Le développement durable, enjeu pour les entreprises, non seulement à cause de l’environnement, mais aussi pour l’avenir des salariés.

Le développement durable a beau être un mot valise, au contenu variable selon les interlocuteurs et mis à toutes les sauces, on sait bien que ce sera le maître mot des trente années à venir. Car il y a urgence. D’une part, la planète chauffe et l’environnement se dégrade, et les scénarios officiels produits par les grandes institutions internationales n’excluent plus la possibilité de catastrophes écologiques de grande ampleur. D’autre part, les inégalités sociales tendent à s’accentuer tant au niveau mondial qu’au sein de la plupart des pays riches. Ce qui incite les « damnés de la terre » à prendre tous les risques pour rejoindre ces pays où, pourtant, des millions d’enfants pauvres, dont le seul tort est d’être nés dans des familles à très faibles revenus, risquent fort de devenir des adultes pauvres, faute de formation, d’atouts culturels et d’aide de la collectivité. Le développement durable est donc un enjeu déterminant, sur le plan social aussi bien qu’environnemental. Il nous faut relever ce double défi sous peine de rendre la vie plus difficile pour beaucoup dans les décennies qui viennent. On sait bien que la solution ne proviendra pas seulement, et peut-être pas principalement, des Etats, mais aussi des entreprises. Parce que ces dernières, dans le monde d’aujourd’hui, sont devenues un acteur dominant : elles sont à l’origine de la richesse marchande, décident de sa répartition, déterminent le niveau et la nature de l’emploi, et fixent les conditions de travail. Et parce que les marchandises qu’elles vendent tout comme leur mode de production jouent un rôle déterminant dans l’évolution à venir de l’environnement, ne serait-ce qu’à travers la consommation d’énergie. Elles sont donc des acteurs stratégiques dans notre capacité collective à relever, ou non, le défi du développement durable. Mais ne rêvons pas : elles ne peuvent pas tout, et la perspective d’une entreprise citoyenne demeure largement un mythe.

Environnement : le rôle ambigu des entreprises

Autant le dire tout de suite : il ne semble pas que les entreprises joueront, dans les années à venir, un rôle de premier plan dans les grands enjeux environnementaux (la lutte contre le réchauffement climatique, la biodiversité, l’eau, la préservation des sols…). Non que les entreprises aient intérêt, pas plus que les gens, à scier la branche sur laquelle elles sont assises. Mais pour elles, comme pour les gens, changer de comportement est difficile, sinon impossible, lorsque les bénéfices en sont diffus alors qu’elles en supportent largement, voire entièrement, le coût. C’est le paradoxe de ce que les économistes appellent les « externalités » : si, pour cesser de polluer, j’y consacre des ressources, le coût est à ma charge alors que ce sont surtout les autres qui en profitent. Aller au travail en voiture contribue à accroître les émissions de gaz à effet de serre au détriment de la collectivité ; utiliser les transports en commun allonge le plus souvent les temps de transport à mon seul détriment…

Certes, il peut arriver que la lutte pour l’environnement se traduise par une réduction des coûts : ainsi, la plupart des grandes enseignes de distribution alimentaire bannissent désormais la distribution gratuite de sacs plastiques à leurs clients, parce que l’expérimentation effectuée par Leclerc durant plusieurs années avait montré que cela ne nuisait pas aux ventes tout en réduisant (faiblement) les coûts. Exemple plus récent : la Banque européenne d’investissement vient de lancer une gamme d’obligations (emprunts à taux fixe) « climatiquement responsables », dont le produit servira à financer des investissements réducteurs de consommation énergétique. Toutefois, même si les cas de ce genre tendent à se multiplier, la réduction des effets négatifs d’une activité économique sur l’environnement se traduit le plus souvent par un surcoût.

