Resumé Recouvrir l’intégralité du corps et du visage ! Le phénomène, encore marginal, inquiète. Il est aussi le signe d’une quête identitaire, en rupture avec le modèle parental. Des femmes se positionnent comme force interprétative de l’islam, entre repli et ouverture à la modernité.


Indépendamment d’un débat sur la place du religieux en politique et sur la laïcité, la question du port du voile intégral en France est source d’inquiétudes plus qu’elle n’énerve. Ces visages ainsi dérobés sont ressentis comme la disparition de l’identité féminine de ces jeunes femmes qu’un mari ou un père enfermeraient ainsi, leur interdisant en même temps toute liberté.

Certes, la plupart des théologiens musulmans s’accordent pour dire que les femmes ont le droit de ne pas se couvrir le visage. Serait-ce donc un choix pour certaines ? Et si, paradoxalement, le port du voile était l’expression, l’affirmation d’une volonté féministe ?

Pour tenter de mieux comprendre, Projet donne ici la parole à un chercheur, spécialiste du salafisme, un mouvement qui se situe dans une position purement religieuse, refusant de prendre en compte le politique et le culturel... Samir Amghar estime qu’une loi interdisant le port du voile intégral risquerait de pousser ces femmes vers des prédicateurs beaucoup plus dangereux. Bénédicte du Chaffaut, par ailleurs, élargit l’observation aux mouvements féministes nés – depuis un siècle pour certains – dans les pays musulmans : des mouvements laïcs mais aussi des mouvements islamistes. Une femme a osé prononcer le prêche du vendredi en 2005, à New York, s’attirant l’opprobre des responsables religieux comme les femmes qui, dans l’Église catholique, demandent l’accès à la prêtrise.

Ces deux contributions ne sont pas destinées à nous convaincre du bien fondé du port du voile intégral ! Elles donnent un éclairage pour saisir pourquoi et comment des femmes peuvent en revendiquer la légitimité.


Article également accessible sur Cairn.info 

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