En 1835, Tocqueville proposait d’étudier à partir de l’exemple des États-Unis, « l’influence qu’exercent les idées et les sentiments démocratiques sur la société politique ». Aujourd’hui, peut-être, est-ce l’Amérique latine qui cherche – non sans mal, car elle est encore le champion mondial des inégalités – à inventer un nouveau modèle !  Après avoir été tentée d’installer celui-ci par la révolution ou par la force militaire, elle poursuit sa quête d’un politique plus satisfaisant, à travers une démocratie participative, plus sociale, respectueuse des cultures... Cette recherche se veut une tentative de réponse à la crise, que nous connaissons aussi, de la représentation et des médiations traditionnelles.

À l’aube du XXIe siècle, les peuples de l’Amérique du Sud ont élu en majorité des leaders populaires, sociaux-démocrates ou sociaux-libéraux. L’alternance politique a consolidé la démocratie. Les Forums sociaux mondiaux, régionaux ou thématiques ont ouvert de nouveaux espaces de participation. Le réveil des peuples indigènes, qui aboutit à l’élection du président Evo Morales, fut à cet égard emblématique.

Parallèlement, jamais l’intégration des pays de la région n’a autant avancé que ces dernières années, donnant naissance à la Communauté des États latino-américains et Caraïbes en février 2010. Celle-ci regroupe les 33 pays de la région, Cuba incluse, mais laisse en dehors les États-Unis, dont la domination est de plus en plus contestée.

La faiblesse des États et le trafic de la drogue sont, parmi bien d’autres, des obstacles à l’approfondissement de la démocratie. Mais celle-ci avance, malgré tout.


Article également accessible sur Cairn.info 

Fonctionnalit\E9 r\E9serv\E9e aux abonn\E9s