Pour qu’il vaille la peine d’assumer ce surcoût, il faut donc que les entreprises vertueuses parviennent à en tirer un argument commercial, ce comportement « citoyen », ou « responsable » servant alors à attirer de nouveaux clients, et le surcoût environnemental se muant en investissement commercial. Mais la tentation est forte de se parer de vertus imaginaires, et d’affirmer un comportement écologique qui n’est en réalité pas fondé. Ainsi, « Alliance pour la planète », qui regroupe les principales associations françaises luttant en faveur de l’environnement, vient de dénoncer la publicité de la firme Mitsubishi en faveur d’un de ses 4x4, « conçu et réalisé au pays des accords de Kyoto ». La voiture en question rejette 180 g de CO2 par km au lieu des 120 que les constructeurs se sont engagés à ne pas dépasser pour 2008-2009.

Il est possible que les choses changent, la préoccupation environnementale amenant un nombre croissant d’acheteurs à faire pression sur les producteurs, et la hausse des prix de l’énergie et des matières premières appelant des modifications substantielles dans les procédés de fabrication. Mais ce serait faire preuve d’un singulier optimisme que de croire que le mécanisme des prix et de la concurrence vont suffire à régler le problème [1], toujours pour la même raison : des coûts individualisés pour des bénéfices collectifs. Si les constructeurs automobiles cherchent à réduire les rejets de gaz à effet de serre – diminution des consommations, moteurs hybrides –, ils savent que les segments les plus rentables pour eux sont les voitures haut de gamme ou 4x4, toutes deux dotées de cylindrées importantes.

Il en est de même dans le transport aérien, aujourd’hui responsable de 2 % des émissions de gaz à effet de serre, mais qui pourrait voir sa part relative multipliée par trois d’ici 2050. Même si Airbus annonce vouloir réduire de moitié d’ici 2020 les émissions de carbone par avion, il est vraisemblable que « l’effet rebond » (on utilise davantage un produit dont le coût énergétique unitaire diminue) annulera, et au-delà, ce gains espéré. Les tour operators ne multiplient-ils pas les charters et les compagnies à bas coût le nombre de leurs clients ?

Reste que, dans la majorité des cas, l’importance des effets externes (collectifs) au regard des effets internes pousse à une intervention publique plutôt qu’aux seuls mécanismes de marché. L’exemple de « REACH » est exemplaire. Cette réglementation européenne sur les composants chimiques impose aux firmes productrices de rendre public le nom des substances qui entrent dans la composition de leurs produits et d’en faire une évaluation précise (sanitaire et environnementale). Il a fallu presque une décennie de guérilla entre la Commission européenne et les firmes concernées (souvent soutenues par l’Etat du pays dont elles sont originaires) pour faire avancer d’un grand pas la prise en compte environnementale. Ne nous leurrons pas : même si les entreprises seront plus souvent incitées à faire preuve d’un comportement responsable en raison autant de la sensibilisation des acheteurs que des coûts croissants de l’énergie, « l’arme atomique » de l’intervention publique demeurera le moyen principal pour passer aux actes d’une façon qui soit à la hauteur des enjeux, parce que, dans le marché tel qu’il fonctionne effectivement, l’intérêt collectif et l’intérêt individuel convergent rarement dans le domaine environnemental. La main visible de la collectivité paraît aujourd’hui mieux à même de relever les défis environnementaux que la main invisible du marché. Il n’en est pas de même dans le domaine social.

Social : le rôle croissant des entreprises

En trente ans, que de chemin parcouru ! L’entreprise était un lieu d’exploitation, la « boîte », voire « le bagne ». C’est devenu le lieu qui procure du travail et un emploi dans une société où la crainte du chômage l’emporte désormais sur toute autre. Le chef d’entreprise était le patron, celui qui impose des « cadences infernales » : on le représentait avec haut de forme, cigare et bedaine. Il est devenu l’employeur, celui qui embauche (et parfois licencie ou délocalise), ou l’entrepreneur, celui qui prend le risque de créer de la richesse. Le profit était censé être l’alpha et l’oméga de l’entreprise. C’est désormais « la création de richesses » qui est mise en avant, sans que l’on s’interroge trop, à vrai dire, sur qui sera finalement bénéficiaire de cette création, tant s’est imposée l’idée qu’une entreprise prospère bénéficie davantage à l’emploi qu’une entreprise qui peine à boucler ses comptes. Même si l’entreprise n’est pas le dernier salon où l’on cause que certains communicants nous présentent volontiers, même si elle demeure un lieu où les conflits sont nombreux et les inégalités vivaces – entre dirigeants et salariés « ordinaires », mais aussi entre ceux-ci et les travailleurs temporaires –, la mue des « chefs du personnel » des années 1970 en « responsables des ressources humaines » du XXIe siècle n’est pas un simple changement sémantique : les salariés sont devenus la richesse essentielle de l’entreprise, au même titre que son portefeuille de brevets, que son logo ou sa marque. Bref, nous sommes entrés dans l’ère de l’immatériel [2].

