Les Hlm peuvent aussi soutenir la vie associative et la tranquillité dans les quartiers.

Faciliter la coopération entre les différents acteurs présents sur un même territoire ; impulser, animer et mettre en œuvre des projets en rapport avec les enjeux du renouvellement urbain, puis les évaluer ; assister et conseiller les bailleurs dans leurs relations avec tous les intervenants dans les opérations d’aménagement et de gestion urbaine de proximité : telles sont les missions principales des agents chargés de développement de l’Association pour les équipements sociaux (Apes). Cet organisme de conseil et d’expertise en développement social intervient auprès de sociétés patrimoniales Hlm [1]. Son rôle est de contribuer à requalifier les territoires en améliorant le cadre de vie des locataires, et donc pour les bailleurs à rendre attractif leur patrimoine et à pérenniser leurs investissements.

Développer la vie associative et les services

La vie d’un territoire se reflète dans la dynamique d’une présence associative comme dans celle d’une offre de services et d’activités. L’Apes peut la soutenir en facilitant leur installation sur les sites où les sociétés possèdent des logements. Cela passe par la mise à disposition de « locaux collectifs résidentiels » pour une meilleure offre de divers services socioculturels aux habitants. Ce peut être pour assurer un soutien scolaire et une aide aux devoirs pour les enfants, ou alphabétiser des adultes d’origine étrangère. Mais aussi pour accueillir des services publics de proximité, pour créer des Centres socioculturels qui sont des partenaires privilégiés, ou encore des jardins éducatifs, voire pour aider à l’appropriation de jardins privatifs.

Des locaux sont ainsi mis à la disposition de Centres sociaux, de Missions locales, de permanences à la Caisse d’allocations familiales. Des associations, porteuses de projets ou d’initiatives, sont soutenues de diverses manières : conventions de mise à disposition, aide à la communication pour leurs actions, apport méthodologique, contacts facilités grâce au réseau du chargé du développement…

Les Fêtes de quartier et de Noël, la participation à Immeubles en fêtes, des repas de quartier, des actions de sensibilisation à la propreté et au tri sélectif, au respect du cadre de vie, des projets « Mémoires & récits de vie » lors d’une rénovation urbaine, etc., sont autant d’occasions d’expression des habitants.

L’insertion par l’économie

Les partenariats, sur ce terrain important, prennent là encore des formes variées : avec des associations intermédiaires, des entreprises d’insertion comme Esprit Passage à Villiers-le-Bel, une régie de quartier, un club de prévention, une Mission locale, et bien sûr les Centres sociaux. De même avec les Maisons de l’emploi et les Plie [2] qui, lorsqu’ils existent sur les territoires, pilotent le volet « insertion par l’économie » des projets de rénovation urbaine.

Parmi les multiples exemples de partenariat, je citerai : des chantiers d’insertion à Cergy – avec l’association Agoie, pour aménager des jardins privatifs au pied des immeubles : un groupe de six à sept jeunes suivis par l’association (formation, logement, santé, etc.) peut, grâce à l’encadrement d’Agoie et à l’activité fournie par France Habitation, travailler la maçonnerie, la plantation, le terrassement. En parallèle de ce chantier, l’Apes et l’amicale de locataires de la résidence travaillent sur le respect de ces jardins via la création d’une outilthèque (outils de jardinage gérés par l’amicale de locataires) et d’une charte d’entretien des jardins ; des chantiers jeunes montés avec des centres sociaux ou des clubs de prévention et des associations intermédiaires – Tilt Services à Cergy et à Fosses, Terre Plein à Goussainville, pour faire des plantations ou remettre en peinture des cages d’escalier, etc. Le dernier chantier en date, à Fosses, a permis de faire travailler une équipe de trois jeunes de 18 à 20 ans. Ces jeunes ont été recrutés car, d’une part, ils portent un intérêt aux métiers du bâtiment, et, d’autre part, parce qu’ils étaient en recherche d’emploi ou de formation. Réaliser un chantier de remise en peinture de très bonne qualité sur une cage d’escalier de six étages, avec l’aide d’un encadrant technique salarié de Tilt Services, s’est révélé formateur. Le travail des partenaires au chantier se poursuit pour permettre à ces jeunes de déboucher vers un emploi ou une formation (Afpa ou autre). Parfois, le chargé de développement social urbain (Cdsu) peut aussi mettre en relation directe l’entreprise d’insertion ou l’association intermédiaire avec les sociétés Hlm pour des marchés comme la construction de locaux poubelles, le nettoyage, l’entretien d’espaces verts…

Dans les dossiers de renouvellement urbain, la place de l’insertion par l’économie mobilise aujourd’hui de nombreux partenaires. La loi, en effet, impose aux maîtres d’ouvrage d’embaucher un certain nombre d’habitants des Zones urbaines sensibles. Le Cdsu travaille donc en collaboration avec les maîtrises d’ouvrage et les entreprises d’insertion de son réseau pour que les appels d’offres comportent des clauses d’insertion efficaces et suivies en repérant les lots de travaux où le potentiel est le plus intéressant (maçonnerie, espaces verts, etc.).

La rénovation urbaine

Dans le cadre des programmes de rénovation, les chargés de développement peuvent favoriser une meilleure coordination entre les actions sur le bâti – réhabilitation, démolition, reconstruction, résidentialisation – et les démarches de développement social : relogement, suivi des parcours résidentiels… L’objectif demeure de requalifier les territoires de vie.

Ce travail s’appuie sur les dispositifs de la Politique de la ville (Contrat urbain de cohésion sociale, Agence nationale du renouvellement urbain, Agence de la cohésion sociale,…). L’Apes contribue ainsi à réaliser des diagnostics sociaux, à préparer des conventions de gestion urbaine de proximité, et apporte son soutien au bailleur afin de déterminer le devenir de certains équipements sociaux.

La tranquillité, la sécurité

En ce domaine, l’Apes n’est pas un acteur direct mais elle apporte une vision transversale. Sa connaissance des quartiers lui permet de proposer des actions de prévention en partenariat avec la police (nationale et municipale), avec la gendarmerie, les clubs de prévention, les animateurs de quartier, les médiateurs, mais aussi les amicales de locataires ou d’autres encore.

La réponse au besoin d’une plus grande tranquillité se décline en deux temps. D’abord, il s’agit de consolider un réseau capable de résoudre les problèmes quotidiens : troubles de voisinage, squats des halls d’immeuble, dégradations… Mais cela veut dire aussi, à moyen et long terme, créer des outils, pour un plan d’actions dans la durée. Ces outils prendront des figures multiples selon les spécificités locales, le contexte, les partenaires mobilisables, la volonté politique de la municipalité. Ce peut être la mise en place de « fiches incidents » permettant de signaler chaque fait, la réalisation d’un véritable diagnostic tranquillité-sécurité, ou la mise en œuvre de projets de prévention. En ce domaine, naturellement, le partenariat est indispensable avec les techniciens ou les gardiens présents sur le site.

Yann de Saqui Sannes


1 / . France Habitation et l’Ogif (du groupe Astria)
2 / Plan local pour l’insertion par l’économique (voir Projet n° 296 p. 65-67, dans un dossier sur les jeunes et l’emploi).


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