Dans les communes, l’osmose entre le monde du travail et la structuration de l’espace public n’est plus aussi simple. Comment tenir compte de nouvelles tensions, sans se contenter d’une « gestion sociale » de la population ?

Emblématique de bien d’autres banlieues, La Plaine-Saint-Denis est un territoire qui a d’abord été structuré par l’activité industrielle et par le rapport au travail. Elle est ainsi devenue un morceau de ville, vivier de militants ouvriers. La désindustrialisation rapide, puis les efforts de rénovation ont demandé aux élus communistes d’accomplir une véritable révolution culturelle pour éviter que la population ne soit complètement absente de la reconversion : le danger d’une mise à distance est réel.

Dans les quatre communes des Hauts de Garonne, dans une banlieue bordelaise elle aussi orpheline du monde industriel, la politique de la ville a été mise en œuvre pour lutter contre la stigmatisation sociale des quartiers précarisés. Mais la participation des habitants à une réflexion sur le nouvel espace public  à construire y est aussi difficile, voire problématique, même lorsque les équipes municipales s’appuient sur le réseau associatif.

A l’occasion des élections municipales, Projet s’est interrogé sur les nouvelles relations entre les mondes populaires – ancienne « classe ouvrière » et nouveaux habitants dont beaucoup sont issus de l’immigration – et des équipes municipales socialistes ou communistes dont le rôle est parfois remis en cause.

L’article sur La Plaine-Saint-Denis est aussi, pour Projet, comme un avant-propos d’un numéro hors-série (voir p. 94), fruit d’un an de travail collectif du Ceras avec plusieurs acteurs et institutions de ce territoire, et qui paraîtra début avril.


Article également accessible sur Cairn.info 

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