Nul doute que les années à venir accentueront cette évolution. Pour trois raisons. D’abord parce que, désormais, la population active en France va cesser de progresser : aujourd’hui de l’ordre de 28 millions de personnes (France métropolitaine seulement), elle devrait lentement progresser jusqu’à 28,5 millions en 2050. Rien à voir avec les fortes augmentations du passé : au cours des 35 dernières années, elle s’était gonflée de 5,5 millions de personnes, soit, en moyenne, environ 150 000 par an. En d’autres termes, à l’allure des années passées, il nous aurait fallu trois ans pour accroître la population active d’un nombre de personnes analogue à celui que, selon toute vraisemblance, nous allons ajouter en quarante ans au nombre existant. Quel rapport ? Tout simplement, les employeurs n’auront plus l’embarras du choix qu’ils avaient jusqu’ici pour recruter. Leur problème va être de plus en plus de retenir leurs salariés, et non pas de les faire partir.

Ensuite, notre système économique est en train de changer à toute allure. Au travail impersonnel symbolisé par la chaîne de montage succède peu à peu un travail personnalisé, où la relation du client, ou de l’usager, avec le salarié est déterminante. Car c’est le travail « de face à face » qui se développe, celui où les gains de productivité sont faibles ou nuls, tandis que la satisfaction du client/usager dépend de la capacité du travailleur à s’adapter aux besoins, aux problèmes ou aux désirs exprimés : formateurs, enseignants, personnels de santé, accompagnateurs en tout genre, soins à domicile, assistantes maternelles, vendeurs… C’est d’ailleurs ce changement majeur qui explique que notre société, malgré la pression concurrentielle venue des pays émergents et malgré les délocalisations à destination des pays à bas salaires, crée désormais chaque année nettement plus d’emplois qu’elle n’en détruit. Une évolution qui, tout pousse à le croire, devrait perdurer. Mais cela ne résoudra pas tous les problèmes : les emplois supprimés sont principalement des emplois manufacturiers de faible qualification, alors que les entreprises créent des emplois de service dans lesquels la présentation, le savoir-être ou la capacité à créer de la confiance ou de l’intérêt sont aussi importants, sinon davantage, que le savoir-faire [3]. Bref, les hommes et leur personnalité vont compter désormais de plus en plus. Quand un employeur tient un « bon élément », il a intérêt à ne plus le lâcher.

Enfin, les entreprises elles-mêmes, dans un univers mondialisé, vont devoir jouer de plus en plus la carte de la qualité et de l’innovation. Ce n’est évidemment pas totalement nouveau : même les plombiers ont dû, au cours des trois dernières décennies, passer du plomb au plastique, du matériel dur mais malléable au matériel flexible et adaptable. Mais, qu’il s’agisse du neuf, de la rénovation ou du recyclage, les grandes séries ne suffisent plus, et il faut s’adapter aux cas particuliers parce qu’ils deviennent la règle. Là encore, ce n’est plus seulement du matériel que l’on tire la performance, mais de la qualité humaine, c’est-à-dire de la capacité de chacun à utiliser les outils existants pour faire du « sur-mesure ».

