Les universités aussi veulent être plus compétitives ! Mais la vraie compétitivité suppose des choix assumés de domaines d’excellence : dans la pédagogie, dans des filières précises de recherche, etc.


L’université est une cause d’intérêt national. Réclamée par la Conférence des Présidents d’université dès mars 2001, proposée dans un projet de loi inabouti de Luc Ferry en 2003, une certaine autonomie a été donnée aux universités par le nouveau gouvernement en juillet dernier. Le nouveau ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche a surmonté les craintes de réactions syndicales et a invité par la loi le système universitaire à se prendre en mains. Les deux responsables que Projet a invités à discuter de cette autonomie s’accordent à reconnaître que la réforme peut marquer le début d’une nouvelle ère pour les universités si elles assument leurs choix.

Mais le travail reste à faire et les risques d’échec sont multiples. Pour Francine Demichel, c’est l’Etat – l’administration – qui est d’abord en cause, risquant encore d’étouffer l’autonomie par la bureaucratie. Mais les enseignants ont une lourde responsabilitité : combien savent à quel emploi ils forment leur étudiants ? Et pour François Peccoud qui a expérimenté une certaine autonomie à la tête de l’université technologique de Compiègne, les choix de formation, y compris grâce aux exigences pédagogiques, sont aussi importants que le pouvoir donné aux présidents en matière budgétaire et de recrutement. C’est la survie des universités françaises qui est en jeu dans la concurrence européenne.



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