Nous sommes sortis d’une ère où dominait la figure de Prométhée : celle d’un rêve de puissance, où l’homme arrachait aux dieux le pouvoir, sur l’énergie, sur l’information…, pour un progrès indéfini. Ce mythe n’est plus guère porteur aujourd’hui d’un projet qui ait un sens pour la construction d’un vivre ensemble. Il est devenu une mécanique, qui tourne pour elle-même et qui du coup s’avère destructrice – pour le lien social, pour la planète, pour la vie économique elle-même.

Faut-il que nous devenions des Noé ? Confrontés à l’urgence de mettre en sûreté les paysages, les cultures, les fo"rmes de sociabilité, les villes… menacés ? Mais non pas comme un repli frileux, mais pour un nouveau projet. Car ce qu’il s’agit de sauvegarder, c’est finalement la dignité humaine, une dignité créatrice.

Cela ne se fera pas sans la prise de conscience des possibilités de construire un monde partagé, dans la durée et pas seulement dans un jeu de jouissance et de compétition. C’est un vrai travail à la fois personnel et collectif qui se présente. Un travail sur tous les lieux, du plus proche au plus large : celui d’un immeuble, d’un quartier, d’une entreprise, d’un État, d’une planète. Ce travail n’est pas celui d’un programme à appliquer, mais d’une découverte d’autres voies possibles. Il suppose la participation la plus ouverte, pour que les choix ne soient pas dictés par le simple jeu de la concurrence et de la performance.


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