Ces évolutions, décrites ici à gros traits, vont provoquer deux grands types de conséquences sur les relations sociales. Les premières relèvent de ce qu’on pourrait appeler, en référence à La guerre des étoiles, le côté clair de la force. Le « rapport de forces » entre salariés et employeurs (et, du même coup, entre travail et capital) va changer, et, sans doute, s’inverser. On l’a déjà dit : à une période où l’employeur avait l’embarras du choix, est en train de succéder une période où il va lui falloir sélectionner, certes, mais aussi conserver les travailleurs sur lesquels repose le succès ou la performance de l’entreprise. Extraordinairement retournement : alors que l’on ne cesse aujourd’hui d’exalter la flexibilité comme atout clé de la réussite économique, celle-ci risque de devenir l’ennemie. A la fin du XIXe siècle, il y avait eu les « sublimes », ces ouvriers de métier qui, fiers de leurs compétences irremplaçables et tenant la dragée haute au patronat, réclamaient haut et fort la liberté de changer d’employeur ou de lieu de travail au gré de leurs envies. Pour éviter le retour des sublimes, les employeurs de demain devront sans doute accepter de lâcher du lest, sous forme de salaires, d’avantages sociaux et de conditions de travail, pour retenir leurs salariés. Du moins ceux qui comptent pour l’efficacité, la réputation ou le dynamisme de l’entreprise. Certes, la montée en puissance de la finance – symbolisée par les fonds de pension ou raids boursiers – donne de plus en plus, aujourd’hui, priorité au rendement financier sur les conditions sociales. Mais, plus le capitalisme deviendra « cognitif », plus les firmes ont besoin de fixer leur main-d’œuvre, du moins celle sur laquelle reposent leurs performances.

Le « pape de l’analyse managériale », Peter Drucker, avait déjà anticipé cette évolution dans un livre de 1993 [4], dans lequel il notait que le facteur de production décisif n’était plus la terre (comme dans l’économie pré-capitaliste), le capital (comme dans le capitalisme des années 1850-1950) ou le travail (comme dans le capitalisme des Trente Glorieuses), mais le savoir. Son propos était sans doute trop large : ce n’est pas le savoir au sens intellectuel ou organisationnel qui devient déterminant, mais, plus étroitement, le savoir appliqué à la relation de travail, le savoir-être autant que la capacité d’analyse ou d’adaptation. C’est en cela que les entreprises de demain – c’est déjà le cas en partie, mais cela s’accentuera – vont devoir s’intéresser au social, négocier des conditions de travail et des horaires acceptables, sous peine de perdre leur richesse principale.

On voit donc la différence essentielle entre l’engagement environnemental des entreprises et leur engagement social. Dans ce dernier cas, l’intérêt des travailleurs – au moins du personnel permanent de l’entreprise – et celui des employeurs se rejoignent, si bien que l’entreprise, loin d’être le suppôt du capital et des fonds de pension, sera contrainte de traiter décemment ses salariés. Au contraire, dans le second, intérêt collectif et intérêt de l’entreprise sont assez largement disjoints, même si cette affirmation doit être nuancée dans quantité de cas particuliers, comme on l’a vu. Cette différence entraîne deux conséquences essentielles : la négociation sociale va désormais de plus en plus relever de l’entreprise elle-même, et de moins en moins de la branche ou, surtout, de l’intervention publique, parce que chaque entreprise, de ce point de vue, est un cas particulier. Ensuite, l’entreprise va devoir assumer une responsabilité sociale qui dépasse ses frontières, parce qu’il y va de son image, mais aussi de son efficacité : le distributeur va devoir attester que ses fournisseurs sont socialement corrects, le donneur d’ordre qu’à trop exiger de ses sous-traitants il ne les pousse pas à délocaliser. Dans l’économie de réseaux qui est en train d’émerger, le social fera partie de la donne sous peine de compromettre la réussite du réseau lui-même. On l’a vu avec Danone, pourtant à la pointe dans ce domaine : quand il lui a fallu faire face à la contestation des salariés des usines que le groupe avait décidé de fermer, les ventes ont diminué de deux ou trois pour cent.

