Un an après l’arrivée du Ceras à Saint-Denis, quartier de la Montjoie, le lancement du séminaire « La Plaine Saint-Denis, un territoire à habiter » offre à notre équipe l’occasion de plonger dans un espace urbain appelé à devenir peu à peu un terrain privilégié d’observations, de rencontres et d’analyses. Un espace, soulignait le géographe Hervé Veillard-Baron (Paris VIII) dans son intervention introductive, le 25 octobre dernier, qui renvoie « au cœur de toutes les complexités urbaines de la région parisienne » : les problématiques politiques et sociales soulevées par le triple mouvement de « désindustrialisation, tertiarisation et gentrification » convergent dans ce paradoxe central d’une Plaine active (plus de 2000 entreprises) mais socialement sinistrée (entre 20 et 30% de chômage estimé parmi les habitants). L’importation d’un modèle où prévalent qualification et flexibilité, analyse à son tour Marcel Rousset-Deschamps (Paris XII) en présentant les nouvelles grappes d’activités du système productif de la Plaine Saint-Denis, est venue percuter un territoire historiquement fordiste. Il ne l’est plus, mais demeure terre d’immigration : des familles venues d’Europe de l’Est ou d’Afrique ont pris le relais de celles de « la petite Espagne » de la Plaine, noyau de l’implantation espagnole en région parisienne dans l’entre-deux-guerres, que nous a racontée Natacha Lillo, historienne (Paris VII). Notre plongée se poursuivra avec un exposé mensuel public rue de la Croix Faron (programme dans le bloc notes, p. 93), mais avec aussi le lancement en 2007 d’une série d’enquêtes thématiques et la préparation d’un numéro hors-série. Rendez-vous à La Plaine : les lecteurs de Projet y sont bienvenus !

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