Ce numéro spécial, qui reprend en grande partie les interventions de la dernière session du Ceras (février 2010), aurait pu s’intituler, comme celle-ci, « De la crise, sortir changés ». Mais autant l’on envisageait, en préparant cette session il y a plus d’un an, que la sortie de crise semblait proche, autant cette perspective s’est éloignée ! Le changement n’est plus une conséquence éventuelle de la crise, mais une condition nécessaire pour pouvoir en sortir. Et non seulement la crise n’est pas finie, mais le constat que fait Michel Griffon en introduction nous invite à mesurer l’ampleur des problèmes qui sont devant nous : nourrir les hommes, protéger la planète sans reporter la responsabilité sur les pays qui s’industrialisent aujourd’hui…

Choisir d’intituler ce numéro « De Prométhée à Noé », c’est renoncer au mythe de la toute-puissance, à cette idée selon laquelle la violence dominerait inéluctablement notre planète. Il ne s’agit pas pour autant de promouvoir un processus individualiste d’effort et de croissance dans lequel seuls les meilleurs s’en sortiront ! La sortie du déluge passe par une alliance universelle, et c’est l’humanité entière qui est appelée à se sauver.

Sur le chantier de cette arche, tous les outils sont bons, même si aucun ne suffit : un autre état d’esprit, des modes de vie plus sobres, des techniques nouvelles et des méthodes d’action délibérément solidaires et équitables. La responsabilité en appartient à chacun, surtout aux hommes de pouvoir économique et politique. Ces derniers ne possèdent pas la solution miracle, et la difficulté d’une gouvernance commune apparaît clairement en ces jours de préparation de réunion du G 20. Ce n’est pas une raison. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Bien des hommes se sont embarqués depuis un certain temps pour sortir de la crise, à chacun d’entre nous de les rejoindre.


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