Toutefois, gardons-nous de voir la mariée trop belle. Certes, la nouvelle donne, à la fois démographique, économique et entrepreneuriale va pousser à prendre en compte, davantage que ce n’est le cas actuellement, la « ressource humaine ». Mais, et c’est le « côté obscur de la force », tous ceux qui n’auront pas les dispositions ou la formation nécessaires pour s’intégrer à cette économie de l’immatériel risquent fort de se retrouver soit relégués au rang de « main-d’œuvre sans qualité », supportant flexibilité, précarité et conditions de travail dégradées, soit dans une situation d’exclusion du système économique lui-même, rejetés hors du système et relégués dans l’aide sociale. Cette dynamique régressive est déjà à l’œuvre depuis longtemps, mais elle relevait d’un marché du travail marqué par un excès relatif de travailleurs au regard des postes existants. Si bien que le marché triait en fonction de l’âge, de la formation, du sexe, de l’origine ethnique ou sociale, de l’expérience professionnelle… Se retrouvaient alors sur la touche, marginalisés et parfois exclus, les plus vulnérables, les moins bien formés, les plus âgés, etc.

Demain, la situation sera bien différente : ce ne sera plus l’emploi qui fera défaut, mais l’employabilité, c’est-à-dire le jugement porté par un employeur sur la capacité d’un candidat à occuper le poste à pourvoir. Si ce jugement est négatif – et chacun comprend que l’on peut se tromper dans son jugement –, le candidat sera renvoyé, même si personne d’autre ne se présente : dans l’économie de l’immatériel, qui est aussi l’économie de la qualité et de la relation de face à face, les employeurs ne prennent pas de risque, et préfèrent brider leurs recrutements que d’employer quelqu’un qui leur paraît ne pas convenir, car il y va de la réputation de l’entreprise. Voilà pourquoi, demain plus encore qu’aujourd’hui, la formation, mais aussi l’accompagnement, les transitions, l’apprentissage dans des structures de sas, etc., seront les réponses nécessaires pour éviter ce dualisme social, entre in et out, entre inclus et exclus, entre performants et vulnérables. Les fractures sociales seront différentes de celles qui, hier, parcouraient notre société. Mais elles ne seront pas moins vives, touchant non plus le salariat dans son ensemble, mais ses fractions les plus fragiles.

Dans une économie où le marché et la concurrence jouent un rôle croissant, les entreprises deviendront, davantage encore qu’aujourd’hui, des acteurs majeurs en matière de développement durable. Toutefois, cela ne réduira pas le rôle de l’Etat. Dans le domaine environnemental, parce que le mécanisme des prix tout comme les incitations adressées aux entreprises risquent fort d’être insuffisamment efficaces au regard des enjeux à relever. Dans le domaine social, parce que l’employabilité des plus faibles autant que la capacité d’innovation des mieux lotis requièrent des investissements importants en matière de formation, que seule la collectivité est en mesure de fournir.


1 / . Le « rapport de Boissieu » du Conseil d’analyse économique estime que, d’ici 2050, il faudrait que les rejets de gaz à effet de serre soient réduits des trois quarts dans les pays développés, et notamment en France, pour stabiliser la situation. Ce qui, dans le transport, implique une sensible réduction de la mobilité automobile et du transport routier de marchandises, la réduction des consommations unitaires n’étant qu’un élément second.
2 / . C’est André Gorz qui, l’un des premiers, a souligné cette mutation de notre système économique et montré son importance : L’immatériel, éd. Galilée, 2003, tout comme, au début des années 1980, il avait vu, l’un des premiers, la fin du prolétariat comme classe révolutionnaire et du marxisme comme idéologie du changement social ( Adieux au prolétariat, éd. Galilée, 1980).
3 / . Bernard Perret et Guy Roustang ont fort bien su déceler cette mutation dans L’économie contre la société (Seuil, 1993), mais ils s’en servaient davantage pour critiquer l’économisme dominant que pour analyser les conséquences sur les relations sociales.
4 / . Au-delà du capitalisme, éd. Dunod.



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