritable poids dans une logique de développement sans dépendre des banques internationales. L’idée serait d’attribuer une allocation de ressources selon les priorités des pays.

Projet – Le Brésil est-il prêt à participer de cette initiative ?

Guilherme Delgado – Le Brésil dispose déjà de la Banque nationale de développement économique et social (BNDES), un levier très important. La BNDES finance des projets à long terme de l’État brésilien et de grandes entreprises nationales ou internationales, mais elle contribue à reproduire les inégalités. La Banque du Sud pourrait avoir une fonction plus pertinente. Car elle est pensée sur un modèle de développement plus égalitaire, pour encourager les économies plus solidaires, familiales, des expériences autogestionnaires ou des projets nés d’initiatives politiques communautaires dans la région. Pour l’avenir, cette créativité aura besoin d’une institution de cette portée. Mais la Banque du Sud n’est encore que l’ombre d’elle-même, une utopie qui parie sur le développement politique et économique de la région.

Projet – Pour terminer, quels sont les scénarios probables pour le futur ?

Guilherme Delgado – Il est clair que l’interdépendance va croître entre le Brésil, l’Amérique latine et l’ensemble du monde. Mais les changements actuels requièrent des scénarios qui soient facteurs de plus grande égalité, de plus grande liberté (non de plus de libéralisme) pour viser un développement intégral. Le Venezuela, la Bolivie, l’Équateur, le Nicaragua tâtonnent dans la recherche de modèles plus démocratiques, liés à un projet économico-social solidaire. Ils ont besoin de pouvoir compter sur un scénario international favorable, ouvert à des expériences alternatives.

Mon espoir est que ces expériences régionales révèlent de nouvelles possibilités pour l’économie du futur : une économie plus orientée vers les besoins élémentaires de la population, vers un usage plus équilibré des ressources de l’environnement et socialement plus juste par une meilleure répartition des immenses revenus de la terre. Je veux croire à cette option : elle se réalise peu à peu, à travers avancées et reculs. L’horizon est de 30 ans, car la crise du capitalisme n’est pas finie. Celle-ci verra plutôt une succession de crises financières de plus en plus fréquentes et profondes, comme ce fut le cas pendant les vingt dernières années. Les changements du système capitaliste ne concernent pas seulement la sphère économique. Le terme ‘capitaliste’ est polysémique. Il désigne aussi un système social, politique et culturel, un système de valeurs inscrit dans l’Adn du monde occidental. Et changer de système culturel ne se fera qu’à partir d’essais et d’expériences. Le XXe siècle nous a montré que le « socialisme réel » ne transformait pas la culture d’une société.

Aussi bien est-il malaisé de faire des prévisions. Car c’est bien un changement d’époque, de culture, de paradigme que nous vivons, en Amérique du Sud particulièrement. Après plusieurs étapes de civilisation matérielle, de progrès technique et scientifique, le capitalisme, toujours créatif, risque à présent de détruire les bases mêmes de sa survie, la planète elle-même.

Les expériences, au Brésil comme ailleurs, de vivre du ‘nouveau’, la culture de l’émancipation, de la liberté, de la différence, de l’écologie… sont des valeurs inconnues ou presque il y a trente ans. Elles sont entrées par la petite porte, mais elles sont de plus en plus partagées. Et cette perspective nouvelle a aussi des conséquences économiques.


1 / Dans les parties les plus profondes de la mer, on trouve une couche de sédiments au-dessus de la couche de sel, et une autre au-dessous. C’est le « pré-sal ». Il atteint 7 000 mètres de profondeur et plus. Certains groupes prospecteurs annoncent que le Brésil pourrait devenir d’ici à 5 ou 10 ans le 3e exportateur mondial.
2 / Selon les chiffres de la comptabilité nationale de 2006.
3 / Ouro Preto, petite ville coloniale – aujourd’hui site touristique –, fut pendant longtemps la capitale de l’État du Minas Gerais.



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