Fin de l’année 2008, fin du temps de présidence française de l’Union européenne. C'est l’occasion de nous arrêter un peu sur l’état du politique en France. Nous venons de vivre un semestre au rythme de la crise financière et économique mondiale. Le Président de la République a su en faire usage par son volontarisme pour relancer le dialogue entre gouvernants européens.

Il lui faut maintenant prendre la mesure de la situation en France. Or le régime présidentiel ignore et le Premier ministre et l’Assemblée nationale. Résultat, cette dernière se cantonne souvent à un jeu de rôles, de « représentation »scénique; elle n'est plus le lieu d'un vrai débat entre représentants des citoyens. Les partis politiques en meurent, mais les Français ne s’en plaignent pas et attendent leur salut de l’Elysée. Entretenir cette passivité est grave.

Le débat, pourtant, n’a pas complètement disparu ! Sans parler de la contestation de la rue qui couve une fois encore à propos des réformes de l'éducation nationale (les ministres y sont attentifs comme le lait sur le feu), le débat s'est déplacé ces derniers mois au sein même de la majorité présidentielle. Sur la réforme de l’audiovisuel, sur la libéralisation du travail dominical, notamment, une partie des députés Ump a pris la place de l’opposition pour ferrailler contre les projets gouvernementaux. La gauche – parlementaire au moins – reste peu crédible tant que le Parti socialiste ne s’est pas remis du congrès de Reims et de ses querelles internes stériles.

C’est donc un de nos souhaits pour 2009 : que les partis politiques travaillent, que leurs élus soient porteurs de vraies propositions en matière législative, et qu’ils offrent aux jeunes une autre image de l’action politique, redonnant goût à l’engagement.

18 décembre 2008

Sa retenue de très haut fonctionnaire ne l'avait donné à connaître aux lecteurs de Projet que sous le nom de Jean Fély. Chroniqueur de la conjoncture économique, à partir de 1983, membre fidèle du comité d'orientation depuis 1988, Philippe Nasse était une grande figure de la revue. Il nous a quittés le 25 novembre. Sa sensibilité, son humour discret, et son jugement aiguisé – pas seulement en matière économique – nous manqueront beaucoup.


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